Roselin cramoisi

Publié le jeudi 28 février 2008


Roselin cramoisi Carpodacus erythrinus

Angl. : Common Rosefinch
All. : Karmingimpel
It. : Ciuffolotto scarlatto

Présent dans la moitié nord du Paléarctique, essentiellement entre le 50ème et le 60ème parallèle, le Roselin cramoisi n’occupait jusqu’aux années 1960 que l’est de l’Europe occidentale (Fenno-Scandinavie, nord de l’ex-Allemagne de l’Est, Pologne, pays baltes…) ; il a toutefois engagé depuis une trentaine d’années une progression sensible. Ainsi, l’année 1986 marqua-t-elle le premier cas de nidification dans l’ouest ukrainien, 1987 aux Pays Bas, 1989 la première reproduction réussie en Suisse, 1993 en Belgique (Dubois in [N]). En 1992, la France fut atteinte à son tour, à la fois par le littoral du Nord-Pas de Calais et par le massif du Jura, où avait été cependant rapportée dès 1985 la découverte (et le prélèvement illégal !) du premier nid français (Pochelon 1992). Quelques autres chanteurs furent depuis lors découverts notamment en Alsace, dans les Hautes-Alpes puis en région Rhône-Alpes.

Ayant compté au moins 34 chanteurs en 1994, la population française paraît aujourd’hui en nette décroissance ; les sites du littoral du Nord et du Haut-Doubs semblent quasiment abandonnés (Dubois comm. pers.) et seul le Haut-Jura accueille régulièrement le Roselin, une dizaine de mâles cantonnés y ayant encore été notés en 2000. Le premier chanteur rhônalpin, un oiseau immature, fut observé les 10 et 11 juin 1991 à Publier (74) au delta de la Dranse (Dubois et C.H.N. 1992). Le 1er mai 1993, un adulte chantait (sans suite) au marais de Prévessin (01) (Dubois et C.H.N. 1995). Enfin, en 1997, la Haute-Savoie voyait les deux premiers cas de reproduction rhônalpins : à Sixt Fer à Cheval, dans la haute vallée du Giffre, un couple suivi du 18 juin au 12 juillet élevait 3 jeunes (découverts hors du nid le 12 juillet) et un second mâle était entendu les 29 et 30 juin (Desmet 1997). A St Paul en Chablais, sur les contreforts méridionaux du Léman, un couple accompagné de deux jeunes a été observé le 24 juillet de la même année (Desmet 1997). Ces deux sites présentent de réelles similarités avec le biotope de prédilection adopté dans le Haut-Jura et le Haut-Doubs puisqu’il s’agit dans tous les cas de zones agricoles assez ouvertes et fraîches, à l’habitat épars, localement humides et émaillées de prairies de fauche, de bosquets, d’arbustes, de zones à Reine des prés et à végétation palustre, de ruisseaux … En France, les premiers chanteurs s’installent dans la première décade de mai, chantent assidûment jusqu’en juin. Particulièrement discrètes, les femelles ne sont généralement observées qu’à la faveur des parades ou, plus fréquemment, au début de juillet lors des nourrissages et de l’envol des jeunes. A la fin du mois, les sites de nidification sont désertés.

L’avenir rhônalpin et peut-être français de l’espèce n’est pas assuré compte tenu de son déclin au niveau national, de l’absence de mention régionale depuis 1997 et de l’insuccès de diverses prospections engagées en des sites d’aspect pourtant favorable.

Pierre Crouzier