Plan d’actions en faveur de l’Aigle de Bonelli en Rhône-Alpes



Plan d’actions en faveur de l’Aigle de Bonelli en Rhône-Alpes - Bilan 2015

Contexte et objectifs

L’aigle de Bonelli est l’un des rapaces les plus menacés en France. En 2015, un nouveau couple est cantonné en France (33 couples) et on note 38 jeunes à l’envol. En Rhône-Alpes on compte deux couples situés en Ardèche. Les principales causes de régression de l’espèce sont le fort taux de mortalité (électrocution, percussion de câbles, tirs), la réduction des habitats et le dérangement sur les sites de reproduction.
Le Plan National d’Action en faveur de cette espèce d’une durée de 10 ans (2014-2023) vise à réduire les causes de mortalité des adultes cantonnés sur les domaines vitaux et des jeunes erratiques sur les zones de concentration, ainsi que de maintenir l’attractivité et l’intégrité des sites vacants. L’objectif est de favoriser la productivité de la population par la stabilisation des couples, le développement de la population d’oiseaux surnuméraires (survie) tout en leur offrant la possibilité de trouver des sites vacants aptes à les accueillir pour former de nouveaux couples. L’Ardèche compte 8 sites vacants.

Moyens et résultats

Le suivi des oiseaux et des sites représente 223 heures (184 heures du salarié et 39 des bénévoles) dont 110 heures réalisés sur des sites vacants : Gorges du Chassezac, les Gorges de la Baume, le Cirque de Chauzon et Gras. Cette action a permis de noter le maintien des partenaires des deux couples.
La reproduction 2015 est plutôt faible avec deux jeunes à l’envol obtenus sur un seul site (site 16) alors que l’autre couple a subi un échec après éclosion (cause indéterminée). La productivité moyenne en Ardèche depuis 1990 est de 0,83 jeune par couple et par an avec une nette amélioration ces dernières années (2008-2015 : 1,5 jeunes/couple/an).
Le suivi des sites vacants de l’Ardèche n’a pas apporté d’observation. Les observations d’oiseaux erratiques dans la Drôme (observations en 2015) témoignent de l’attractivité du sud de la région Rhône-Alpes sur cette espèce.
La LPO RA a participé comme chaque année au programme national d’amélioration des connaissances des domaines vitaux des couples. En 2015, la femelle du site 16 des Gorges de l’Ardèche a été équipée d’une balise solaire GPS/GSM Microwave qui devrait permettre de suivre l’oiseau durant 12 à 18 mois.
Suite à la convention signée en 2005, le partenariat entre la LPO RA et ERDF Drôme-Ardèche a permis la neutralisation de 106 poteaux entre 2009 et 2015 dont 12 en 2015. Ce programme concerne une partie des domaines vitaux des 2 couples d’aigles et 50% de la ZPS de Basse-Ardèche.
Le programme en faveur du lapin de garenne (LPO RHÔNE-ALPES, SGGA, FDC07, FDC 30, ONF07, associations de chasse) s’est poursuivi en 2015 avec notamment le 11/12/15 l’organisation d’une réunion et visite sur le terrain réunissant les fédérations de chasse de l’Ardèche et du Gard mais aussi les associations de chasse des communes concernées. Les suivis "Lapin de garenne" par relevé d’indices de présence sur les lieux de renforcement de population ont été réalisés.
Plusieurs réunions et rencontres ont eu lieu visant à favoriser la prise en compte de l’aigle de Bonelli sur les sites N2000 et les ENS qui concernent les deux sites occupés (Gorges de l’Ardèche) et au moins cinq sites vacants (Baravon, Rimouren, Chassezac, Cirque de Chauzon, Gorges de la Baume).
En 2015, la LPO Rhône-Alpes et ses partenaires (SGGA, LPO 07, ONF 07, CG07 : ENS-Site B4) ont été soutenus par la Région Rhône-Alpes, la DREAL Rhône-Alpes, les fonds NATURA 2000 (via le SGGA) et du Département de l’Ardèche (site vacant –ENS). La LPO Drôme a assuré le suivi et la saisie des observations des oiseaux dans ce département.

Perspectives

Avec 33 couples et 38 jeunes à l’envol en 2015, la population français d’aigle de Bonelli montre des aspects positifs et témoigne de l’adaptabilité relative de l’espèce face à certaines contraintes. Toutefois, les suivis menés chaque année mettent en exergue le rôle néfaste des destructions directes en lien avec certaines activités humaines et la réduction des habitats (urbanisation, industrialisation, artificialisation). Les politiques publiques doivent être cohérentes avec les objectifs du plan national d’actions qui fera l’objet d’une première évaluation au bout de ses 5 ans d’existence (2018). En Rhône-Alpes le partenariat avec ERDF doit être optimisé en réalisant de nouveaux diagnostics des poteaux à risque afin de permettre à ERDF de neutraliser un plus grand nombre de poteaux chaque année. Après la relance des actions en faveur du lapin de garennes (SGGA, FDC 07 et 30) les réalisations concrètes doivent être menées en 2016 de façon coordonnées entre les partenaires.


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