Alerte Bouquetins du Bargy : blocage du massif par les gendarmes en vue d’un abattage massif et indiscriminé

Publié le jeudi 8 octobre 2015 -->


Depuis ce matin, les informations se précisent : des gendarmes ont bloqué cette nuit toutes les routes d’accès au massif du Bargy, et le préfet de Haute-Savoie a décidé d’employer la manière forte pour tenter d’abattre presque tous les bouquetins du massif. Il n’y parviendra pas, comme ailleurs dans le monde où d’autres avant lui ont essayé de maitriser des épizooties en éradiquant les animaux sauvages. Plus la pression de tir augmente, plus les animaux et l’infection se dispersent : il faut savoir que plusieurs bouquetins du Bargy sont déjà passés dans les Aravis, et que le mouvement va s’amplifier, au risque de contaminer le massif des Aravis.

Les 2/3 des 400 bouquetins encore vivants sur le massif du Bargy sont sains, et à part une poignée d’animaux marqués en 2015, tous vont être abattus sur ordre du préfet, y compris les 60 cabris nés en 2015. Alors que les 14 experts qui ont travaillé 10 mois sous l’égide de l’ANSES ont clairement écrit que ce scénario "du préfet" n’était pas souhaitable, et qu’ils recommandaient plutôt une approche combinée sur quelques années, associant l’euthanasie progressive des animaux séropositifs, le marquage et la vaccination des bouquetins sains, et quelques mesures simples de protection des troupeaux domestiques sur le terrain.

Les experts affirment que sur le massif du Bargy, le risque de transmission de la brucellose au cheptel domestique est "quasi-nul" à "minime" et pour l’homme "nul" à "quasi-nul" et qu’on a plus de chance d’attraper la brucellose importée depuis l’extérieur de la France que sur le Bargy. Alors pourquoi des opérations massives et brutales ?

Le préfet n’a pas attendu le verdict du juge, l’audience du référé suspensif au tribunal administratif de Grenoble est programmée pour le lundi 19 octobre à 10h30.