Mouette pygmée

Publié le jeudi 28 février 2008


Mouette pygmée Larus minutus

Angl. : Little Gull
All. : Zwergmöwe
It. : Gabbianello

En Europe, la Mouette pygmée niche du nord-ouest de la Russie aux pays baltes et à la Finlande ; elle se reproduit sporadiquement aux Pays-Bas et des tentatives ou des nidifications ont eu lieu au Royaume-Uni et en Allemagne (Cramp et Simmons 1983). En France, la première reproduction observée a eu lieu en 1994 au lac de Grand-Lieu (44) : en mai, deux adultes ont paradé dans une colonie de mouettes rieuses, se sont accouplés, ont alarmé et construit un nid. Le 20 juillet, les deux adultes accompagnaient deux jeunes au vol mal assuré. En 1995, malgré des indices plus nombreux, l’espèce ne s’est probablement pas reproduite sur ce site (Reeber et al. 1996). Coïncidence frappante pour une espèce connue pour ses fluctuations, c’est aussi en 1994 que la Mouette pygmée a donné lieu à une intéressante série d’observations en Dombes. Du 8 au 22 mai 1994, en effet, un individu adulte au plumage nuptial a assidûment fréquenté une colonie mixte de mouettes rieuses et de guifettes moustacs à Bouligneux (01) (ces deux espèces sont connues pour être attractives pour la Mouette pygmée) . Cet oiseau paradait en tournant à grande hauteur, puis plongeait en “ feuille morte ”, tout en accompagnant ces manifestations d’incessants “ wouikou wouikou ” évoquant la Barge à queue noire. Il se posait au sein de la colonie de mouettes rieuses et, par moments, effectuait aussi un vol ralenti avec la tête projetée en avant. Ce comportement de parade nuptiale ne constitue assurément pas une preuve de nidification, car l’oiseau a toujours été vu seul. De plus, aucun jeune n’a été observé. Il méritait cependant d’être rapporté dans un atlas des oiseaux nicheurs rhônalpins et pourra éventuellement éveiller l’attention des ornithologues sur le terrain.

Il convient d’inscrire ces données exceptionnelles dans le cadre plus régulier des apparitions de la Mouette pygmée en Rhône-Alpes. Dans la région, l’espèce est avant tout observée au passage de printemps qui débute à la fin de mars et culmine dans la dernière décade d’avril (Bernard 1986b). Ce pic coïncide avec celui de la Guifette noire au comportement alimentaire proche. L’effectif habituel se situe entre 1 et 30 individus. Des troupes plus importantes sont parfois observées : le record régional s’élève à 310 oiseaux (dont 20 % d’immatures) à Birieux le 26 avril 1998, avec au moins 362 oiseaux présents en Dombes ce jour-là. Quelques oiseaux en plumage de premier été ferment classiquement la marche et fournissent des observations en juin (par exemple 2 le 11 juin et 1 le 17 juin 1995 au Plantay - 01). A l’automne, le passage est beaucoup plus réduit et diffus, de la fin août au mois de novembre. Quelques oiseaux, généralement isolés, sont parfois observés en hiver ; l’hivernage a été constaté sur le Grand-Large (69) (1-2 individus depuis l’hiver 1995-1996).

Jean-Baptiste Crouzier