C’est officiel : le Lagopède alpin et le Grand Tétras ont été classés sous le statut d’espèces protégées en France. Une décision historique qui les rend désormais non chassables et protège également leurs nids et leurs habitats.

Jusqu’à présent, des arrêtés pouvaient être mis en place pour protéger ponctuellement ces deux espèces, mais aucune protection pérenne ne leur était accordée à l’échelle nationale. Il faut remonter à 2009 pour trouver la dernière modification de la liste des oiseaux protégés en France. L’ajout du Lagopède alpin et du Grand Tétras constitue ainsi une étape importante pour la protection de la biodiversité.
En avril 2026, cette proposition de classement avait été annoncée par le ministère de la Transition écologique. Au cours de l’été, deux consultations publiques ont été organisées et ont recueilli des avis majoritairement favorables, à plus de 80 %.
« Le grand tétras et le lagopède alpin sont des espèces emblématiques de nos forêts de montagne, aujourd’hui confrontées à un déclin préoccupant. Renforcer leur protection est une décision nécessaire au regard de leur état de conservation », a déclaré la ministre de la Transition écologique Monique Barbut dans un communiqué.
Ce classement en espèce protégée rend aussi « les financements plus aisés, surtout au niveau européen, et nous permet d’écrire un vrai plan de protection sur 10 ans », a-t-elle expliqué dans une interview à La Dépêche lundi. « L’idée c’est de stabiliser les populations, voire d’espérer une remontée, même si cela restera difficile », a ajouté la ministre.
Deux espèces emblématiques fragilisées
Le Lagopède alpin, un spécialiste des sommets

Discret et parfaitement adapté aux conditions de la haute montagne, le Lagopède alpin est l’un des oiseaux les plus emblématiques des sommets. Son plumage change au fil des saisons : brun et gris en été pour se fondre dans les paysages rocheux, il devient blanc en hiver afin de se camoufler dans la neige.
Mais cette espèce, particulièrement dépendante des conditions climatiques montagnardes, est aujourd’hui mise à rude épreuve par le dérèglement climatique. Le Lagopède alpin ne subsiste en France que dans les Alpes et les Pyrénées, sous forme de populations isolées et fragiles.
La hausse des températures modifie progressivement son habitat et réduit les espaces adaptés à sa survie. À cela s’ajoutent les activités humaines en montagne, qui peuvent provoquer un dérangement important, particulièrement en hiver et pendant la période de reproduction.
Le Grand Tétras, géant des forêts

Le Grand Tétras, quant à lui, est le plus gros oiseau sauvage d’Europe. Ce galliforme est une espèce emblématique des forêts anciennes dont il dépend pour se nourrir, se reproduire et élever ses jeunes.
Son déclin en France a été spectaculaire, avec des effectifs qui ont chuté de près de 80 % depuis 1960 dans les Pyrénées, où l’espèce ne subsiste aujourd’hui que sous forme de populations fragiles. Quelques noyaux persistent également dans le Jura et les Vosges.
Particulièrement sensible au dérangement, le Grand Tétras souffre de la fragmentation de ses habitats et de la multiplication des activités humaines dans les espaces naturels. La disparition des vieilles forêts et le changement climatique constituent également des menaces importantes pour l’espèce.
Une protection indispensable
Ce nouveau statut représente bien plus qu’une interdiction de chasse. Il doit permettre de renforcer les actions de conservation et d’envisager une protection durable de ces espèces particulièrement vulnérables.
« C’est un petit pas pour l’Administration et un grand pas pour la protection de la nature ! Toute notre reconnaissance va au ministère de la Transition écologique qui a agi avec efficacité cette année pour protéger durablement le Lagopède alpin et le Grand Tétras ».
Allain Bougrain Dubourg, président de la LPO