Troglodyte mignon

Publié le jeudi 28 février 2008


Troglodyte mignon Troglodytes troglodytes

Angl. : Wren
All. : Zaunkönig
It. : Scricciolo

Troglodyte mignon, photo France DUMAS© 2008
Troglodyte mignon, photo France DUMAS

Espèce holarctique, le Troglodyte mignon est très répandu en Europe, à l’exception du nord de la Scandinavie, ainsi que de la majeure partie de la Russie et de l’Ukraine. L’espèce est aussi présente au nord-ouest du continent africain, en Asie mineure et en Syrie. Les individus de France continentale appartiennent à la sous-espèce nominale avec quelques clines morphologiques, ceux de Corse sont attribués à la sous-espèce T. t. koenigs (Vaurie 1959).

En région Rhône-Alpes tout comme dans le reste de la France, cet oiseau ubiquiste est relativement commun, des plaines à l’étage alpin jusqu’à 2 800 m d’altitude. Il est cependant moins fréquent au sein des grandes zones de cultures telles la plaine de Bièvre (38), ou encore en Basse Ardèche, zone soumise à l’influence du climat méditerranéen peu favorable à l’espèce. De même sa présence est plus ponctuelle sur les versants sud des massifs isérois (Grandes Rousses) ; à l’ouest il a également régressé dans la partie sud de la plaine Forez (42). Ses effectifs régionaux pour la période d’enquête 1993-1998 sont compris entre 40 000 et 300 000 couples.

Troglodyte mignon, photo France DUMAS© 2008
Troglodyte mignon, photo France DUMAS

Le Troglodyte habite tous les milieux plus ou moins boisés pourvu qu’il y trouve une végétation basse et touffue. Aussi le rencontre-t-on dans les jardins et les parcs, dans les haies ou au sein des forêts. Il montre par ailleurs une nette préférence pour les sols frais et humides, ce qui explique qu’il soit plus fréquent à proximité des ruisseaux. Il est donc présent dans des milieux très divers, n’ayant pas tous la même potentialité d’accueil. Aussi trouve-t-on des variations de densité parfois très importantes, même à un niveau local. Ainsi en Rhône-Alpes, les peuplements fluctuent entre 1,5 et 7,7 couples pour 10 ha (dans le massif du Pilat - 42 : 4,8 couples pour 10 ha de sapinière ; en Haute-Savoie : 7,7 couples pour 10 ha de hêtraie pessière et 5,1 couples en pessière subalpine ; en Vanoise : 3,6 couples pour 10 ha de formations subalpines et absence de l’espèce en pinède sèche). Par ailleurs, la sédentarité de l’espèce dans nos régions a un effet important sur le nombre de couples nicheurs. En effet, le Troglodyte mignon est particulièrement sensible aux vagues de froid, un fort enneigement et surtout un gel persistant entraînant des pertes importantes. Après l’hiver 1962-1963, particulièrement rigoureux, l’effectif nicheur de la région lyonnaise a chuté de 85% ([R]). Cette espèce reste cependant globalement abondante.

Troglodyte mignon, photo France DUMAS© 2008
Troglodyte mignon, photo France DUMAS

Le Troglodyte se manifeste toute l’année par son chant très caractéristique, défendant ainsi son territoire pendant les quatre saisons ; les chants deviennent cependant plus rares en août, période de mue, et par grand froid. Le paroxysme de l’activité vocale est atteint entre avril et juin, période pendant laquelle le mâle est en pleine activité nuptiale. Le nid est situé à une hauteur variable, mais en règle générale près du sol. Il peut être construit entre des racines, accroché à du lierre grimpant, dans un trou de mur ou de rocher, dans un buisson touffu, dans un ancien nid d’hirondelle ou de cincle, parfois même dans des lieux insolites. Sa relative solidité fait qu’il pourra servir de gîte durant l’hiver qui suivra sa réalisation. La ponte a lieu entre avril et mai. La polygamie est fréquente chez cette espèce, certains mâles connaissant 2 voire 3 femelles au cours d’une seule saison de nidification.

Troglodyte mignon, photo France DUMAS© 2008
Troglodyte mignon, photo France DUMAS

En Rhône-Alpes tout comme dans l’ouest de l’Europe, le Troglodyte mignon est généralement sédentaire. L’hivernage s’effectue dans une large mesure au sein de la zone de reproduction, voire sur le même territoire. Tout au plus les individus montagnards effectuent-ils des déplacements s’apparentant plus à une transhumance qu’à une migration proprement dite. Les effectifs de l’espèce sont renforcés de novembre à février par des individus venant du nord de l’Europe hiverner en France, ce qui pourrait expliquer l’activité vocale assez constante des oiseaux locaux pendant le mois de novembre. On constate à partir de février ou mars une baisse de l’effectif, liée aux prémices de la migration pré-nuptiale mais résultant aussi des pertes hivernales. Le comportement polygame de cette espèce pourrait être une adaptation permettant de pallier les chutes de population.

Texte : Philippe Rimbert
Photos France DUMAS

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