Marouette de Baillon

Publié le mercredi 27 février 2008


Marouette de Baillon Porzana pusilla

Angl. : Baillon’s Crake
All. : Zwergsumpfhuhn
It. : Schiribilla grigiata

Totalement protégée en France, elle figure en outre aux annexes II des Conventions de Berne et de Bonn. Elle est considérée comme "espèce en danger" dans la liste rouge de la faune menacée de France (Maurin et Keith 1994). Espèce paléarctique, la Marouette de Baillon se rencontre de l’Espagne à la Chine et à travers une partie de la Sibérie. En Europe, sa distribution est très morcelée ; l’essentiel des effectifs se trouve en Espagne (3 000 à 5 000 couples), en Roumanie et en Russie (Tucker, Heath et al. 1994 ; Gijlma in [E]). En France, cette Marouette est devenue extrêmement rare et il ne reste que des populations reliques ; quelques chanteurs sont entendus de façon irrégulière en Lorraine, dans la vallée du Rhin, dans le Doubs et en Loire Atlantique. Dans la région Rhône-Alpes, il faut considérer les données anciennes avec précaution, au vu des difficultés d’identification de cette espèce.

Un nid fut découvert au marais des Echets (01) en juin 1937 et l’espèce y fut observée en juin 1953. Toujours en Dombes, d’après Géroudet (1978), un nid contenant 6 oeufs - de teinte générale rappelant celle de la Pie bavarde, mais en délavé avec un oeuf non incubé dont les dimensions 27,6 x 21,4 mm ne pouvait, selon l’auteur, permettre d’attribuer la ponte qu’à la Marouette de Baillon - fut découvert le 7 juin 1959 au Grand Bataillard sous un nid de Héron pourpré. A Birieux, un oiseau fut observé par Paul Géroudet en juin 1961 et, plus récemment, un mâle chanteur fut noté du 2 au 10 juillet 1994 à Joyeux (01). Cette dernière observation est la seule homologuée dans notre région (Dubois et CHN 1995).

Cette espèce ne niche plus en région Rhône-Alpes. En France, l’espèce est observée occasionnellement en migration de la mi-mars à la fin de mai et de la mi-août au début d’octobre. Des prospections ciblées dans des milieux a priori favorables pourraient cependant réserver des surprises. Il faut rechercher les nicheurs potentiels de la fin de mai à la fin de juillet dans les milieux humides : jonchaies, scirpaies et surtout cariçaies peu denses et inondées. Rappelons que les observations de cette espèce doivent faire l’objet d’une homologation nationale.

Alexandre Renaudier