La Dombes est un plateau dont le sol argileux a favorisé, dès le Moyen Âge, la création de milliers d’étangs par les moines et les seigneurs. Destinés à la pisciculture, ces étangs ont façonné un paysage caractérisé par l’alternance de plans d’eau, de prairies, de cultures et de boisements. Cette mosaïque de milieux naturels accueille une faune et une flore remarquables, ayant conduit à l’intégration du site dans le réseau Natura 2000 (47 572ha) au début des années 1990 puis à sa reconnaissance comme zone humide d’intérêt international par la convention Ramsar 2023.

La Dombes a donc une responsabilité particulière aux échelles nationale et européenne pour toute une biodiversité exceptionnelle.

De nombreux partenaires :

On y note notamment une forte concentration en oiseaux avec 286 espèces recensées, dont 184 sont nicheuses et plus de 35 000 oiseaux d’eau dénombrés en hiver (suivi Wetlands international, LPO). La Dombes constitue à la fois une zone d’hivernage, une zone de halte migratoire, et une zone de nidification au carrefour de l’Europe continentale. Il est ainsi possible d’observer des espèces nicheuses avec une population plutôt méditerranéenne comme la Spatule blanche ou la Talève sultane, mais aussi des espèces plus nordiques comme le Cygne chanteur.

La Dombes connaît cependant une érosion de sa biodiversité, notamment en raison de la modification du modèle agricole (recul de l’élevage et disparition des prairies et haies au profit de la céréaliculture) et du changement climatique qui affecte la ressource en eau.

Dans ce contexte le projet LIFE Dombes vise principalement la préservation et la restauration d’espèces et d’habitats naturels, rares et menacés, inféodés aux étangs de la Dombes. Il apporte les moyens d’agir dans la durée pour la préservation de l’écosystème dombiste grâce à la réunion d’acteurs mettant en commun leurs compétences au sein d’un consortium mené par la Communauté de Communes de la Dombes pour travailler aux côtés des gestionnaires et propriétaires privés : APPED – Association pour la Promotion du Poisson des Etangs de la Dombes, ISARA – Institut Supérieur d’Agriculture Rhône-Alpes, SRDCBS – Syndicat des Rivières Dombes Chalaronne Bords de Saône, SMVV – Syndicat Mixte Veyle Vivante, CEN RA-Conservatoire d’Espaces Naturels Rhône-Alpes et LPO AuRA- Ligue de Protection des Oiseaux Auvergne Rhône-Alpes).

Les espèces et habitats ciblés par le programme sont ceux dentifiés comme d’intérêt communautaires par l’Union européenne et concernés par les directives Oiseaux ou Habitat. Pour les espèces, il s’agit notamment du Fuligule milouin, de la Guifette moustac, du Héron pourpré, du Blongios nain, de l’Échasse blanche, du Crabier chevelu, de la Spatule blanche, de la Pie-grièche écorcheur, du Triton crêté, de la Leucorrhine à gros thorax et du Flûteau nageant. Pour les habitats naturels, il s’agit de sites abritant des végétations particulières telles que Littoreletea uniflorae et/ou Isoeto-Nanojuncetea (3130), Chara spp (3140), des végétations aquatiques du Magnopotamion ou de l’Hyrocharition (3150), et des prairies de fauche de basse altitude (6510).

Afin de répondre à ces objectifs, le programme d’actions s’articule autour de 3 axes majeurs :

L’étude du bilan hydrique et l’analyse de vulnérabilité des bassins versants des chaînes d’étangs donnant lieu à des scénarios d’adaptation au changement climatique.

Le système hydraulique de la Dombes est complexe (700 km de fossés, 1300 étangs). L’objectif est d’apporter des moyens techniques pour aider à résister au changement climatique en intégrant les enjeux écologiques. Sur 23 bassins versants de chaînes d’étangs ciblés (chacun composé d’une dizaine d’étangs en moyenne), il s’agit donc d’analyser les enjeux, mettre en place la concertation avec les gestionnaires locaux, valider les principales opérations nécessaires et les mettre en place avec les volontaires

Le développement de travaux de restauration des habitats naturels sur les sites présentant un fort potentiel.

Les principaux travaux de restauration prévus dans le programme sont le reprofilage de berges, la création de zones de haut-fond, la mise en place d’exclos pour protéger la végétation aquatique et la restauration des ceintures de végétations, sur 190 étangs.

En parallèle, le programme vise la création de 120 ha de prairies naturelles, la plantation de 20 km de haies et la création ou restauration de 140 mares afin d’améliorer le réseau de continuités écologiques et l’accueil des espèces cibles telles que la Pie-grièche écorcheur, le Triton crêté et les Chauves-souris. Ces habitats serviront de refuges et de corridors à de nombreuses autres espèces.

La lutte coordonnée contre les espèces exotiques envahissantes.

La lutte contre l’expansion des principales espèces exotiques envahissantes des milieux aquatiques se décline sur l’ensemble du site Natura 2000 et cible notamment :

  •  la Jussie à grandes fleurs : travaux de destruction en assec et en eau et renforcement de la veille sur l’ensemble du réseau hydraulique
  • le Ragondin :  renforcement de la pression de piégeage par la fourniture de matériel, par l’embauche de 2 piégeurs investis sur les zones les plus difficiles, en appui des piégeurs bénévoles et par l’identification préalable des zones non piégées.

Ces solutions pragmatiques soutiennent les services écosystémiques des étangs et s’inscrivent dans la durée grâce à un programme conséquent d’animations techniques et des supports de diffusion des bonnes pratiques.

Afin d’évaluer les résultats de ces travaux, différents suivis écologiques sont mis en place, notamment sur les oiseaux, la végétation aquatique, les odonates et les mares.

Quel est le rôle de la LPO?

La LPO est l’un des acteurs du consortium engagé dans le programme Life Dombes. Elle a pour principale mission d’améliorer les connaissances sur plusieurs espèces cibles et d’évaluer l’efficacité du programme en réalisant des suivis avant et après travaux. Les espèces recensées par la LPO sont le Héron pourpré, le Blongios nain, le Crabier chevelu, la Spatule blanche, la Guifette moustac, l’Echasse blanche, la Pie-grièche écorcheur, la Talève sultane, et les Marouettes ponctuée, poussin et de Baillon.

Elle réalise des diagnostics sur les mares afin d’identifier leur état écologique et les potentialités de restauration mais également des inventaires sur le Triton crêté afin d’identifier les zones de présence de l’espèce.

Elle réalise également des inventaires sur les chauves-souris, espèces qui utilisent notamment le réseau de haies et sont ainsi de bonnes indicatrices de la qualité des habitats et des continuités écologiques.

Un programme de sensibilisation

De nombreuses animations d’éducation à la nature sont mises en œuvre à destination des scolaires, habitants et visiteurs. Un programme et des outils pédagogiques sont notamment développés par la LPO et proposés aux écoles et aux collèges du territoire.

Le site de la Tour du Plantay, propriété de la Communauté de Communes de la Dombes est l’une des vitrines du programme, tant par les travaux programmés que par l’installation de panneaux pédagogiques. Actuellement, ce site peut être visité uniquement lors de balades encadrées par la Communauté de Communes de la Dombes ou Dombes Tourisme.

La transmission des acquis du projet est prévue à l’échelle locale, nationale et européenne (séminaire, formations, guide technique).

© LPO AuRA

Le programme LIFE Dombes se déroule de 2026 à 2032. Il bénéficie de 67% de financements européens, 13.8 % de financements du Département de l’Ain, 8.06% du Ministère en charge de l’écologie, de 1.5 % de la Région Auvergne Rhône-Alpes et de l’autofinancement des partenaires pour un budget total prévisionnel de 12.2 millions d’euros.

Pour toute question sur ce projet, vous pouvez contacter Mélissa Goepfert, Cheffe de Projet LIFE Dombes : melissa.goepfert@lpo.fr

Financé par l’Union Européenne. Les opinions exprimées sont celles de l’auteur (ou des auteurs) uniquement et ne reflètent pas nécessairement celles de l’Union Européenne ou de l’Agence exécutive européenne pour le climat, les infrastructures et l’environnement (CINEA). Ni l’Union Européenne ni CINEA ne peuvent en être tenues responsables.