Tadorne de Belon

Publié le jeudi 28 février 2008


Tadorne de Belon Tadorna tadorna

Angl. : Common Shelduck
All. : Brandgans
It. : Volpoca

Espèce sarmatique, le Tadorne de Belon occupe une aire de répartition essentiellement paléarctique. Cet Anatidé ne se reproduit loin à l’intérieur des terres que dans ses quartiers orientaux, de la Mer Noire à la Chine. En Europe occidentale, il semble confiné aux rivages maritimes, tout particulièrement à ceux de l’Atlantique, de la Manche ou de la Mer du Nord, plus marginalement à ceux de la Méditerranée. Dans la région Rhône-Alpes, un seul cas certain de reproduction est connu : un couple ayant produit six jeunes à l’envol à Marlieux (Dombes - 01) en 1996 (Bernard et Crouzier 1998). Le site de reproduction était un étang de taille moyenne, peu rempli, très ouvert, aux berges en pente douce, bordé de prairies. L’endroit exact de la nidification n’a pas été découvert. Cette reproduction à plus de 300 km du littoral le plus proche (Méditerranée) s’inscrit dans un mouvement de colonisation des terres, récemment constaté en France (Walmsley in [N]) et en Belgique ( Maes et Voet in Devillers et al. 1988) mais qui n’avait jusqu’alors jamais amené l’espèce à nicher en Europe occidentale à plus de 100 km des rivages maritimes. Elle demeure donc exceptionnelle et tout à fait marginale au regard des quelques milliers de couples nicheurs français, mais elle peut être rapprochée de la découverte, en juin 1998, du premier cas de reproduction en Suisse (Anonyme 1998).

Au printemps, des mouvements se produisent dès le mois de février et culminent de mars à la mi-mai ; ils concernent le plus souvent des oiseaux isolés ou de petits groupes dont l’effectif dépasse rarement la quinzaine d’individus. Le passage postnuptial commence avec la fin de la saison de reproduction des oiseaux méditerranéens, parfois dès les derniers jours de juillet (date précoce : 6 oiseaux au bassin du Grand Large - 69 - le 17 juillet 1989) mais le plus souvent en août-septembre. Cette migration semble essentiellement concerner des adultes qui se rendent probablement sur les sites de mue de la mer de Wadden (Allemagne) que semble rallier l’ensemble des tadornes d’Europe occidentale. Des groupes importants peuvent être observés à cette occasion ou lors du retour automnal : 26 à Bourg en Bresse le 29 novembre 1985 et le 9 août 1995 à Versailleux (01). L’hivernage est irrégulier dans les régions d’étangs (maximum de 33 individus en Plaine du Forez durant l’hiver 1978/79), probablement en raison du gel fréquent des nappes d’eau ; il est plus souvent observé sur le Haut-Rhône et les plans d’eau connexes. Depuis peu, le site le plus régulièrement occupé est celui de Seyssel - Motz (01 et 73). La plus grande troupe observée à cette saison comprenait 35 oiseaux au bassin du Grand-Large (69) le 25 décembre 1996 (CORA Rhône 1997).
La seule preuve formelle de reproduction rhônalpine concerne donc un couple accompagné de 7 poussins non volants le 25 mai 1996. Six d’entre eux se sont envolés le 13 juillet, d’où un dépôt de ponte vraisemblable à la mi-avril pour une éclosion survenue aux environs du 20 mai. Auparavant, quelques observations avaient déjà laissé soupçonner une nidification dombiste. Ainsi, en 1990, déjà à Marlieux, le propriétaire d’un étang signalait-il la présence d’un canard semblant fréquenter un terrier peu avant la capture, le 6 juillet, à quelques kilomètres de là , sur le Parc ornithologique de Villars, d’une famille de 9 jeunes tadornes tout justes aptes à voler (Fournier comm. pers.). Puis, en 1995, plusieurs oiseaux (jusqu’à 12, dont 5 couples, le 5 mai) se cantonnaient et paradaient au Plantay entre le 19 mars et le 17 juin.

Alain Bernard
Pierre Crouzier