III. « Le bon état » mobilise-t-il ?

Publié le lundi 3 février 2014 -->


Allocution d’ouverture de la deuxième journée du séminaire

Mr. Jean SERRET, Président de la Communauté de communes du Val de Drôme



1) Le bon moment pour se mobiliser


Démantèlement des ouvrages sur le bassin versant de la Coise : une concertation de longue haleine

Emilie DUFAUX, SIMA Coise


Résumé

La Coise représente 320 km² de bassin versant qui draine les Monts du Lyonnais entre les départements du Rhône et de la Loire. 61 ouvrages occupent les 200 km de cours d’eau, dont beaucoup sont non entretenus. Ces ouvrages provoquent une augmentation de la température (25 °C pour une rivière de première catégorie), de l’envasement, une modification de la dynamique de la rivière et des peuplements piscicoles.

Le premier contrat de rivière (1995) prévoyait la restauration de tous les ouvrages. Cependant, en 2003, le constat d’un important colmatage appelle un programme d’actions qui propose :

  • La suppression des ouvrages
  • Leur confortement
  • L’intervention pour les rendre franchissables
  • l’inaction

L’option du démantèlement, appuyée par le Contrat de Rivière de la Coise et la DDT Loire se heurtait pourtant à la baisse des moyens financiers subie par les élus, aux droits d’usage de l’eau, à l’attachement sentimental et surtout à la volonté des pêcheurs de conserver des coins de pêche.

Des travaux de démantèlement se sont pourtant opérés au gré des opportunités et des dégâts des crues. Les moyens financiers nécessaires au démantèlement des infrastructures sont dérisoires (3000 €) par rapport à ceux nécessaires pour les reconstruire.

Après quelques projets de démantèlement et le développement des Truites, le monde de la pêche est de moins en moins opposé aux futurs projets de démantèlement.


Sauvegarder nos rivières sauvages

Georges EMBLANC, Rivières Sauvages


Résumé

Le « Fond pour la conservation des rivières sauvages »est né du constat d’une dégradation des rivières, une insuffisance de réglementation et une inadaptation des outils existants.

Il a pour objectif d’élaborer un label « Rivière Sauvage » qui créerait une valeur économique pour les rivières préservées. Ce label serait certifié pour assurer sa pertinence (AFNOR, ECOCERT). Le fond vise aussi à organiser un lobbying pour mobiliser les financements. Ce fond de dotation ne peut recevoir que de l’argent privé, mais ses deux structures porteuses (European River Network et WWF) peuvent recevoir des fonds publics.

La commission scientifique de ce fond élabore une grille de critères qualitatifs et quantitatifs, ces derniers reposent sur l’hydromorphologie, l’occupation des sols, la qualité de l’eau, la biodiversité ou la fréquentation humaine. La commission réfléchit encore à la manière de considérer les « obstacles à l’écoulement ».

3 niveaux de labels, allant au-delà du « Bon état » défini par la DCE, seront proposés.

4 bassins pilotes sont étudiés en France (dont la Valserine et le Chéran). Le fond leur apporte une expertise, un financement pour mener des actions, un renforcement de l’animation, une aide à l’agriculture biologique ou bien des formations.

Ces bassins ne sont pas éligibles au contrat de rivière car ils ont déjà atteint le « Bon état », le fond pour la conservation des rivières sauvages milite pour la création d’un contrat de rivière sauvage.


2) Veillons ensemble au bon état


Amélioration des connaissances naturalistes : démarches et outils collaboratifs

Julien GIRARD-CLAUDON, LPO Rhône-Alpes


Résumé

L’amélioration des connaissances passe d’abord par une collecte des observations naturalistes. Celle-ci s’opère lors de prospections qui peuvent être libres ou ciblées sur des espèces ou des milieux dans le cadre de programmes ou de partenariats.

La LPO Rhône-Alpes mène ainsi des prospections ciblées dans le cadre du Plan Régional d’Actions en faveur de la Loutre (notamment récolte d’épreintes) ou bien contribue aux inventaires STOC EPS. Elle agit également en partenariat avec la Direction Régionale des Routes pour réaliser des prospections chauves-souris dans les ouvrages d’art (ponts).

Les données alors récoltées doivent ensuite être transmises. Les sites VisioNature, proposés par chaque section LPO de Rhône-Alpes, facilitent cette étape. Certains modules permettent de saisir des données spécifiques, notamment des détails concernant l’origine de la mortalité ou bien des détails sur le statut biologique des oiseaux (nicheur, hivernant…).Tout observateur (technicien de rivière, citoyens, …) peut contribuer à cette récolte de données naturalistes.

Enfin, ces données doivent être valorisées. L’exploitation des bases de données permet de restituer des cartes pour le grand public ou bien des cartes spécifiques (par espèces, par périmètres – de contrats de rivières ou bassins versant par exemple).


Un réseau de veille : les sentinelles de l’ environnement

Marion DAOLIO, FRAPNA


Résumé

Pour mener son travail de veille écologique, la Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature s’appuie sur un réseau d’associations locales, de correspondants bénévoles et sur une équipe de salariés techniciens et juristes. Elle est également en contact avec les collectivités et les services de l’Etat, est représentée auprès des instances officielles (CLE, CODERST…) et intervient dans l’élaboration des documents publics en tant que personne publique associée ou lors des enquêtes publiques.

La FRAPNA a développé les « sentinelles de l’environnement » pour impliquer les citoyens dans la veille :

  • Alerte : La FRAPNA a édité un guide pratique pour la prévention des atteintes à l’environnement (qui explique les démarches à faire) ainsi que des petits guides thématiques qui permettent aux bénévoles, citoyens et élus d’aller plus loin.

Elle organise des réunions d’information, des formations et des chantiers nature.

Elle projette de diffuser une interface cartographique web de dépôt d’alerte.

  • Analyse : La FRAPNA analyse les atteintes et peut faire appel à un relai local.
  • Intervention : La FRAPNA propose d’abord une démarche amiable avec le responsable de l’atteinte, ensuite elle peut prévenir le gestionnaire du site ou les services de l’Etat.

Elle peut aussi conduire une démarche contentieuse (porter plainte ou se constituer partie civile) après avoir fait constater l’infraction par un agent. Ceci peut conduire à une sanction administrative (arrêté préfectoral de mise en demeure pour régulation ou remise en état) ou pénale.

En 2011, la FRAPNA a reçu 300 alertes, elles concernent surtout des atteintes aux milieux aquatiques (infractions à la loi sur l’eau, extractions illégales, déchets, pompages…).

L’objectif de la veille citoyenne est que les citoyens deviennent autonomes dans les démarches et qu’ils puissent agir de manière préventive.


Première session d’échanges avec la salle de la troisième partie


Résumé

Question gestion cours d’eau
Sur la Coise, les interventions ont été priorisées suivant une logique de l’aval à l’amont et selon les secteurs les plus favorables.

Question Veille environnementale
Les relations entre associations et agents « constatateurs » s’effectuent soient via les correspondants locaux qui ont des contacts privilégiés, soit au niveau départemental auprès de la préfecture ou de l’ONEMA.

Question Label
Le Label Rivières Sauvages sera valorisé via des présentations dans les PNR ou par un film sur « rivières sauvages » financé et diffusé par un fabricant de matériel de pêche.

Le fond de dotation pour les Rivières Sauvages vise à récupérer de l’argent privé et le mettre à disposition de projets novateurs.
Agir est important car les rivières les plus sauvages ont un fort potentiel hydro-électrique et les lobbies cherchent à réduire le classement des cours d’eau.

Le mode de gouvernance devrait permettre d’impliquer les gestionnaires dans les démarches vertueuses et ainsi améliorer les tronçons non labellisés.
Pour les cours d’eau en tête de bassin versant, il y aura possibilité de regroupement pour atteindre le seuil de 10 km de cours d’eau.


3) Des outils pédagogiques sur les territoires


La rivière corridor d’efforts : présentation de l’outil pédagogique

Gaëlle SOUSBIE, LPO Haute-Savoie - Réseau Empreintes


Résumé

La malle « la rivière un corridor d’effort » à été créée en partenariat avec trois structures Appollon, CPIE Bugey Genevois, Centre de la Nature Montagnard, coordonnées par le réseau Empreinte. Cet outil est utilisable pour des enfants à partir du cycle 3 au lycée ainsi que pour le grand public.

Le but est de découvrir les dangers qui entourent une espèce fréquente et connue : la Truite.

La malle, de taille assez imposante, a initialement été prévue pour des événementiels.

Plusieurs équipes sont constituées pour l’animation (élus, citoyens, élèves…). Chaque équipe tentera d’atteindre la source en remontant la rivière avec un maximum de truites vivantes. A chaque obstacle (salage routier, pollution industrielle, pêche…), il faudra identifier le problème et imaginer une solution pour passer.

L’objectif est atteint si suffisamment de truites arrivent au lieu de reproduction.

Une carte postale est envoyée à chaque participant. Elle leur rappelle les changements de comportements sur lesquels ils se sont engagés à la fin de l’animation.


Guide des milieux aquatiques et des espèces associées en zone urbaine

Marie LAMOUILLE-HEBERT, FRAPNA


Résumé

Les milieux aquatiques sont les garants de notre ressource vitale, des barrières naturelles d’atténuation des crues et des filtres pour une bonne qualité de nos eaux de consommation.

Le guide des milieux aquatiques et des espèces associées en zone urbaine a été réalisé pour transmettre au plus grand nombre des connaissances sur la nature à proximité de chez soi.

Cette cohabitation avec des milieux naturels complexes et fragiles, oblige chacun à s’investir dans une gestion responsable de son environnement.

A travers la description des espèces, de leurs milieux et des menaces qui pèsent sur elles, ce guide présente différentes expériences qui ont su concilier aménagement et préservation de la biodiversité.


Malette pédagogique « La forêts au fil de l’eau »

Vincent BREUZARD, Gère Vivante


Résumé

Depuis de nombreuses années, l’association des amis de l’île de la platière, le centre d’observation de l’île du Beurre et l’association Gère Vivante travaillent ensemble à la préservation de la nature le long du Rhône.

Ces trois structures ont décidé d’élaborer un outil commun permettant de proposer un projet cohérent aux écoles, allant au-delà des actions conduites en partenariat avec le syndicat de rivière « Rhône-Pluriel » dans le cadre du Contrat de Développement Durable.

Cet outil pédagogique, abordant les forêts de bord de cours d’eau avait pour objectifs de :

  • Sensibiliser sur l’importance des forêts de bord de cours d’eau (quelles sont leurs spécificités, richesses et menaces),
    *- Proposer un projet pédagogique cohérent sur 3 sites avec 3 structures différentes,
  • Montrer que ces structures travaillent ensemble

Plus de 2 ans ont été nécessaires pour élaborer le projet à travers plusieurs étapes :

  • Harmonisation de la vision du thème et des objectifs pédagogiques,
  • Définition du déroulement général, partage des taches et création des outils,
  • Promotion et mise en place.

Composition du projet

Un classeur, destiné aux enseignants propose une présentation du projet, des pistes d’exploitation, des fiches activités et le détail des séances proposées.
Des livrets élèves, un kamishibaï et des jeux de cartes sont utilisées pour les séances.

Déroulement des 3 séances sur des sites différents

  • Découverte sensorielle de la réserve puis découverte du piézomètre et des crues,
  • Découverte des milieux et des espèces au travers de mimes et jeux de cartes,
  • Lecture de paysage et théâtre pour la dernière séance.

Chaque séance se termine sur un bilan.


Deuxième session d’échanges avec la salle de la troisième partie


Résumé

Question sur le Guide des milieux aquatiques et des espèces associées en zone urbaine
Ce guide a été diffusé par les sections départementales FRAPNA à 150 exemplaires. Il est aussi disponible sur internet. Il n’y a pas de retour sur le nombre de téléchargement mais sur l’intérêt du document qui réunit les enjeux espèces et humains et donne une vision complète des problématiques liées aux milieux aquatiques.
Le kit pédagogique « la rivière m’a dit » va être réédité.


Allocution de clôture - 1ère partie

Alain CHABROLLE, Vice-Président Conseil Régional



Allocution de clôture - 2ème partie

Marie-Paule de THIERSANT, Présidente de la LPO Rhône-Alpes