De mars à août 2026, les bénévoles et salarié.es de la LPO AuRA en Drôme-Ardèche scrutent le plateau ardéchois à la recherche des couples de Pie-grièche grise. Une saison riche en observations, qui permet de mieux connaître cette espèce discrète.
Dès le 5 mars, les premières prospections ont débuté sur le plateau ardéchois. Au total, 25 sites ont été prospectés, permettant de recenser 15 couples de Pie-grièche grise, dont 10 en reproduction certaine et 5 en reproduction probable. Trois nouveaux sites de reproduction ont été découverts sur les communes de Coucouron et de Lavilatte.
Sur le plateau ardéchois, les nids observés cette année étaient principalement installés à plus de 5 mètres de hauteur, dans des alignements d’épicéas ou de sapins, ou dans des pins sylvestres isolés. Deux autres nids ont été trouvés dans une haie d’aubépines. Dans tous les cas, les couples étaient installés à proximité immédiate de zones de chasse ouvertes : prairies permanentes destinées à la fauche du foin ou au pâturage bovin, délimitées par des clôtures, indispensables à la chasse à l’affût.
Cette année, l’équipe a pu suivre de près six nichées, qui ont mené au minimum 16 jeunes à l’envol. Les épisodes climatiques de fortes chaleurs, les faibles précipitations et le faible enneigement en début de saison ont probablement facilité la reproduction de l’espèce en moyenne montagne. Nous dénombrons peu d’échecs. Ces observations sont précieuses pour mieux comprendre la reproduction de l’espèce et l’évolution de ses populations sur le plateau, ainsi que pour valoriser l’espèce et sensibiliser les agriculteurs et exploitants du secteur.
Pour favoriser la dynamique de l’espèce, 12 perchoirs ont été installés depuis 2025 sur les prairies de fauche de la ferme du Pré de Mazan, sur la commune du Cros-de-Géorand, avec des hauteurs comprises entre 3 et 5 mètres. Ces prairies, à forte concentration de campagnols, se situent à seulement 300 mètres d’un site de reproduction de la Pie-grièche grise, qui utilise régulièrement le secteur comme zone de chasse. Répartis au sein même des parcelles de fauche, les perchoirs offrent ainsi des postes d’affût supplémentaires aux rapaces et à la Pie-grièche grise, favorisant une pression de prédation sur les rongeurs.
Cette action contribue à renforcer les fonctionnalités écologiques des prairies grâce à l’installation temporaire d’infrastructures agroécologiques, dans des secteurs où les arbres et arbustes sont encore peu développés au sein des haies plantées.


Un grand merci à Alban, Mathys, Chloé, Noé, Marie, Matti, Pierre, Amandine et Cléo pour leur investissement dans le suivi 2026 de la Pie-grièche grise.
Rédaction :
Cléo Mouclier, Volontaire en service civique “Ambassadrice de la biodiversité, oiseaux des milieux agricoles” et Thomas Chateigner, Chargé de mission Agriculture & Biodiversité