C’est déjà la fin de la saison de migration sur nos spots de Drôme et d’Ardèche. Une fois encore, les oiseaux nous ont offert une année riche en observations. Mais avant de dresser le bilan de cette saison, revenons sur les derniers jours de suivi, qui ont réservé leur lot de surprises.
Pierre Aiguille (Drôme)
Début avril restera comme une période historique pour la migration en France. Les différents blocages météorologiques ont d’abord freiné les flux, suscitant une certaine attente chez les ornithologues. Puis le « grand déblocage » tant espéré est enfin arrivé. En l’espace de deux jours, plus de 6 500 rapaces ont défilé sous les yeux des observateurs.

Le milan noir a incontestablement été la star de cette période, avec deux journées record pour le site : 2 737 individus le 4 avril et 2 536 le 5 avril — des chiffres tout simplement hallucinants — pour un total saisonnier dépassant les 10 000 individus. Les éperviers d’Europe ont également été nombreux, avec 318 individus le 4 avril et 324 le lendemain. Même tendance pour les busards des roseaux, avec 150 puis 202 individus. Le balbuzard pêcheur a quant à lui dépassé les 168 individus comptabilisés sur la saison. Parmi les observations marquantes, on retiendra aussi un aigle botté ainsi qu’une femelle de busard pâle.

Le début du mois d’avril a également surpris par un passage particulièrement intense de cigognes blanches : 3 236 individus le 5 avril, soit la troisième meilleure journée jamais enregistrée en France. Le grand cormoran n’est pas en reste, avec 2 152 individus le 4 avril et 3 637 le 5 avril. Par ailleurs, les premiers migrateurs typiques d’avril ont fait leur apparition : guêpiers d’Europe, martinets noirs, hirondelles de rivage et bergeronnettes printanières.

Col de l’Escrinet (Ardèche)
Depuis le week-end « Tête en l’air », un vent de nord soutenu s’était installé, réduisant fortement le passage des passereaux. Côté rapaces, les vols en rase-mottes se sont multipliés, offrant des observations spectaculaires qui ont ravi les observateurs et observatrices tout au long de la journée. Voir des balbuzards et des milans noirs passer presque à portée de bras reste un moment de pure magie.
Ce n’est que le 4 avril, lors du comptage simultané, que le vent a légèrement faibli, permettant aux oiseaux de reprendre leur progression. Libérés de ces conditions défavorables, ils sont arrivés en masse : de beaux cortèges de pipits, d’hirondelles et de linottes ont été observés, sans oublier le tant attendu « rush » de milans noirs. Plus de 300 individus ont été comptés en moins de deux heures au col de Sarrasset, et plus de 400 sur la journée à l’Escrinet.

Le dimanche 5 avril a, lui aussi, marqué les esprits avec un nouveau record de cigognes blanches : 1 055 individus sur la journée, dont plus de 800 observées depuis le site de l’Escrinet. Plus largement, le 4 avril 2026 restera une date historique, aussi bien à Pierre-Aiguille qu’à Leucate, comme en témoignent les totaux enregistrés sur Trektellen.
Pour revenir à l’Escrinet, le printemps est désormais bien installé. Fauvette passerinette, coucou gris, pouillot fitis et torcol fourmilier animent le site de leurs chants. Les observateurs attendent désormais avec impatience l’arrivée des guêpiers, tandis que les « cliqueurs » à hirondelles et martinets sont déjà de sortie.
Comment nous rejoindre :
Les deux spots ont désormais fermé leurs portes. Toutefois, si vous passez sur les sites et observez des migrateurs, vos données nous intéressent vivement. Pour nous contacter : remi.metais@lpo.fr
Retrouvez nos observations sur trektellen.org !