Pigeon colombin

Publié le jeudi 28 février 2008


Pigeon colombin Columba oenas

Angl. : Stock Dove
All. : Hohltaube
It. : Colombella

De catégorie faunistique euro-turkmène, le Pigeon colombin occupe toute l’Europe jusqu’au sud de la Scandinavie. Sa limite septentrionale passe par l’Oural moyen et la région de Tobalsk. Dans la région Rhône-Alpes, l’espèce est inégalement répartie. Au nord, elle occupe, avec une certaine homogénéité, les plaines du bassin rhodanien, du bassin lémanique à l’Est Lyonnais, et du Val de Saône à la Moyenne Vallée du Rhône. Ce district reste faiblement occupé. L’Atlas révèle aussi sa présence dans la Basse Vallée du Rhône, district non occupé a priori dans les années 1960-70. Ailleurs, sa répartition est plus sporadique, à l’exception de la plaine du Forez (42) et de la Basse Ardèche où le canyon de la réserve naturelle des Gorges abrite une population importante. L’espèce est aussi absente du massif alpin et sa distribution n’excède pas l’altitude de 1 200 m, 72 % des citations se situant entre 200 et 600 m.

L’habitat du Pigeon colombin est caractérisé par la présence de grands arbres creux ou de milieux rupestres souvent relativement chauds. Cavernicole, il recherche les cavités naturelles (vieux arbres creux, enfractuosités rocheuses) pour nicher et des milieux ouverts pour se nourrir. Quelques données nous permettent d’estimer localement ses densités : 6 couples sur 400 ha en mars 1990 à Dardilly (69), 57 sites rupestres (couple et/ou chanteur) sur 29,5 km de falaise dans les gorges de l’Ardèche (Mure 1993).

Le Pigeon colombin arrive chez nous dans la première décade de février (date moyenne : 7 février ; n = 12 années). En migration, il se mêle aux vols de ramiers. Dans la deuxième quinzaine de février, 18 % des pigeons au col de l’Escrinet sont des colombins. Ceux-ci se fondent ensuite dans les effectifs de ramiers bien plus importants en mars, et représentent au total 1,5 % du flux migratoire des pigeons (Duc et Lloret 1988). En migration postnuptiale, il représente 2 à 5 % des effectifs de pigeons au défilé de Fort l’Ecluse (01 et 74 ; Matérac et al. 1996). Ces données rejoignent celles obtenues sur les cols pyrénéens où le flux postnuptial est composé en moyenne de 1,9 % de colombins (Sagot et Tanguy Le Gac 1985). Deux reprises de bagues en période de migration postnuptiale concernent des oiseaux nordiques. Il s’agit d’un adulte capturé au nid le 9 août 1988 à Turun Ja Porin Lääni en Finlande et tué le 9 octobre 1991 à Nervieux (42) et un poussin bagué au nid le 17 mai 1990 sur le même site finlandais, tué le 28 octobre 1990 à St Paul les Romans (26). La reprise le 15 mars 1980 d’un oiseau en migration prénuptiale et bagué en Suisse est à mettre au passif de la chasse aux ramiers à Vesseaux (07), au pied du col de l’Escrinet.
Les premiers chants de Colombin se font entendre dès la mi-février (date moyenne : 16 février ; n = 7 années). Un chanteur atypique a même été entendu en décembre 1985 à Yvoire (74). La saison de reproduction est très étalée et comporte plusieurs pontes de 2 œufs.
Des rassemblements postnuptiaux ont été notés à Dardilly (69), avec 127 oiseaux dès le 15 juillet 1987, 133 le 17 septembre 1988, 70 le 9 septembre 1989 ; 50 individus ont été observés le 1er août 1990 à l’Ile de la Pape à Vaulx en Velin (69). L’hivernage est occasionnel dans les départements méridionaux et dépasse rarement la cinquantaine d’individus ailleurs : 50 le 20 janvier 1991 à l’Ile de la Pape (69), 50 le 20 novembre 1988 à Chens sur le Léman (74), 60 le 1er décembre 1985 à Vauchette (42).

Soumis à une forte pression cynégétique (comme l’ensemble des espèces gibiers migratrices) et victime de la disparition des arbres creux, le Pigeon colombin est en régression. Depuis le premier atlas régional, il a disparu de 14 districts et semble s’être considérablement raréfié en Plaine du Forez et en Dombes (01) qui constituaient ses bastions rhônalpins. Bien que nous manquions d’éléments sur la dynamique de cette espèce en Rhône-Alpes, il serait intéressant de favoriser la pose de nichoirs sur des lieux propices comme cela a été fait en Plaine de Bièvre (38) sur la commune de Colombe. Des expériences similaires ont été tentées et ont apporté des résultats convaincants en Belgique et en Suisse (Géroudet 1983 a).

Gilbert Duc