Plan d’actions en faveur du Vautour percnoptère en Rhône-Alpes



Plan d’actions en faveur du Vautour percnoptère en Rhône-Alpes - Bilan 2015

Contexte et objectifs

Un premier Plan National d’Actions (PNA) a été conduit de 2002 à 2007. Un 2e plan a été établi sur 10 ans (2015-2024). L’objectif principal du plan est la constitution d’un réseau de placettes d’équarrissage pour favoriser la productivité des couples et inciter leur retour sur les sites vacants. Le suivi des sites et des oiseaux reste primordial pour la connaissance de l’espèce et mieux appréhender les menaces.

La LPO est coordinatrice du plan dans la région. Les partenaires techniques sont pour l’Ardèche la LPO Ardèche, le SGGA et l’ONF et pour la Drôme la LPO Drôme, Vautours en Baronnies et le Parc Naturel Régional du Vercors (PNRV).

Les actions sont réalisées grâce au soutien financier du Conseil Régional Rhône-Alpes, de la DREAL RA, des fonds NATURA 2000 (via le SGGA) et du Conseil Général 07 (site vacant classé en Espace Naturel Sensible). La LPO participe également au niveau national à des actions transversales (baguage des jeunes ...).

En 2015 la population française de vautour percnoptère est d’environ 90 couples dont 71 dans les Pyrénées et 16 dans le sud-est. La région Rhône-Alpes abrite en 2015, quatre couples (trois en Ardèche et un dans la Drôme) fournissant deux jeunes à l’envol (soit 0,5 jeune /couple).

Moyens et résultats

Dans la Drôme le suivi des oiseaux et la gestion des placettes (n=10) dédiées aux vautours (quatre espèces) incombent à Vautours en Baronnies, au PNRV et à la LPO 26. Leur approvisionnement représente par an plus de 170 tonnes de carcasses et 100 kg de déchets de boucherie.

En Ardèche, la LPO gère une placette structure et six placettes éleveur. Le SGGA a en charge trois placettes structure. Depuis 2012, l’approvisionnement annuel des placettes structure dépasse les 10 tonnes pour atteindre plus de 16 tonnes en 2015. Les placettes éleveur représentent quant à elles 6 tonnes. Le suivi des oiseaux (SGGA et LPO) révèle la présence de 3 sites occupés en 2015 dont un nouveau concernant un jeune mâle et une femelle née et baguée en 2010 à Goudargues (30) mais leur reproduction a échoué pendant la couvaison.

En 2015, au moins huit oiseaux en plus des trois couples ont été notés : les deux partenaires du site du Gard, quatre adultes et deux immatures. Dans la Drôme au moins 11 oiseaux en plus du couple ont été observés. Les surnuméraires représentent un minimum de 17 oiseaux en Rhône-Alpes.

La LPO assure une veille dans les comités de pilotage des sites « Gorges de l’Ardèche », « Gorges du Chassezac » et « Moyenne Vallée de l’Ardèche ». Des sites occupés et vacants étant présents sur ces sites N2000, la LPO les a intégrés dans la Zone de Sensibilité Majeur. Ces dernières intéressent les deux sites occupés en 2014 et six anciens sites. Dans la Drôme elles incluent les six sites occupés et anciens.

La LPO préconise la mise en place d’une ZPS sur les sites du Chassezac et de la Moyenne vallée de l’Ardèche afin de mieux informer les instances et les porteurs de projets de l’enjeu « Percnoptère » sur ces sites et d’apporter un levier supplémentaire (financier et technique) pour développer des actions en faveur de l’espèce.

Dans le cadre d’une convention ERDF/LPO RA, il a été neutralisé en Ardèche de 2009 à 2015, 106 poteaux. Ces travaux préservent en partie les sites occupés. De nouvelles neutralisations sont prévues sur St Remèze, mais aussi à proximité du site d’enfouissement des déchets (SICTOBA) fréquenté par l’espèce (Grospierres). Dans la Drôme, le partenariat ERDF/Vautours en Baronnies/LPO a permis d’aboutir à la neutralisation de plusieurs poteaux et câbles à Villeperdrix. Une étude technique pour la neutralisation de toute la ligne de Villeperdrix a été engagée par ERDF durant l’automne 2015 dans le cadre du programme LIFE+ GYP-CONNECT. Elle devrait conduire à l’enfouissement d’une partie de la ligne et la pose d’une nouvelle ligne avec un câble tressé unique.

Perspectives

Les connaissances acquises ces dernières années sur l’espèce, permettent de mieux caractériser les paramètres démographiques que sont la productivité et la mortalité. Les changements répétés de partenaires au sein des couples expliquent en partie la très faible productivité de certains couples. Ceci a un impact sur la dynamique de la population et freine la recolonisation de sites vacants par de nouveaux couples.

La conservation de l’espèce passe par la réduction des causes de mortalité et la réhabilitation de l’équarrissage naturel (placettes éleveurs). En cohérence avec les objectifs du PNA et au regard des potentialités disponibles en Ardèche et dans la Drôme, le développement du réseau de placettes reste une priorité pour la LPO et ses partenaires. Ces aménagements sont de véritables outils de facilitation dans les exploitations d’élevage, contribuent à limiter leur impact environnemental (bilan carbone par réduction de l’équarrissage industriel) et à sensibiliser les éleveurs sur le rôle réel des vautours dans les espaces pastoraux. Dans les Baronnies et en Ardèche le réseau de placettes éleveurs devrait s’étendre au fur et à mesure que des éleveurs volontaires se manifestent. Ceci doit être réalisé en favorisant une synergie locale impliquant divers acteurs (élus locaux, éleveurs, DCSPP, gestionnaires des espaces naturels, pratiquants des sports de nature, naturalistes...).

Les Zones de Sensibilité Majeur (ZSM) des sites occupés et vacants sont un outil important mais seraient beaucoup plus efficaces si elles étaient intégrées au réseau Natura 2000 et obtenaient le statut de ZPS ce qui permettrait éventuellement de mobiliser des fonds européens sur ces sites, notamment en constituant de nouveaux programmes LIFE incluant des actions sur les oiseaux.

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Vautour percnoptère sur une placette d’équarrissage naturel © LPO

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