Participation aux débats sur les stratégies de l’État concernant les espèces sauvages

Publié le mercredi 4 juin 2014 -->


En 2013, un des principaux dossiers a été celui des vautours, ces équarrisseurs naturels efficaces, décriés par méconnaissance…

Sous l’action des naturalistes, des gestionnaires d’espaces naturels et des pouvoirs publics, les différentes espèces de vautours reconstituent progressivement leur population sur des sites abandonnés depuis plusieurs décennies en Rhône-Alpes.

Répondant à des stimuli précis (immobilité totale et prolongée d’un animal avec absence de réaction à leur approche), les vautours se nourrissent d’animaux morts. Un animal sain et en pleine possession de ses moyens laisse les vautours indifférents. Dans des cas très particuliers et rares, les vautours fauves peuvent intervenir « ante mortem » (juste avant la mort) sur des animaux d’élevage dont l’immobilisme et leur absence de réaction, leurrent les vautours, les incitent à consommer entraînant la mort par hémorragie. Les cas les plus connus font suite à certaines pathologies foudroyantes, à des mises-bas pathologiques ou à des attaques de canidés. Dans certaines conditions, les circonstances peuvent être trompeuses et entraîner l’éleveur à penser que les vautours ont attaqué son cheptel.

Dans un souci d’ordre public, le Ministère de l’environnement a mis en place une procédure de gestion de crise décrite dans la circulaire du 16 juin 2011. Cette dernière engage les préfets de région et de département à mettre en œuvre différentes mesures visant à concilier vautours et activités d’élevage. De tous les départements de Rhône-Alpes et de PACA, seule la DDT de la Savoie avait mis en place en 2011 cette procédure. C’est pourquoi en 2013, un ensemble de structures (associations, Parcs nationaux, Parcs régionaux, Conservatoires, Réserves naturelles) ont participé à la rédaction d’un courrier adressé aux préfets des deux régions leur demandant une application rapide des mesures de la circulaire : cellule opérationnelle de veille, formation ad hoc de vétérinaires pour la réalisation d’expertises, formation
sur la biologie des vautours, plan de communication auprès des éleveurs…
Ce courrier, co-signé par le réseau de la LPO Rhône-Alpes, la LPO PACA, ASTERS, le SGGA et Vautours en Baronnies, a été envoyé le 11 juillet 2013.

Parallèlement à ce courrier, en 2013, la DREAL et l’ONCFS ont sollicité la LPO Rhône-Alpes et la FRAPNA pour participer à une relecture de la plaquette « Cohabitation vautours fauve et éleveurs » pour l’arc alpin. Les deux associations ont travaillé ensemble et apporté des contributions importantes sur la forme et le fonds des textes, afin d’écarter toute approximation.

Les interventions de la LPO Rhône-Alpes dans ces deux dossiers témoignent de sa forte implication dans la conservation du vautour fauve. Elles traduisent le souci de la LPO Rhône-Alpes de communiquer et d’informer le monde agricole et le grand public sur le rôle des nécrophages en général. Pour la LPO Rhône-Alpes, il faut tout faire pour mettre en œuvre des mesures concrètes de gestion de crises et pour une meilleure prise en compte de l’équarrissage naturel dans les systèmes d’exploitation d’élevage.