Mission Montagne



Bouquetins du Bargy : vers une sortie de crise « par le haut » ?

Du fait de l’épizootie de brucellose qui a été mise en évidence début 2012 dans un élevage bovin du Chinaillon, ainsi que sur deux cas humains, soignés depuis, plus de 400 bouquetins ont été abattus dans le massif du Bargy en Haute-Savoie, sur un effectif initial maintenant estimé à environ 600 individus. Il s’agit pourtant bien là d’une espèce protégée et non chassable.

Après qu’une vaste opération d’abattage de 230 bouquetins ait été lancée par le préfet de Haute-Savoie à l’automne 2013, avec pour résultat une désorganisation des hardes et une augmentation de l’infection chez les jeunes bouquetins, la LPO et plusieurs associations nationales ont saisi l’ANSES, en septembre 2014, afin que la situation sur le Bargy soit réévaluée. Le rapport des 14 experts évalue divers scénarios et montre que le risque de transmission interspécifique et vers l’homme est quasi nul à minime, et que des combinaisons de mesures seraient vraisemblablement plus efficaces.

Le scénario soutenu par les milieux environnementaux et recommandé par le CNPN combine la surveillance des hardes sur plusieurs années, l’euthanasie sélective des bouquetins séropositifs, et la vaccination des animaux séronégatifs. La mise en œuvre de ce scénario permet de préserver les animaux sains, qui représentent environ les 2/3 des 300 bouquetins restant sur le massif du Bargy, et offre le plus de chances de résorber à terme l’épizootie.

Alors qu’un travail scientifique d’une ampleur inédite a été effectué sur le « cas Bargy », proposant des pistes solides pour enrayer l’épizootie, le préfet de Haute-Savoie a toutefois relancé en octobre 2015 une opération d’abattage total des bouquetins non marqués en 2015 ; 70 bouquetins ont été ainsi abattus de manière indiscriminée. Les tirs ont été suspendus par décision du ministère de l’Écologie suite à une très forte mobilisation de citoyens et d’associations environnementales.

Nous avons demandé à la ministre de l’Écologie, avec la Fondation Nicolas Hulot, qu’une médiation environnementale soit enfin mise en œuvre afin d’aboutir à des mesures équilibrées, favorisant à nouveau une cohabitation apaisée entre la faune sauvage et les activités pastorales sur le massif du Bargy.

Jean-Pierre CROUZAT

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Les galliformes de montagne, le lièvre variable et la marmotte, espèces patrimoniales

La préservation du lagopède alpin, du tétras-lyre, de la gélinotte des bois, de la perdrix bartavelle, du lièvre variable et de la marmotte dans nos massifs alpins est un enjeu fort pour la LPO Auvergne-Rhône-Alpes.

Depuis plus de 5 ans maintenant, suite à la critique du calcul des attributions pour la chasse au tétras-lyre et à une demande de ne plus chasser ces espèces dans les réserves naturelles notamment, la LPO Auvergne-Rhône-Alpes a diversifié son action en faveur de ces espèces.

Elle a contesté en 2014 devant le tribunal administratif de Grenoble les arrêtés d’ouverture et de fermeture de la chasse des ces espèces dans les départements de la Drôme, de l’Isère, de la Savoie et de la Haute-Savoie. Les jugements rendus les 11 et 15 février 2016 ont débouté la LPO Auvergne-Rhône-Alpes : https://rhone-alpes.lpo.fr/actualites-112/article/communique-de-presse-la-chasse-des-galliformes-de-montagne-et-du-petit-gibier

Néanmoins, en vue des prochaines périodes annuelles de chasse, une nouvelle réflexion doit aujourd’hui être entamée avec les services de l’Etat, les fédérations départementales de chasseurs et les autorités européennes avec l’instauration de quotas de prélèvements voire l’arrêt de la chasse pour les espèces les plus vulnérables comme le lagopède alpin, ou le tétras-lyre dans le département de la Drôme.

Une coordination départementale galliformes de montagne a vu le jour à la LPO Isère. Plus de 35 bénévoles consacrent leur temps libre au suivi de ces espèces. Un groupe s’est aussi constitué en Haute-Savoie.

Grâce au soutien financier de la LPO France, la LPO Auvergne-Rhône-Alpes a pris en contrat de professionnalisation un étudiant en Master 2, Emilien Maulavé, de septembre 2015 à août 2016. Plusieurs missions lui ont été confiées :

  • La participation à la révision de la liste rouge nationale des galliformes de montagne : travail déjà effectué, il a aussi participé à la mise en œuvre de la liste des statuts de conservation de la faune sauvage de l’Isère
  • L’écriture d’un état précis du statut de conservation du lagopède alpin et des préconisations pour sa protection
  • Une étude acoustique expérimentale pour la reconnaissance par le chant des mâles de tétras-lyre
  • L’analyse des protocoles de suivi de ces espèces
  • L’animation d’un réseau national naturaliste galliformes de montagne

La LPO Auvergne-Rhône-Alpes a pris l’attache d’experts scientifiques pour l’accompagner dans ces études, notamment le Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN) avec qui une convention de partenariat spécifique a été signée.

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