En Auvergne-Rhône-Alpes, chaque année, nous travaillons aux côtés des agriculteurs et agricultrices pour préserver les espèces et les milieux fragiles présents sur leurs exploitations, en construisant des solutions adaptées à chaque réalité de terrain.
En 2025, 551 exploitations ont été accompagnées. Derrière ce chiffre, il y a des rencontres, des diagnostics, des visites de parcelles et surtout une volonté commune : concilier production agricole et biodiversité.

Restaurer les milieux : haies et mares
Parmi les actions mises en place, la plantation de haies occupe une place importante. Cette année, 5 028 mètres de haies ont été plantés. Ces corridors écologiques abritent insectes pollinisateurs et auxiliaires de culture, limitent l’érosion des sols et structurent durablement les paysages agricoles.
Les zones humides ne sont pas en reste : 130 mares ont été créées ou restaurées. Ces milieux, qui disparaissent trois fois plus vite que les forêts, sont pourtant essentiels. Ils accueillent amphibiens, libellules, oiseaux et constituent de véritables réservoirs de biodiversité au cœur des exploitations.
Un couple d’agriculteurs dans le Cantal témoigne :
« On a voulu faire une mare pour continuer à améliorer la biodiversité après avoir planté des haies. »
Deux mares ont ainsi été creusées et réhabilitées sur leur ferme. Une continuité logique dans leur démarche, avec la volonté d’intégrer pleinement la faune et la flore à leur activité.
Dans le Puy-de-Dôme, Vincent, pépiniériste, partage la même vision :
« J’ai une certaine sensibilité pour l’accueil de la biodiversité et je voulais joindre mon métier et la nature. On commence à avoir beaucoup d’associations comme la LPO qui peuvent accompagner les agriculteurs vers des systèmes plus résilients. »
Ensemble, nous avons réhabilité une ancienne mare qui avait été comblée. Dès le départ, il souhaitait intégrer la biodiversité au cœur de son projet.

Protéger au moment clé : les travaux agricoles
Certaines actions se jouent à des périodes très précises. Au printemps et au début de l’été, nos équipes interviennent pour localiser et protéger les nids d’oiseaux nichant au sol, comme les busards cendrés ou les œdicnèmes criards.
Grâce au travail mené en lien étroit avec les exploitants, 381 nichées ont pu être sauvées d’une destruction involontaire par passage des engins agricoles en 2025. Adapter un passage de machine, retarder une coupe ou préserver une zone non récoltée peut faire toute la différence pour permettre aux jeunes oiseaux de prendre leur envol.

Accompagner vers des systèmes plus résilients
Au-delà des aménagements visibles, notre accompagnement porte aussi sur les pratiques agricoles. Cela inclut par exemple la gestion du parasitisme des troupeaux de manière respectueuse de l’environnement, en lien avec les éleveurs et les vétérinaires.
Un éleveur, accompagné pendant plusieurs années, explique :
« Dans notre métier d’éleveur, on travaille avec le monde du vivant : les sols, l’herbe, les vaches, le fromage.
La clé du système, c’est d’observer le vivant et de l’accompagner. Quelque part, je ne suis pas seulement éleveur bovin, je suis éleveur de micro-organismes qui me rende la santé animale et la qualité du fromage positive. »
L’accompagnement passe aussi par la transmission. Cette année, nos équipes ont animé 46 formations, auprès de publics variés : lycéens en filières agricoles comme agriculteurs et agricultrices. L’objectif est de partager des connaissances et des outils concrets pour mieux intégrer la biodiversité dans les pratiques agricoles.
Au-delà des chiffres, notre approche repose sur le dialogue, l’observation et la co-construction. Chaque ferme est différente. Chaque territoire a ses enjeux.
Ainsi, la LPO AuRA anime au niveau régional le réseau paysans de nature en partenariats avec une vingtaines d’autres associations locales de protection de l’environnement (CEN, FNE), de structures agricoles (ADDEAR, Fédération Régionale d’Agriculture Biologique) et d’établissements publics (PNR, Réserve, métropole). 19 groupes locaux constitués d’une gouvernance partagée entre paysan.ne.s, citoyne.ne.s et naturalistes échangent, expérimentent et valorise une agriculture favorable à la biodiversité.
L’agriculture fait partie de la solution. En accompagnant les exploitations vers des pratiques plus favorables à la biodiversité, on protège à la fois les espèces, les paysages et l’avenir de nos territoires.
