Dans la Loire l’espèce semble connaitre une expansion régulière, mais les conditions climatiques particulières de l’année 2026 ont sans doute limité le succès de sa reproduction, suivie de près grâce à un gros travail de bénévolat encadré par les salariés de la LPO dans la Loire.

Milvus milvus, nom scientifique du milan royal, vient de battre un nouveau record pour sa reproduction en 2026 dans la Loire : 55 couples nicheurs ont été répertoriés et suivis, soit 10 de plus qu’en 2025 (45 couples suivis) . En fait, ce sont même 58 couples qui ont été repérés, mais seulement 55 qui ont pu être certifiés comme vraiment nicheurs, grâce à la découverte de l’aire, ou à des comportements ou indices observés typiques d’une reproduction.
Malheureusement, sur ces 55 couples nicheurs, seuls 41 couples ont produit des jeunes à l’envol, 66 jeunes, soit un de moins qu’en 2025, qui était l’année record pour notre département et 14 couples ont échoué dans leur reproduction. Le nombre de jeunes par nichée est donc en légère diminution : 1,63 en 2026 contre 1,81 en 2025.
Un phénomène à mettre en relation avec les conditions climatiques très particulières de cette année : épisode de froid tardif, suivi de longues périodes de canicules ponctuées d’orages violents.


L’aire de répartition départementale du milan royal dans la Loire semble par ailleurs en expansion, notamment dans les Monts du Lyonnais, avec plusieurs nouveaux couples découverts en 2025, ainsi que dans la vallée du Gier (Jarez) ou plusieurs nouveaux couples ont été repérés cette année.
Des recherches plus poussées dans le Pilat permettraient probablement la découverte de couples supplémentaires qui nous ont échappé jusqu’ici. L’espèce parait bien présente dans la moitié sud du département, nettement moins dans sa moitié nord, mais ce phénomène pourrait aussi être dû à une prospection moins intense dans le Roannais.
Dans la Loire, le milan royal se cantonne surtout sur les coteaux Est et Ouest dominant la plaine du Forez de laquelle il est totalement absente comme nicheur.

Toutes ces données ont pu être collectées grâce à une importante mobilisation des chargés de mission salariés de la LPO, appuyés par une quinzaine de bénévoles expérimentés et avec le soutien de deux services civiques recrutés spécialement pour cette opération, Jade Nicard et Raphaël Fuster. Ces derniers ont travaillé six mois du printemps jusqu’à la fin de l’été, d’abord sur le terrain pour la coordination des prospections bénévoles et la collecte des données, puis pour leur analyse et la production d’un rapport de synthèse d’une vingtaine de pages1.
Ces campagnes annuelles de suivi de la reproduction de Milvus milvus ont lieu de façon systématique dans le département depuis 2008 sur cinq secteurs : Monts d’Urfé et Monts du Forez nord ; Monts du Forez Sud; Gorges de la Loire; Pilat ; et Monts du Lyonnais-vallée du Gier. Le protocole suivi prévoit au moins 4 passages sur les sites où l’espèce se reproduit entre mars ( arrivée des migrateurs) et fin juillet ( envol des jeunes) . Un passage sur un site correspondant à environ 2 heures d’observation , soit le temps moyen que met un milan royal en chasse pour revenir sur son territoire.
Ce suivi assidu n’est possible que grâce à des financements de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Il est très important pour permettre une meilleure prise en compte du PNA (Plan national d’actions) dont bénéficie le milan royal dans les politiques publiques, pour améliorer les connaissances sur l’espèce, maintenir, améliorer et restaurer ses habitats, réduire sa mortalité, favoriser l’acceptation locale de ce beau rapace et diffuser les connaissances et les bonnes pratiques.
Un grand merci aux salariés, bénévoles et services civiques qui se sont mobilisés en 2026 pour le réaliser : Chantal Arnaud, Simon Arnaud, Dominique Bernard, Pascale Billard, Magalie Bona, Bénédicte Canal, Josie Canivet, Yannick Carteron, Lydie Dubois, Laurent Essertaize, Pascal Ferlat, Thierry Graviere, Laure et Michael Ham, Cédric Laurent, Danièle Meilland, Catherine Peyrard, Bertrand Tranchand, Robert Tricon, Mélina Trillaud et Joël Vial.