Plan d’actions en faveur du Vautour percnoptère en Rhône-Alpes - Bilan 2014

Publié le mardi 16 juin 2015 -->


Contexte et objectifs

Le vautour percnoptère est représenté en France par 2 noyaux de population. Un dans les Pyrénées (70 couples) et un dans le sud-est (environ 20 couples) en nette régression depuis plusieurs décennies (plus de 50% de baisse en 50 ans). Ce dernier ne comptait que 12 couples au début des années 2000 et risquait de disparaître. En Rhône-Alpes, 2 couples étaient présents en Ardèche et 2 dans la Drôme en 2014.

Malgré l’absence de Plan national d’actions validé, en 2014, les actions jugées prioritaires validées par le COPIL ont été menées. L’objectif principal est la constitution d’un réseau de placettes d’équarrissage favorisant la productivité des couples et incitant l’installation de nouveaux. Le suivi des sites et des oiseaux reste un axe primordial.

La LPO RA est coordinatrice du plan en Rhône-Alpes. Les partenaires techniques sont pour l’Ardèche la LPO 07, le Syndicat de Gestion des Gorges de l’Ardèche et l’Office national des forêtset pour la Drôme la LPO 26, Vautours en Baronnies et le Parc naturel régional du Vercors. Les actions sont réalisées grâce au soutien financier du Conseil Régional Rhône-Alpes, de la DREAL RA, des fonds Natura 2000 (via le SGGA) et du Conseil Général 07 (site vacant classé en Espace Naturel Sensible). La LPO RA participe également au niveau national à des actions transversales (baguage des jeunes...).

Moyens et résultats

Le réseau de placettes d’équarrissage compte 21 placettes (20 en fonctionnement) en Rhône-Alpes (11 en Ardèche et 10 dans la Drôme).

Dans la Drôme le suivi des oiseaux et la gestion des placettes dédiées aux 4 espèces de vautours incombent à la LPO Drôme, au PNR Vercors et à Vautours en Baronnies. L’approvisionnement des placettes représente environ 170 tonnes de carcasses et 100 kg de déchets de boucherie. En 2014, un seul jeune s’est envolé dans la Drôme (Baronnies).

En Ardèche, la LPO gère 1 placette structure et 7 placettes éleveur (6 en fonction). Le SGGA a en charge 3 placettes structure (RNN Gorges de l’Ardèche). Depuis 2012, l’approvisionnement représente plus de 10 tonnes de nourriture sur les placettes structures. Les apports réalisés sur les placettes éleveur de l’Ardèche ont atteint 5,7 tonnes (6,9 en 2013). Le suivi des oiseaux (SGGA et LPO) a permis la détection de 2 couples : 1 dans la Réserve Naturelle Nationale des gorges de l’Ardèche et un dans la Vallée de l’Ibie. Les 2 couples ont pondu mais dans les 2 cas la couvaison s’est interrompue sans que l’on puisse l’expliquer. Le site "1 Gorges de l’Ardèche" abandonné en 2013 n’a pas été réoccupé en 2014. Au moins 9 oiseaux surnuméraires ont été observés en Ardèche dont le couple du Nord Gard. Dans la Drôme, 12 oiseaux surnuméraires ont été notés, tous dans les Baronnies (9 immatures/subadultes et 3 adultes).

La LPO assure une veille en étant partenaire dans les Docob des sites Natura 2000 des Gorges de l’Ardèche, de Gorges du Chassezac et de la Moyenne Vallée de l’Ardèche. Ces sites sont intégrés dans la Zone de Sensibilité Majeur (ZSM) du sud Ardèche.

Perspectives

En cohérence avec les objectifs du PNA et au regard des potentialités disponibles en Ardèche et dans la Drôme, le développement du réseau de placettes reste une priorité pour la LPO et ses partenaires. Ces aménagements sont de véritables outils de facilitation dans les exploitations d’élevage et contribuent à limiter leur impact environnemental (bilan carbone par réduction de l’équarrissage industriel). Tout doit être mis en œuvre pour faciliter les démarches administratives et des mesures incitatives doivent être développées. La mise en place de la minoration de cotisation sur la taxe d’équarrissage (Cotisation Volontaire Obligatoire) pour les éleveurs participant à l’équarrissage naturel en est un exemple. Dans les Baronnies et en Ardèche le réseau de placettes éleveurs devrait s’étendre au fur et à mesure que des éleveurs volontaires se manifestent.