Protection des amphibiens sur les sites d’écrasement - Bilan 2014

Publié le mercredi 24 juin 2015 -->


Contexte et objectifs

Bien que protégés par la loi, les amphibiens demeurent des espèces menacées comme l’attestent les listes rouges nationales et locales. L’une des causes de ce déclin est la dégradation et la disparition des milieux de vie à cause, entre autres, de l’urbanisation. En corollaire, le développement des infrastructures routières engendre la création de points de conflit localisés entre les habitats des amphibiens. Il en résulte une forte mortalité des amphibiens en période de déplacement. Ces écrasements parfois massifs sont de plus en plus pris en compte par les pouvoirs publics, qui développent désormais des actions de conservation en faveur des amphibiens.

L’identification des secteurs les plus problématiques permet désormais de cibler les zones d’intervention et de proposer des mesures adaptées et la carte des tronçons identifiés a été transmise à la DREAL et à la Région dans le cadre du schéma régional de cohérence écologique.

Au-delà des panneaux de signalisation et des barrières de protection dont il faut poursuivre la mise en place annuellement, il convient à présent d’accompagner les pouvoirs publics vers un aménagement durable des sites prioritaires pour la protection des populations d’amphibiens à travers la mise en place de solutions pérennes (passage à faune...).

Moyens et résultats

Le programme d’actions de 2014 tourne sur plusieurs aspects pour la protection des amphibiens : aide à la conception de passages à petite faune et suivi de chantier, protection des sites d’écrasements par pose de barrières et de panneaux (essentiellement bénévole, ou cofinancée au niveau départemental) et communication.

Tous les départements de Rhône-Alpes (sauf l’Ardèche) participent à la protection des amphibiens contre les écrasements, depuis maintenant plus de 15 ans.

Dans l’Ain, 4 sites sont équipés de filets de protection et sont suivis par la LPO Ain, d’autres associations, une communauté de communes et un syndicat intercommunal.
Des rencontres avec le service des routes du Conseil général de l’Ain ont eu lieu avec la LPO coordination Rhône-Alpes et un accompagnement du Syndicat intercommunal d’aménagement du bassin versant de l’Albarine par la LPO Ain a permis la réalisation de mares de substitution.
Deux articles de presse relatent l’opération dans des journaux locaux.

En Drôme, un seul site est suivi par des filets de protection. Des rencontres avec le Conseil général ont permis de définir des actions à mettre en œuvre sur ce site.
Un article est paru dans un journal local.

En Isère, la LPO Isère travaille avec le Conseil général de l’Isère sur la campagne de sauvegarde dans le département. Des associations locales se sont aussi investies dans cette opération. Sept sites sont équipés de filets de protection et six sites sont maintenant équipés de passages à petite faune sous la route.
Un communiqué de presse a été envoyé, et l’information a été relayée auprès des adhérents LPO.

Dans la Loire, 2 sites sont équipés de filets de protection, un passage à petite faune a été créé en 2014 sur un autre site. Des opérations de sauvetage par un club CPN sont menées sur 2 autres sites.
Un communiqué de presse a été envoyé en début de saison. Un reportage télévisuel a été diffusé sur la chaîne locale TL7 et au moins 3 articles ont été publiés dans des journaux locaux.

Dans le Rhône, un site est équipé de filets de protection, et un autre est équipé de passage à faune. Sur 3 autres sites sont organisées des opérations de sauvetage.
La LPO Rhône a rencontré le Conseil général en 2014, mais le Département se désengage, même sur le site de Tarare, suivi depuis 15 ans !
Un communiqué de presse a été envoyé et 2 articles ont été diffusés dans des journaux locaux.

En Savoie, la LPO, des associations et une communauté de communes suivent 6 sites équipés de filets de protection et 2 sites équipés d’un passage à faune.
L’opération a été inscrite à la campagne « fréquence grenouille » et un communiqué de presse a été envoyé.

En Haute-Savoie, 5 sites sont équipés de filets de protection (suivis par la LPO et des associations locales) et 1 site a été équipé d’un passage à faune en 2014. La LPO a travaillé avec le Conseil général, même si des difficultés sont apparues lors de la création du passage à faune.
Deux articles de presse ont été publiés dans des journaux locaux.

Perspectives

La problématique des écrasements d’amphibiens concerne l’ensemble de la région Rhône-Alpes. Depuis plus de 15 ans maintenant, pour tenter d’enrayer le déclin des populations d’amphibiens à cause des écrasements, les associations et certaines collectivités s’investissent dans la mise en place de mesures de protection. Bien souvent, ces mesures ne sont que temporaires et nécessitent une forte mobilisation bénévole. Des aménagements pérennes ont commencé à se créer en Rhône-Alpes, notamment grâce à l’investissement des Conseils généraux. Or, en 2014, nous constatons un retrait dans l’action et la motivation de la part des Départements. Les projets de passages à faune sont ainsi mis de côté, voire abandonnés.

Il est pourtant urgent de poursuivre les efforts dans la préservation des amphibiens contre les écrasements routiers. Cette préservation ne pourra être réellement effective que si elle est soutenue par les pouvoirs publics.

En 2015, comme les années précédentes, les LPO de Rhône-Alpes continueront à mettre en œuvre une énergie et de grands moyens humains pour arriver à préserver les amphibiens lors de leurs migrations, notamment pour les suivis de sites équipés de filets de protection.