Le Sonneur à ventre jaune


Présentation :

Adulte : le Sonneur ne peut être confondu avec aucun autre amphibien. Il s’agit d’un petit crapaud (corps de 5 cm de long) dont le dos est gris et pourvu de petites pustules tandis que la face ventrale est jaune et noire. Ce patron de couleur est propre à chaque individu et permet une identification précise (utile pour les protocoles de comptage). Les yeux sont saillants et la pupille en forme de cœur.

Sonneur adulte © Julien CORNUT
Sonneur adulte © Julien CORNUT

Les callosités nuptiales noirâtres présentes sous le pouce des mâles en période de reproduction permettent de distinguer les sexes.
Les adultes flottent généralement à la surface de l’eau, membres écartés.

Têtards : le têtard est relativement gros, plutôt sphérique avec une courte queue. La couleur est assez sombre. Vu de dessus, la membrane extérieure semble légèrement translucide par rapport au reste du corps.

Juvénile de Sonneur en surface et têtards au fond © Julien CORNUT
Juvénile de Sonneur en surface et têtards au fond © Julien CORNUT

Pontes : les œufs de 2 mm de diamètre sont entourés d’une gangue. Ils sont déposés isolément ou en petits amas sur des supports ou au fond de l’eau.

Adaptation / particularité :

Les adultes restent particulièrement longtemps en phase aquatique (globalement d’avril à aout), les yeux saillants et la présence d’une ligne latérale primitive (organe captant les vibrations à la surface de l’eau) sont des adaptations à la vie aquatique.

Le Sonneur apprécie les milieux instables, sa stratégie de reproduction consiste à éviter de mettre tous ses « œufs dans le même panier ». Ainsi, les pontes sont fractionnées dans l’espaces (sur plusieurs points d’eau) et dans le temps (espèce à longue espérance de vie).

Habitat :

En période d’activité (avril à septembre), le Sonneur a des mœurs très aquatiques. Il se reproduit dans des milieux dépourvus de prédateurs et exploite généralement des milieux pionniers et/ou temporaires dans lesquels la température de l’eau est élevée (points d’eau peu profonds et stagnants ou à faible courant). Ces quelques exigences lui permettent de fréquenter une grande diversité d’habitats : mares, ornières forestières, flaques, abreuvoirs, points d’eau temporaires sur des carrières, mares dans les jardins, zones de sources, rivières...

Ornière à Sonneur sur une coupe forestière, © Julien CORNUT
Ornière à Sonneur sur une coupe forestière, © Julien CORNUT

L’abondance des pièces d’eau (qu’il peut exploiter pour se nourrir), la présence d’un dense réseau hydrographique (pouvant servir de zone refuge ou de corridors) et le contexte paysager semblent favoriser la présence du Sonneur.
Les habitats d’hibernation sont peu connus. Il semblerait qu’il puisse passer l’hiver dans la vase ou dans des abris terrestres proches.

Reproduction :

Chaque mâle semble défendre un territoire « aquatique ». En soirée (parfois en journée), il émet un chant doux, sourd et plaintif pour attirer les femelles dans sa pièce d’eau.


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