Une mobilisation citoyenne du Val de Saône Mont d’Or.
Vendredi 24 avril, deux jours avant la Fête du retour des hirondelles et martinets organisée par la Coopérative du Val de Saône, un détail inhabituel sur l’un des nombreux nids construits par les hirondelles dans les rues de Neuville-sur-Saône a mobilisé certains habitants : une hirondelle était en difficulté, coincée à l’entrée de son nid, à environ 6 mètres de hauteur, incapable de se dégager.
Des habitants engagés pour la protection des hirondelles et des martinets, comme Léo et Chloé, bénévoles à la LPO, mais aussi des personnes impliquées à la Coopérative du Val de Saône, comme Carole et Marie-Claude, ont été alertés par la situation. Très vite, ils ont tenté de s’organiser pour secourir l’hirondelle qui se débattait et poussait des cris de détresse. Il est vite apparu que, sans le matériel adéquat, leur intervention serait impossible. Il fallait faire appel à des professionnels capables d’agir en toute sécurité.
Après plusieurs appels et échanges, et même parfois de vraies négociations avec les sapeurs-pompiers, les pompiers de Genay sont envoyés sur le terrain pour aider à sauver cette hirondelle, une espèce protégée en France. Les pompiers sont intervenus avec du matériel adapté et leur savoir-faire. Ils ont pu atteindre le nid en toute sécurité grâce à une nacelle installée au bout de leur échelle télescopique. un moment, à la fois impressionnant et attendrissant pour les personnes présentes. Leur intervention s’est effectuée avec beaucoup de soin, autant pour l’hirondelle que pour la préservation du nid. Malheureusement le constat a été fait par les pompiers qu’une des pattes de l’oiseau était coincée dans la structure du nid : il a donc fallu retirer le nid pour pouvoir la dégager. À cette période de la saison, il y avait toutefois de fortes chances qu’aucun œuf n’ait encore été pondu dans ce nid. Une fois libérée, l’hirondelle a été confiée à Léo et sa famille, formés aux interventions de sauvetage d’espèces sauvages, qui l’ont mise dans un carton prévu d’avance. Ils l’ont ensuite amenée au centre de soins de la faune sauvage, l’Hirondelle à St Forgeux.
Les pompiers ont agi avec prudence et bienveillance. Nous les remercions chaleureusement pour leur intervention et leur action en faveur du vivant.
Geneviève Racine, Chloé, Léo et Mathieu Michel
Bénévoles LPO, citoyens impliqués dans les actions de biodiversité


Le saviez-vous ?
Espèce protégée en France, l’hirondelle est l’un des grands symboles du retour du printemps. Cette année 2026, nous célébrons les 50 ans de cette loi qui a permis de protéger les espèces.

L’hirondelle de fenêtre, Delichon urbicum, est un petit oiseau migrateur que l’on voit revenir chaque printemps. Elle revient nicher dans nos régions après une migration hivernale en Afrique. Après un long voyage d’environ 5000 kilomètres, elle revient sur le même site de nidification année après année pondre ses petits oisillons. A Neuville-sur-Saône, il y a un site de nidification particulièrement important où l’on retrouve plusieurs colonies.
Pour observer l’hirondelle, il suffit de lever les yeux vers le ciel, on la voit virevolter au-dessus des rues de nos villes et jardins, en s’alimentant jusqu’à 1000 insectes par jour dont les moustiques. On la reconnaît son chant, à sa forme à ses colleurs : son dos est bleu‑noir brillant, son ventre blanc pur et surtout son croupion blanc est très visible.
L’hirondelle de fenêtre construit un nid en demi‑coupole, fait de petites boulettes de boue qu’elle colle sous les rebords de toits, les avancées de fenêtres ou les balcons. Ces nids, souvent regroupés en colonies sont réutilisés d’une année sur l’autre. L’oiseau tout comme son nid sont protégés par la loi française et il est interdit de nuire à l’oiseau ou détruire ses constructions.
Les hirondelles de fenêtre sont aujourd’hui en fort déclin, principalement à cause de la raréfaction des insectes et de la destruction de leurs nids. Les préserver, c’est soutenir un équilibre écologique précieux et maintenir un lien vivant entre les humains et la nature.



Et si vous, vous trouviez une hirondelle en détresse
- Mettre l’oiseau à l’abri du danger immédiat si l’animal se trouve au sol, en l’éloignant si possible de la circulation, des prédateurs, de rassemblement…
- L’installer dans une petite boîte en carton aérée, au calme et dans l’obscurité.
- Ne lui donner ni à boire, ni à manger, une mauvaise manipulation peut aggraver son état.
- Limiter le contact avec l’animal pour éviter le stress.
- Contacter rapidement une structure de soin faune sauvage.
- En cas de doute, demander de l’aide à la mairie, à une association locale ou à un vétérinaire pour être orienté.
Dans le Rhône, le seul centre de soin habilité est « L’Hirondelle, Centre de Soins pour Animaux Sauvages » :
- 705 chemin du Napoly, 69490 Saint-Forgeux
- 04 74 05 78 85
- contact@hirondelle.ovh
Par de petits gestes, chacun peut contribuer à protéger la vie sauvage : observer, alerter, et agir avec méthode et entre-aide. Ce jour-là, au bord de la Saône, à Neuville une hirondelle a rappelé à tout à chacun que la nature se défend aussi en équipe.