À l’occasion de l’ouverture de la chasse, la LPO AuRA en Savoie souhaite attirer l’attention sur quelques espèces emblématiques de nos montagnes et qui, bien que subissant déjà les effets du changement climatique et de la sur-fréquentation des massifs, restent chassées dans notre département.

Marmotte des Alpes

C’est méconnu, et pourtant ! Plus de 400 marmottes ont été tuées lors de la dernière saison de chasse. Les arguments utilisés sont les dégâts causés par les trous creusés sur le matériel agricole et les pattes des troupeaux… La marmotte est un animal figurant à l’annexe III de la Convention de Berne, ce qui signifie que sa population doit être maintenue « hors de danger ». Il n’y a pourtant aucun comptage officiel. En l’absence de données, la seule option est donc la préservation maximale. En effet, en dehors des dérangements liés à une fréquentation grandissante, l’espèce est fortement menacée dans nos massifs par le réchauffement climatique. Le manque de neige réduit l’isolation et abaisse la température dans les terriers, entraînant une surmortalité directe, et désorganisant également l’équilibre social de l’espèce si important pour le succès de reproduction.

Marmotte dans un champ fleuri
Marmotte © Violaine Gouilloux

Lièvre variable

Le lièvre variable est, lui aussi, inscrit à l’annexe III de la Convention de Berne. Dans les Alpes, la dynamique de population est très mal connue. L’espèce y est toutefois menacée par le dérangement touristique (augmentation des dépenses énergétiques hivernales) et le réchauffement climatique qui réduit son habitat favorable, augmente la compétition spatiale et démographique avec le lièvre d’Europe, et altère ses capacités de camouflage automnal (augmentation de la prédation). Dans ce contexte, pour le lièvre variable également, la seule option est la préservation maximale. Nous rappelons que l’espèce est déjà disparue en Chartreuse et (probablement) dans les Bauges. Il reste cependant chassé.

Lièvre variable dans son pelage hivernal (blanc et bout des oreilles noirs), qui court dans la neige
Lièvre variable © Félix Bazinet

Galliformes de montagne

Les 4 espèces de galliformes de montagne non encore disparues (tétras lyre, gélinotte des bois, lagopède alpin, perdrix bartavelle) restent également chassées. Elles aussi subissent de plein fouet les dérangements liés au tourisme, et les effets du réchauffement climatique.

  • La perdrix bartavelle, espèce thermophile, semble désormais chercher les versants frais ! Les populations sont mal connues et fluctuent très fortement selon les aléas climatiques.
  • La gélinotte des bois est peu chassée, mais cette espèce forestière a déjà connu une réduction drastique de son habitat favorable, qui se poursuit. Nous n’avons qu’une idée très imprécise des effectifs, de fait de la grande discrétion de l’espèce.
  • Le tétras lyre subit pleinement le dérangement hivernal. Le réchauffement climatique semble favoriser sa reproduction au printemps, mais augmente sa mortalité automnale et hivernale. Espèce typique de l’interface entre la forêt et les pelouses alpines, son habitat va poursuivre sa régression à mesure que les étages de végétation vont remonter.
  • Le lagopède alpin, le plus arctique de tous, rencontre une réduction déjà importante et qui va s’accélérer de son habitat, menaçant l’espèce d’extinction dans les Alpes à moyen terme.
Tétras lyre (mâle)
Tétras lyre © Violaine Gouilloux


Pour ces raisons, la LPO AuRA est opposée à la chasse de ces 6 espèces.