Les bons gestes pour protéger l’herpétofaune

Publié le lundi 18 février 2013 -->


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Contexte et objectifs

Ce programme de protection en faveur des reptiles et amphibiens s’inscrit à la fois dans la stratégie nationale de lutte contre les espèces exotiques et dans la stratégie nationale pour la biodiversité.

L’intérêt de recenser les sites concernés par la présence d’espèces exotiques, la connaissance du danger que peut représenter le lâcher dans la nature de ces animaux de compagnie pouvant devenir envahissants, sont des messages que nos associations peuvent porter en Rhône-Alpes. De même, la transmission des observations de serpents écrasés ou la demande de conseils lorsqu’on a des serpents qui s’approchent des habitations, sont des gestes écocitoyens que nous entendons soutenir et développer.

Moyens et résultats

Recensement des stations d’espèces exotiques

Si, en général, ces individus échappés ou lâchés intentionnellement ne survivent pas à la période hivernale sous nos latitudes, certaines peuvent s’établir et engendrer des problèmes de conservation avec la faune locale (compétition, hybridation...). Il n’est pas toujours possible de recueillir toutes les observations d’espèces exotiques trouvées dans la nature. Les réseaux naturalistes classiques ne sont pas souvent contactés à ce sujet. Quoi qu’il en soit, toutes les informations disponibles ont été collectées et synthétisées. Parmi les espèces herpétologiques exogènes, les tortues (aussi bien aquatiques que terrestres) sont les principales espèces découvertes, aussi bien en nombre (surtout la tortue à tempes rouges) qu’en diversité (8 taxons identifiées jusqu’à présent).

Recensement des points d’écrasement de serpents sur les routes

Sur les près de 16 000 données de serpents récoltées en Rhône-Alpes dans le cadre de l’élaboration de l’atlas herpétologique régional, près de 8% concernent des serpents écrasés sur les routes et chemins. Il s’agit de la principale cause de mortalité identifiée pour les serpents de Rhône-Alpes. Principalement grâce au module mortalité de VisioNature, nous avons recensé pour la période 2010-2013, 588 serpents morts sur les routes. C’est la couleuvre verte et jaune (Hierophis viridiflavus) qui est l’espèce la plus notée morte sur les routes (près de 44% des contacts). D’un point de vue spatial, tous les départements sont concernés. Et comme pour les sites d’écrasements d’amphibiens, les mortalités sont maximales quand les réseaux routiers sont denses et la circulation importante. En revanche, d’autres sites ne concentrent que des écrasements de reptiles ; ce sont des secteurs où les zones humides sont les moins denses. Pour les serpents, les périodes les plus meurtrières sont en fin de printemps, époque où les individus sont les plus mobiles (les mâles partant à la recherche de partenaires et les femelles cherchant les sites de ponte).

Le réseau « SOS Serpents »

Depuis 2011, les LPO de la région Rhône-Alpes ont initié la mise en place d’un réseau « SOS Serpents » afin de pouvoir répondre aux sollicitations du public qui ont à faire avec un serpent chez eux. Il s’agit d’apporter des réponses sur les serpents (surtout sur sa dangerosité éventuelle) et les conseils sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire face aux serpents. Et, le cas échéant, il faut pouvoir se déplacer rapidement sur place afin d’évaluer la situation et s’il faut déplacer le serpent. En 2013, un réel démarrage de l’opération « SOS Serpents » a eu lieu, avec la diffusion d’éléments techniques (plaquette, vadémécum, diaporama...). Ce réseau bénévole s’étoffe progressivement et les associations de protection de la nature de Rhône-Alpes sont de plus en plus reconnues dans la conservation des reptiles.

Perspectives

Le réseau « SOS Serpents » devra s’étoffer avec un réseau de bénévoles plus conséquent dans l’ensemble des départements afin de pouvoir assurer un réel accompagnement du public envers ces animaux méconnus.

La veille exercée sur les espèces exotiques et les sites d’écrasements de serpents se fera ces prochaines années par le biais des recueils de données dans le cadre de l’atlas herpétologique de Rhône-Alpes et de nos travaux sur la mise en œuvre du SRCE.