Alors que la troisième canicule de l’année s’apaise à peine, que des feux dévastateurs ravagent les forêts en Europe, et partout dans le monde, que le réchauffement des cours d’eau contraint certaines centrales nucléaires à réduire ou interrompre leur activité, et que dans de nombreuses régions ruisseaux et rivières sont en assec, condamnant une vie aquatique déjà fragilisée, nos élus votent, sans véritable remise en question, une loi d’urgence agricole prévoyant notamment la réintroduction de l’acétamipride et du flupyradifurone, la facilitation de la construction de mégabassines et un nouvel assouplissement des règles de protection de l’eau.

À ces reculs s’ajoutent des projets qui semblent appartenir à un autre siècle, comme celui du futur collisionneur circulaire du CERN, des EPR2 du Bugey, alors même que les limites planétaires sont désormais largement dépassées.

Face au dérèglement climatique, qui nous frappe déjà et accélère chaque jour l’effondrement de la biodiversité et la dégradation de nos conditions de vie, les réponses mises en avant se résument trop souvent à : « buvez de l’eau », « évitez les activités physiques », « climatisez davantage » ou « achetons plus de moyens pour lutter contre les incendies ».

Bien sûr, personne ne conteste que la climatisation est devenue indispensable dans les hôpitaux, les EHPAD et d’autres lieux accueillant des personnes vulnérables. De même, il est nécessaire de renforcer les moyens de lutte contre les incendies. Mais est-ce vraiment tout ce que notre société est capable de proposer face à une crise existentielle ?

Le plus tragique est que cette situation n’a rien d’une surprise. Depuis des décennies, les scientifiques documentent avec rigueur les mécanismes du changement climatique, de l’effondrement de la biodiversité et leurs conséquences. Nous savions. Nous savons toujours.

Ne soyons pas de ceux qui, face au danger, détournent le regard ou, pire encore, aggravent la catastrophe en prenant des décisions aussi inadaptées que dangereuses. Chacun de nos renoncements nous rapprochent un plus rapidement vers des désastres majeurs.

Soyons, au contraire, les artisans du changement. À l’image du magnifique « Refuge » présenté par Olivier, et de toutes les actions que mènent chaque jour la LPO : création de mares, restauration de haies, pose de nichoirs, protection d’espèces menacées, mobilisation contre des projets destructeurs… Autant d’initiatives concrètes qui démontrent qu’un autre chemin est possible.

C’est par une mobilisation forte, collective et déterminée que nous pourrons inverser cette trajectoire, trop souvent dictée par des intérêts économiques de courts termes plutôt que par l’intérêt général.

La sauvegarde du vivant est aussi celle de notre propre humanité. Elle exige aujourd’hui bien plus que des discours : elle appelle notre engagement.

Et si cette colère avait, une utilité ?

Une étude publiée dans 𝑇ℎ𝑒 𝐽𝑜𝑢𝑟𝑛𝑎𝑙 𝑜𝑓 𝐶𝑙𝑖𝑚𝑎𝑡𝑒 𝐶ℎ𝑎𝑛𝑔𝑒 𝑎𝑛𝑑 𝐻𝑒𝑎𝑙𝑡ℎ montre que l’éco-colère constitue souvent un puissant moteur d’engagement. Les personnes qui expriment cette colère participent davantage à des actions en faveur du climat et de la biodiversité et présentent, en moyenne, un meilleur bien-être psychologique que celles dont la réaction est dominée par l’éco-anxiété ou l’éco-dépression.

𝐋’𝐞𝐧𝐣𝐞𝐮 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐝𝐨𝐧𝐜 𝐩𝐚𝐬 𝐝𝐞 𝐧𝐢𝐞𝐫 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐜𝐨𝐥𝐞̀𝐫𝐞, 𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐝𝐞 𝐬𝐞 𝐦𝐨𝐛𝐢𝐥𝐢𝐬𝐞𝐫 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥’𝐞𝐧𝐯𝐢𝐫𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐭 𝐥𝐚 𝐛𝐢𝐨𝐝𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬𝐢𝐭𝐞́. 𝐀𝐫𝐫𝐞̂𝐭𝐨𝐧𝐬 𝐝𝐞 𝐬𝐮𝐛𝐢𝐫 𝐞𝐭 𝐚𝐠𝐢𝐬𝐬𝐨𝐧𝐬.

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2667278221000018?fbclid=IwY2xjawTdbqZwZG9mAWV4dG4DYWVtAjEwAGJyaWQRMGh0bThlYUJwU1MwU3c0bkhzcnRjBmFwcF9pZBAyMjIwMzkxNzg4MjAwODkyAAEe4k1Cdn2U0WJB9-cjmUAWFc0bzQY4BkoW_xbci4v33jzUV_nA9CCyfYI-nhY_aem_11w-JFmSYX0J8Nfer4oQSA