Sterne naine

Publié le jeudi 28 février 2008


Sterne naine Sterna albifrons

Angl. : Little Tern
All. : Zwergseeschwalbe
It. : Fraticello

L’aire européenne de la Sterne naine, espèce cosmopolite, s’étend de Gibraltar à l’extrémité nord du golfe de Botnie et des côtes occidentales d’Irlande à la mer Caspienne. Cependant, cette répartition est loin d’être continue et reste lacunaire. Cette Sterne fréquente surtout les côtes, mais elle se reproduit également dans quelques vallées fluviales (c’est particulièrement le cas en France et en Pologne). Les populations les plus importantes se trouvent en Russie, Turquie et Italie, les effectifs européens se situant entre 29 000 et 49 000 couples (Tucker et Heath 1994).

En France, en dehors de la vallée de la Loire et du littoral méditerranéen, il n’y a que quelques couples nicheurs en Bretagne, Normandie, Picardie (Muselet in [N]) et Ile-de-France (Siblet 1992). La Sterne naine a disparu des vallées du Rhin (Muller in C.E.O.A. 1989), du Rhône (Crespon 1840) et de la Durance (Salvan 1983), pour ne citer que les régions les plus proches de la nôtre. En Vaucluse (Olioso 1996), l’espèce n’a été observée qu’une seule fois depuis 1968. La population française se situe aux environs de 1 685 couples en 1998 (Dubois, Le Maréchal, Olioso et Yésou 2000) et la tendance est assez irrégulière, car si les effectifs baissent dans certaines régions, ils augmentent dans d’autres.

Pour la région Rhône-Alpes, Géroudet (1987 b) rapporte que des pontes ont été trouvées en 1879 et 1882 au delta de la Dranse, où “un couple fut encore observé par J. Burnier le 27 juin 1926.” Elle a également niché dans le département de la Loire (Brugière 1982), mais, contrairement à la Sterne pierregarin, elle en a maintenant disparu. Durant l’enquête de l’Atlas, 3 individus ont été vus le 6 août 1996 dans l’Ain. Ces observations ne permettent pas d’affirmer que la Sterne naine se reproduit encore dans notre région où elle n’est plus observée qu’une ou deux fois chaque année. En 1997, trois couples se sont reproduits dans une colonie de sternes pierregarins dans le département de Saône-et-Loire, à quelques centaines de mètres de sa limite avec la Loire (LPO Loire, comm. pers.). Les très rares données certaines ont été obtenues dans des sites fluviaux, les couples étant installés sur des bancs de galets dans le lit mineur d’un cours d’eau.

L’analyse des fiches figurant dans le fichier Rhône-Alpes montre que cette espèce a été observée entre le 16 mars (1995) et le 22 septembre (1995), surtout en mai, juin et juillet (maximum de 7 données en juin). Toutes les observations sont faites dans des régions de plaine. Près de la moitié proviennent de la Dombes et un peu plus du tiers du bassin lémanique. La plupart concernent des individus isolés, la seule exception notable étant une troupe de 8 individus le 20 août 1983 sur le Rhône devant le Pouzin (Ardèche).

Georges Olioso