
𝐐𝐮𝐞𝐥 𝐞𝐬𝐭 𝐯𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐝𝐨𝐦𝐚𝐢𝐧𝐞 𝐝’𝐚𝐜𝐭𝐢𝐯𝐢𝐭𝐞́ ?
J’ai 67 ans et suis un jeune (?) retraité des « Eaux et Forêts » (terminologie disparue mais que j’aime bien).
𝐂𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐚𝐯𝐞𝐳-𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐝𝐞́𝐜𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐭 𝐥𝐚 𝐋𝐏𝐎 𝐞𝐭 𝐢𝐥 𝐲 𝐚 𝐜𝐨𝐦𝐛𝐢𝐞𝐧 𝐝𝐞 𝐭𝐞𝐦𝐩𝐬 𝐞𝐧𝐯𝐢𝐫𝐨𝐧 ?
J’ai adhéré très jeune à la LPO (fin des années 60 !), puis ai cessé d’y être actif durant ma carrière professionnelle (histoire, disons… de ne pas trop mélanger les casquettes) tout en restant en contact étroit avec l’association.
𝐐𝐮’𝐞𝐬𝐭-𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐚 𝐝𝐨𝐧𝐧𝐞́ 𝐞𝐧𝐯𝐢𝐞 𝐝𝐞 𝐝𝐨𝐧𝐧𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐯𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐭𝐞𝐦𝐩𝐬 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐋𝐏𝐎 ?
Parvenu à la retraite, j’ai souhaité donner de mon temps pour des causes que j’affectionne, en particulier (mais pas que) la défense des causes environnementales et notamment celle de la biodiversité.
𝐀𝐯𝐢𝐞𝐳-𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐧𝐚𝐢𝐬𝐬𝐚𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐧𝐚𝐭𝐮𝐫𝐚𝐥𝐢𝐬𝐭𝐞𝐬 𝐚𝐯𝐚𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐞𝐧𝐠𝐚𝐠𝐞𝐫 𝐞𝐧 𝐭𝐚𝐧𝐭 𝐪𝐮𝐞 𝐛𝐞́𝐧𝐞́𝐯𝐨𝐥𝐞 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐥𝐚 𝐋𝐏𝐎 ?
Je suis un piètre ornithologue (et un exécrable photographe), un peu meilleur en botanique surtout forestière.
J’ai une vision très éclectique (voire touche à tout ?) et privilégie plutôt une approche globale par milieux naturels ; j’affectionne tout particulièrement la forêt et les zones humides (autant dire des trucs qui ne vont pas très bien en ce moment…).
𝐐𝐮𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐚 𝐞́𝐭𝐞́ 𝐯𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞̀𝐫𝐞 𝐚𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐥’𝐚𝐬𝐬𝐨𝐜𝐢𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐭 𝐪𝐮𝐞𝐥𝐥𝐞(𝐬) 𝐚𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧(𝐬) 𝐞𝐟𝐟𝐞𝐜𝐭𝐮𝐞𝐳-𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐚𝐜𝐭𝐮𝐞𝐥𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 ?
Je devais avoir 10 ans environ ; natif de Haute-Saône, j’avais alors harcelé mes parents pour qu’ils classent notre jardin en refuge LPO… la plaque au macareux de l’époque doit toujours traîner quelque part dans mon bazar.
𝐂𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐯𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐩𝐚𝐫𝐜𝐨𝐮𝐫𝐬 𝐝𝐞 𝐛𝐞́𝐧𝐞́𝐯𝐨𝐥𝐞 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐋𝐏𝐎 𝐚-𝐭-𝐢𝐥 𝐞́𝐯𝐨𝐥𝐮𝐞́ ?
Depuis un peu plus de 2 ans, je suis délégué territorial dans l’Ain où j’essaie d’être aussi assidu que je le peux.
Je me concentre plutôt sur l’analyse des projets d’aménagements locaux et de leurs impacts potentiels sur le biodiversité (grave déformation professionnelle, c’est mon côté « Lieutenant Columbo »).
𝐐𝐮’𝐞𝐬𝐭-𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐚𝐩𝐩𝐨𝐫𝐭𝐞 𝐨𝐮 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐚 𝐚𝐩𝐩𝐨𝐫𝐭𝐞́ 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐞𝐱𝐩𝐞́𝐫𝐢𝐞𝐧𝐜𝐞 ?
Beaucoup d’échanges avec des passionné(e)s (salariés autant que bénévoles), l’acquisition de connaissances nouvelles en participant aux divers conseils nationaux et assises… et un peu plus de courage et d’énergie pour défendre la cause de la biodiversité au sein d’un collectif !
𝐔𝐧 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫 𝐚̀ 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐚𝐠𝐞𝐫 ?
J’en citerai deux :
• un nostalgique : mes rencontres avec le grand tétras lorsque je faisais du ski de fond adolescent dans les forêts des Vosges saônoises (proches de mes terres ancestrales) ; l’espèce, comme chacun sait en grand péril en France, a depuis totalement déserté cette région…
• un plus optimiste : ma première observation (ça devait être vers 1994) d’une grande aigrette en Dombes ; à l’inverse, ce type de rencontre y est devenu banal !
𝐀𝐯𝐞𝐳-𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐮𝐧 𝐦𝐞𝐬𝐬𝐚𝐠𝐞 𝐚̀ 𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐩𝐚𝐬𝐬𝐞𝐫 ?
Côté « Colibri », j’essaie (tout en me gardant de donner des leçons malvenues à quiconque) de mettre en pratique une certaine sobriété dans ma vie personnelle même si ça me coûte un peu : gros carnassier, j’ai considérablement réduit ma consommation de viande. Quant aux voyages en avion dont j’ai été friand (je ne suis pas spécialement fier de mon bilan carbone…), j’ai tiré un trait dessus depuis plusieurs années.
Côté travail au sein de la LPO et alors que tous les signaux d’alerte sont désormais au rouge s’agissant de la biodiversité et du climat, j’essaie de ne pas céder au découragement et reste convaincu que le militantisme peut gagner si il est porté par un collectif et basé sur un argumentaire scientifique et juridique solide !