Phragmite aquatique

Publié le jeudi 28 février 2008


Phragmite aquatique Acrocephalus paludicola

Angl. : Aquatic Warbler
All. : Seggenrohrsänger
It. : Pagliarolo

Le Phragmite aquatique est une espèce paléarctique qui ne niche actuellement que sur une bande étroite, de la Pologne à l’est de la Russie, avec quelques stations isolées en Allemagne orientale, Hongrie, Roumanie, et Yougoslavie occidentale.

Alors que la disparition du Phragmite aquatique est avérée en Belgique dès le XIXième siècle, plusieurs auteurs le disent nicheur en France au XIXième siècle et au début du XXième, notamment Ogérien 1863 et Lavauden 1911). Le Phragmite aquatique nichait au bord du Rhin (Vansteenwegen in [N]) jusqu’à la fin du XIXième et se reproduisait également en assez grand nombre en Brenne et en Camargue. Comme ailleurs en Europe de l’ouest, une régression massive de l’espèce, due à la perte de ses habitats, a été observée au début du XXième et cet oiseau s’est alors replié à l’est de l’Europe. La dernière nidification française a été mentionnée au marais de St Gond près d’Epernay (51) en 1961. En Rhône-Alpes, selon Olphe-Gaillard (1855) et Bailly (1853-54), il était même assez commun en Dauphiné et Savoie, alors que le Phragmite des joncs était plus rare. Bernard (1909), estimait l’espèce assez rare dans l’Ain et la notait nicheuse à Villars et sur les bords de la Reyssouze et de la Veyle.

Il paraît donc possible que le Phragmite aquatique ait niché en Rhône-Alpes ; cependant on ne peut écarter une confusion entre les deux Phragmites qui sont des espèces très proches, et l’ensemble de ces données doit être traité avec prudence. Les données plus récentes correspondent parfaitement au statut connu en Suisse voisine (Winkler 1999) : le Phragmite aquatique est noté surtout en automne (six captures à l’Etournel (01-74) entre 1986 et 1992, étalées du 27 août au 12 octobre) et dans une moindre mesure au printemps : un à Birieux (01) le 9 avril 1988, un à Lapeyrouse (01) le 22 mars 1989, un chanteur au marais de Giez (74) le 28 avril 1980 et un autre à St Laurent du Pont (38) le 29 avril 1980. Mis à part ces chants sans suite (phénomène également noté en Suisse), l’espèce n’a fait l’objet d’aucune donnée de nidification récente et doit donc être considérée comme migratrice rare et discrète (les captures fournissent la plupart des mentions) et sur le déclin (en Suisse, moyenne de 10 oiseaux par an dans les années 1960, de 8 dans les années 1970, de 5 dans les années 1980 et de 2 entre 1990 et 1997 - Winkler 1999).

Jean-Baptiste Crouzier