Protection des amphibiens sur les sites d’écrasement



La protection des amphibiens sur les sites d’écrasement - Bilan 2015

Contexte et objectifs

En 2011, a été réalisée la cartographie des tronçons de route concernés par la problématique des écrasements d’amphibiens. Ces tronçons ont été hiérarchisés afin de déterminer les priorités d’intervention. Cette carte des tronçons identifiés a été transmise pour le schéma régional de cohérence écologique.

Sur une bonne part de ces sites identifiés, les associations de protection de la nature, mais aussi localement des collectivités, tentent de sauvegarder les populations d’amphibiens avec des barrières de protection dont il faut poursuivre la mise en place annuellement. Il convient également d’accompagner les pouvoirs publics vers un aménagement durable des sites prioritaires pour la protection des populations d’amphibiens à travers la mise en place de solutions pérennes (passage à faune...).

Moyens et résultats

Le programme d’actions de 2015 est similaire à l’année précédente. Il comporte plusieurs volets : aide à la conception de passages à petite faune et suivi de chantier, protection des sites d’écrasements par pose de barrières et de panneaux (essentiellement bénévole, ou cofinancée au niveau départemental) et communication.
Tous les départements de Rhône-Alpes (sauf l’Ardèche) participent à la protection des amphibiens contre les écrasements, depuis maintenant plus de 15 ans.

Dans le département de l’Ain, 6 sites ont été équipés par un système de barrières-pièges en 2015 par la LPO et par des collectivités. Les services du Conseil départemental de l’Ain sont intéressés pour continuer le travail sur la problématique des écrasements avec la LPO Ain et la LPO Rhône-Alpes. En parallèle, des solutions pérennes sont envisagées dans le cadre de contrats corridors sur au moins 2 sites du département.

En Drôme, sur le seul site suivi par des filets de protection, aucune mesure de conservation n’a pu voir le jour malgré les démarches de la LPO Drôme. La création d’un espace naturel sensible dans ce secteur pourrait participer à la sauvegarde des amphibiens.

En Isère, la LPO Isère travaille toujours avec le Conseil départemental de l’Isère sur la campagne de sauvegarde dans le département. Des associations locales se sont aussi investies dans cette opération. Sept sites sont équipés de filets de protection (suivis par la LPO et par d’autres associations) et 6 sites sont maintenant équipés de passages à petite faune sous la route. Un nouveau passage à faune est à l’étude.

Dans la Loire, les 2 sites suivis ont vu les projets de passages à faune être relancés par le Département de la Loire. La LPO Loire a pu apporter son expertise sur ces projets. Par contre, sur les sites où des bénévoles assuraient des sauvetages, aucun suivi n’a été réalisé en 2015, faute de pouvoir mobiliser suffisamment de personnes. La non-possibilité de réaliser des aménagements pérennes a démotivé les bénévoles.

Dans le Rhône, en plus du suivi par barrières de protection sur le site de Tarare, de nombreux sauvetages ponctuels sont réalisés par des bénévoles de la LPO Rhône sur 8 sites du département. Aucun nouveau passage à faune n’a été réalisé dans le Rhône en 2015.

Pour 2015, 9 sites ont été équipés de filets en Savoie. Ces sites sont suivis par la LPO et par d’autres associations, nécessitant est très forte mobilisation bénévole. En Savoie, aucun nouvel équipement n’a été réalisé en 2015.

En Haute-Savoie, le passage à faune débuté en 2014 a été terminé en 2015, avec le suivi de la LPO Haute-Savoie. La LPO a travaillé avec le Conseil général, même si des difficultés sont apparues lors de la création du passage à faune. La LPO Haute-Savoie suit 2 sites d’écrasements d’amphibiens dans le département ; 3 autres sites sont suivis par d’autres associations.

Cette année 2015, ce n’est que relativement peu de retours médiatiques qui ont été constatés sur l’ensemble des sites d’écrasements suivis par les LPO départementales. Faut-il y voir une lassitude des médias à cette opération reconduite annuellement ?

Perspectives

La problématique des écrasements d’amphibiens concerne l’ensemble de la région Rhône-Alpes depuis plus de 15 ans maintenant. Pour tenter d’enrayer le déclin des populations d’amphibiens à cause des écrasements, les associations et certaines collectivités s’investissent dans la mise en place de mesures de protection. C’est ainsi que des filets de protection sont installés chaque année le long de portions de routes dans la plupart des départements de Rhône-Alpes. Ces dispositifs ne peuvent être que temporaires. C’est pour cela que les LPO de Rhône-Alpes se mobilisent pour accompagner les collectivités territoriales (les Départements en tête car ce sont eux les principaux gestionnaires de routes) afin de mettre en œuvre des passages à faune, ou de travailler sur leurs faisabilités, voire d’autres moyens de protection pérenne (création de sites de reproduction avant la traversée de la route, déviations…). La réalisation de ces aménagements émane donc d’une politique volontaire de la collectivité concernée.

Pour l’année 2016, les LPO de Rhône-Alpes continueront la protection des amphibiens lors de leurs déplacements printaniers et continueront à accompagner les collectivités pour la recréation des continuités écologiques. D’autre part, cette prochaine année sera aussi l’occasion de mettre à jour les priorités d’actions sur les sites d’écrasements d’amphibiens. En effet, depuis la dernière mise à jour de 2011, des aménagements pérennes ont été réalisés et de nouveaux sites d’écrasements ont été découverts. Il y a donc nécessité de revoir les priorités, et ce dans l’ensemble de la région.

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Création d’un passage à faune sur le site d’écrasement de Cruseilles (Haute-Savoie)

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