Marouette poussin

Publié le mercredi 27 février 2008


Marouette poussin Porzana parva

Angl. : Little Crake
All. : Kleines Sumpfhuhn
It. : Schiribilla

Espèce totalement protégée en France, elle figure en outre aux annexes II des Conventions de Berne et de Bonn. Elle est considérée comme "espèce en danger" dans la liste rouge de la faune menacée de France (Maurin et Keith 1994). La Marouette poussin niche de l’Europe centrale à la Chine. En Europe de l’Ouest, sa répartition est extrêmement morcelée et nombre de localités ne sont occupées qu’irrégulièrement ; c’est le cas en France, où l’espèce niche en très faible effectif, dans la vallée du Rhin, en Lorraine, dans la Woewre et en Franche-Comté essentiellement (Chappuis in [N]).

En région Rhône-Alpes, aucune preuve de reproduction n’a été obtenue au XXième siècle. Postérieures à la période de prospection de cet atlas, les mentions d’un mâle chanteur à Birieux (01) du 27 mai au 1er juin 2000 puis d’une femelle adulte présente sur le même site en juillet et d’une (autre ?) à Villars les Dombes (01) le 13 août 2000 méritent toutefois d’être rapportées ici. Les indices signalés en Ardèche au cours de l’enquête n’ont pas été soumis à homologation et les dates d’observation font plutôt penser à des migrateurs. Ce Rallidé niche dans les étangs et sur les cours d’eau lents, dans une végétation haute et dense : il recherche les secteurs de phragmitaies et typhaies, où l’eau est profonde et la végétation groupée en touffes, avec des couloirs et des espaces dégagés mais envahis de vase et de plantes mortes flottantes.

C’est en Rhône-Alpes un migrateur très rare, identifié de façon certaine à huit reprises : six mentions printanières se répartissent du 16 mars (1997) à La Buisse (38) au 22/25 mai (1 mâle chanteur en 1986) à Bas en Chablais (74). En automne, 2 oiseaux ont été observés le 16 août 1990 à Birieux (01) et 1 juvénile le 18 août 1996 à Saint-Didier d’Aussiat (01) (J-Y. Frémont / archives CHN, comm. pers.).

La prospection de la Poussin est particulièrement difficile en raison de ses moeurs discrètes et de ses habitats souvent inaccessibles. Cette espèce méconnue des observateurs mérite pourtant des efforts de recherche dans notre région. La méthode la plus efficace est l’écoute (généralement la nuit). L’usage de la repasse pour stimuler d’éventuels chanteurs peut augmenter significativement les chances de l’entendre, mais devra être immédiatement interrompu en cas de contact avec celle-ci, dans le but évident d’éviter tout dérangement.

Alexandre Renaudier