Cette fois, je veux vous parler d’un sujet qui me tient à cœur moi qui parcours les rivières…

Selon que tu sois Silure ou Cormoran !

Actuellement, une consultation est mise en ligne par le ministère de la Transition écologique et du Développement durable pour un projet de décret inscrivant le silure glane sur la liste des espèces susceptibles de provoquer des déséquilibres écologiques.

L’impact du silure sur les poissons migrateurs amphihalins — c’est-à-dire vivant alternativement dans les eaux douces et dans les eaux salées — serait désormais incontestable au vu des études scientifiques.

Cette consultation a immédiatement suscité une levée de boucliers dans le monde de la pêche. Dès lors, des publications diverses et variées ont fleuri, notamment des arguments soulignant que de nombreuses autres causes étaient responsables du déclin de certaines espèces halieutiques, en particulier :

• la régression drastique des zones humides ;

• les ouvrages du type barrages ;

• la forte dégradation de l’état des habitats ;

• les pollutions ;

• le changement climatique ;

• la pêche professionnelle, etc

Tiens donc !

Car justement ces mêmes arguments, les associations de protection de la nature, et notamment la LPO les ont toujours souligné pour expliquer la perte de biodiversité dans les milieux aquatiques lorsqu’il s’agissait de s’opposer aux tirs de cormorans en eaux libres…

Mais pour le cormoran, curieusement, ces arguments étaient aussitôt balayés d’un revers de la main, moqués, parfois insultés. On préférait accuser l’oiseau, tirer, réguler, éliminer…

Est-ce le fait que le silure est un poisson, poisson qui, de plus fait l’objet d’un engouement immense de la part des pêcheurs et fait vivre toute une industrie, tourisme halieutique, etc

Alors que le pauvre cormoran ne représente aucun intérêt, sinon une concurrence (apparemment déloyale) pour le pêcheur lambda.

Pour reprendre 𝑙𝑎 𝑓𝑎𝑏𝑙𝑒 𝑑𝑒 𝐿𝑎 𝐹𝑜𝑛𝑡𝑎𝑖𝑛𝑒 :

Un loup, quelque peu clerc, prouva par sa harangue

Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,

Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.

[…] Rien que la mort n’était capable

D’expier son forfait. On le lui fit bien voir.

𝑆𝑒𝑙𝑜𝑛 𝑞𝑢𝑒 𝑡𝑢 𝑠𝑜𝑖𝑠 𝑠𝑖𝑙𝑢𝑟𝑒 𝑜𝑢 𝑐𝑜𝑟𝑚𝑜𝑟𝑎𝑛,

𝐿𝑒𝑠 𝑗𝑢𝑔𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡𝑠 𝑑𝑒 𝑐𝑜𝑢𝑟 𝑡𝑒 𝑟𝑒𝑛𝑑𝑟𝑜𝑛𝑡 𝑏𝑙𝑎𝑛𝑐 𝑜𝑢 𝑛𝑜𝑖𝑟.