Bonjour les humains,

Aujourd’hui, je souhaite vous parler de mon ami le blaireau (je parle évidemment de l’animal…).

Ce magnifique représentant de la famille des mustélidés est présent sur l’ensemble du territoire français. On le rencontre dans des milieux variés. Animal presque exclusivement crépusculaire, il vit dans des terriers qu’il creuse sous terre. Plutôt discret et paisible, il est omnivore et se nourrit principalement de vers, de limaces et d’escargots, qu’il prélève en fouillant les herbes et les litières de feuilles mortes et aussi de tubercules de céréales, fruits.

Son statut ? Espèce chassable. Et il peut même être classé ESOD, c’est-à-dire Espèce Susceptible d’Occasionner des Dégâts. À ce titre, il est régulièrement tué, notamment par la pratique d’un autre âge : la « vénerie sous terre ». Celle-ci consiste à acculer le blaireau dans son terrier avec des chiens, puis à creuser pour l’en extraire à l’aide de pinces métalliques. Le tout sous couvert de « nécessité », parfois même de « plaisir », au nom d’une prétendue « tradition ».

On l’accuse aussi de la transmission de la tuberculose bovine, un brave bouc émissaire quand d’autres espèces sont pointées du doigts cerfs et sangliers plus répandus dans la nature par exemple (plus intéressantes à chasser peut-être?)…Rappelons aussi qu’au départ ce sont les bovins qui ont contaminé les blaireaux et non l’inverse et enfin qu’un vaccin est en cours d’expérimentation.

Le blaireau n’est d’ailleurs pas le seul à porter l’étiquette ESOD. On y retrouve aussi le renard, la belette, la pie ou encore la fouine, etc…

Vous aimez décidément beaucoup cela, vous autres humains : coller des étiquettes, catégoriser, décider de ce qui est bon ou mauvais pour nous, le vivant, qui ne pouvons ni nous exprimer, ni protester.

Pour revenir à mon ami le blaireau : c’est un mammifère doté, comme vous, de sensibilité. Il ressent la peur, le stress, la souffrance. Alors imaginez… lorsque la pince le saisit, lorsque les chiens le mordent et aboient autour de lui, et quand, pour finir, une balle met fin à sa vie.

Comment pouvez-vous encore accepter de telles pratiques ? De tels procédés ? Sous le seul prétexte que mes amis « occasionneraient des dégâts » ?

Franchement, n’éprouvez-vous aucune honte, alors même que vous détruisez la planète ? Vous avez pollué jusqu’aux profondeurs des océans, jusqu’aux sommets des montagnes et des glaciers. Les sols sont contaminés par le cadmium, les PFAS, les pesticides, les herbicides… la liste de vos méfaits est longue et n’est pas terminée.

Puisque vous aimez tant catégoriser, je vous propose une nouvelle étiquette : que ceux qui défendent le vivant décernent à ceux qui le détruisent 𝐥𝐞 𝐥𝐚𝐛𝐞𝐥 𝐄𝐒𝐏𝐕 : 𝐄𝐬𝐩𝐞̀𝐜𝐞 𝐒𝐮𝐩𝐞𝐫 𝐏𝐫𝐞́𝐝𝐚𝐭𝐫𝐢𝐜𝐞 𝐝𝐮 𝐕𝐢𝐯𝐚𝐧𝐭.

Je vous laisse le soin de créer des logos sympas et vous dit à bientôt pour une nouvelle chronique.

𝐵𝑙𝑎𝑖𝑟𝑒𝑎𝑢 𝑑’𝐸𝑢𝑟𝑜𝑝𝑒 © 𝐹𝑎𝑏𝑟𝑖𝑐𝑒 𝐶𝑎ℎ𝑒𝑧