Comptages, suivis et prospections sont organisés tout au long de l’année aux cinq circonscriptions du vaste département de l’Ain ! Le Haut-Bugey, le Bas-Bugey, la Bresse, les Dombes ou encore le pays de Gex, sont autant de paysages emblématiques et avec une diversité riche. Les intentions ici sont principalement de participer activement à la connaissance de la faune sauvage et de la flore du département mais aussi de protéger ces espèces.

Les monts Jura dans leur ensemble cumulent les espèces mythiques et mystiques : Lynx d’Europe, Loup gris désormais, Chamois, Aigle royal. Le Grand Coq de Bruyère, devenu rare, y trouve encore sa place sur les plus reculés de nos massifs forestiers. Le Pic tridactyle, très localisé, la minuscule Chevêchette et la Chouette de Tengmalm sont également des perles de notre patrimoine montagnard. « L’oiseau papillon » le Tichodrome échelette est observé chaque année. Sur les milieux ouverts, on peut observer le vol gracieux de l’Apollon et rencontrer le discret Lézard vivipare.
Les combes et falaises du Bugey accueillent Faucon pèlerin et Grand-Duc d’Europe, ainsi que de conséquentes populations d’autres oiseaux rupestres tel que le Martinet à ventre blanc et l’Hirondelle de rochers. Ses maquis et pentes buissonnantes sont l’habitat du Pouillot de Bonelli et, plus localement de notre seule « Fauvette méditerranéenne » : la Fauvette passerinette. Ses nombreux lacs et marais sont ceux de la Rousserolle verderolle absente de nos zones humides de plaine. Le Cincle plongeur accompagne le cours des rivières qui s’arrachent tumultueusement des plateaux. Au pied du Colombier subsistent quelques couples de Gorgebleue à miroir. Milan royal et Circaète Jean-le Blanc ajoutent à la diversité des grands rapaces diurnes du Bugey et du Revermont. Mares forestières et ornières sont le fief du discret Sonneur à ventre jaune. Au cœur de la forêt, la nuit s’active la Salamandre tachetée. La Couleuvre d’Esculape et la Vipère aspic s’exposent sur les flancs occidentaux et méridionaux du Bas-Bugey, du Revermont.
Les prairies du Val de Saône, un des plus beaux ensembles de prairies inondables de notre pays, accueille aussi la plus importante population française de Courlis cendré, nos tout derniers couples de Barge à queue noire et surtout de Râle des genêts. Elles sont également le réservoir régional de nombreuses espèces de passereaux prairiaux : Tarier des prés, Bergeronnette printanière, Bruant proyer, Alouette des champs, Moineau friquet…
La Dombes, ce sont avant tout les nombreuses espèces d’oiseaux palustres qui s’y reproduisent. La roselière est le fief du Blongios nain, du Héron pourpré, du Busard des roseaux, et depuis quelques années, réchauffement global oblige, de la Talève sultane. Parmi tous les canards nicheurs, le Fuligule nyroca est des plus emblématiques, un des plus rares canards nicheurs de notre pays. Il y hiverne tout aussi bien. La Guifette moustac, qui niche sur des herbiers flottants, est de nos enjeux de conservation les plus immédiats, alors que l’Echasse blanche est une espèce nicheuse plus opportuniste typique des vasières. La région, au carrefour d‘influences climatiques continentales et méridionales n’est pas à un particularisme prêt : le Cygne chanteur est une des rares espèces boréales, qui dans le contexte de réchauffement global, a commencé son expansion dans notre pays par la Dombes. Les représentants des espèces méridionales sont de plus en plus nombreux : le Crabier chevelu, l’Ibis falcinelle et depuis peu le Cormoran pygmée, également une première nationale pour notre département. La population de Cigogne blanche y est une des plus denses et des plus belles de France. La Dombes concentre une bonne partie des passereaux paludicoles d’AURA, dont la tonitruante Rousserolle turdoïde, le Bruant des roseaux, la Locustelle luscinioïde entre autres ! Cigogne noire et Balbuzard pêcheur sont sans doute nos plus prestigieux migrateurs…en attente d’une future ou …prochaine nidification. La Dombes accueille annuellement la plus grande concentration d’oiseaux d’eau hivernants de toute la Région. Hormis l’avifaune, la Dombes recèle de fortes populations de Rat des moissons, ses mares, le Triton crêté et la Rainette verte, et ses étangs forestiers la Leucorrhine à gros thorax. La Dombes abrite l’une de seules populations de Triton ponctué de la région AURA.
La Plaine de l’Ain conserve malgré l’intensification de son agriculture et de ses installations industrielles quelques pépites naturalistes : l’Outarde canepetière en avait disparu ? Sa réintroduction est en cours à partir des steppes militaires de la plaine qui accueillent également le Busard cendré et en migration le Busard pâle, le Faucon kobez. L’Oedicnème criard, « le Courlis de terre » niche discrètement sur ses terres morainiques. La Coronelle girondine y est notée. Dans les rares points d’eau temporaires, le Crapaud calamite se reproduit parfois en compagnie du Pélodyte ponctué.
La Bresse demeure notre région la plus discrète, entre Dombes et Val de Saône. Région historiquement bocagère où la Huppe fasciée trouve encore un habitat à sa mesure, elle conserve encore la plupart de ses mystères. La Bresse abrite également des effectifs remarquables de Moineau friquet et d’Effraie des clochers, de plus en plus rares dans la région et le département. Le chant du Bruant jaune, une des espèces les plus menacées de France, persiste à se faire entendre dans les bocages qui caractérisent tant cette région de l’Ain. La Loutre et le Castor d’Europe prospèrent discrètement sur nos fleuves et rivières – le Rhône et l’Ain notamment – quand le Harle bièvre y est le représentant le plus ostensible pour le moins ! et le Petit gravelot le plus discret de notre avifaune. Le ballet du Faucon hobereau en chasse le chant flûté du Guêpier d’Europe qui le signale avant qu’on ne le voie, celui du Coucou gris et du Loriot d’Europe animent les ripisylves de l’Ain. Les observateurs les plus aguerris pourront contempler la chasse subaquatique de la Couleuvre vipérine. Sur le Haut-Rhône, quelques lônes cachent encore la rare Cistude d’Europe.
L’Ain c’est encore 31 espèces de Chauves-souris sur les 36 que compte notre territoire métropolitain, 31 en Rhône-Alpes, 30 dans l’Ain : parmi les plus emblématiques ou rares de notre département :
🦇 La plus rare la grande Noctule, connue uniquement de quels contacts officiellement depuis 2 ans,
🦇 Le Petit Rhinolophe avec une belle population dans le bugey parmi une des plus importante de Rhône-Alpes,
🦇 Le Murin cryptique dont la difficulté à identifier ne nous permets pas de connaitre la répartition,
🦇 Les deux espèces nordique (Serotine bicolore et nilsson) qui passe inaperçu,
🦇 Enfin, le Minioptère de Schreibers dont le département fait le lien entre la population du sud et celle du Jura.
Pour découvrir toute cette faune à côté de chez vous accompagnés d’expert en la nature, vous pouvez nous aider sur le terrain en devenant bénévole.