Oie cendrée

Publié le jeudi 28 février 2008


Oie cendrée Anser anser

Angl. : Greylag Goose
All. : Graugans
It. : Oca selvatica

L’Oie cendrée, de catégorie faunistique paléarctique, est présente dans toutes les régions septentrionales et tempérées de l’Europe et de l’Asie. En Europe occidentale, l’espèce n’est bien répandue que dans les Iles Britanniques. Partout ailleurs (Belgique, France), des oiseaux ont été réintroduits avec plus ou moins de succès dans la seconde partie du XXième siècle.

En France, l’espèce (race nominale anser) se reproduit dans le Nord, le Pas de Calais, la Somme, l’Aisne, en Alsace, Loire-Atlantique, Vendée, Charente-Maritime, Gironde, dans les Bouches du Rhône (Camargue), la plupart des cas à partir de lâchers d’oiseaux, souvent originaires du Zwin (Belgique) (Riols in [N] ; Massez in Seriot 1999).

Dans la région Rhône-Alpes, des reproductions n’ont été constatées qu’en Dombes (01). Des oiseaux de la sous-espèce "orientale" rubrirostris ont été achetés au Parc Ornithologique de Villars par le propriétaire d’un domaine situé à Birieux. Sans que l’on sache très bien s’il s’agit d’une volonté délibérée de cette personne ou d’une évasion, ces oies n’ont pas tardé à s’installer sur des étangs proches et à se reproduire dès 1990 : 2 couples amènent 12 jeunes à l’envol. Ensuite, il ne semble pas y avoir eu de nidification en 1991, ni en 1992 malgré la présence continue d’une troupe comptant encore 36 oiseaux fin août 1992. En 1993, 2 (voire plus) nouvelles familles comptent 17 ou 18 jeunes. Après une situation inconnue en 1994, plusieurs cas de reproduction sont relevés en 1995 mais le nombre exact de jeunes n’a pas pu être déterminé. En 1996, 2 couples amènent 15 jeunes à l’envol. 1997 ne voit à nouveau aucun cas de reproduction. En 1998, un couple ne produit que 2 jeunes. 1999 voit la reproduction de 2 couples produisant 14 jeunes alors qu’en 2000, 4 couples produisent 16 jeunes. Les pontes sont déposées pendant un laps de temps assez court, entre le 15-20 mars (1996 et 1999) et le 10-15 avril (1993). Avec une moyenne de 5,84 jeunes par famille (n = 13), la Dombes s’avère très productive par rapport aux autres régions françaises puisque la moyenne nationale est seulement de 4,22 (n = 106 - Riols in [N]). Cette population férale oscille entre 40 et 80 oiseaux avant la saison de chasse. Passant une grande partie de celle-ci sur la réserve de Villars, ces oies atteignent souvent le printemps sans pertes excessives.
En dehors de ces oiseaux sédentarisés, des oies cendrées (des deux races) sont observées presque tous les ans dans notre région. Hormis 12 oiseaux à Pérouges (Plaine de l’Ain) le 4 août 1992 et un à Seyssel (01-73) à partir du 5 septembre 1992, les premiers oiseaux sont notés à partir de la fin de septembre (18 à Culoz - 01 - le 21 en 1997). Les groupes sont généralement inférieurs à 10 individus et ceux supérieurs à 20 sont très rares et n’ont été signalés qu’en Dombes avec des maximums sur la réserve de Villars : 81 du 27 septembre au 4 octobre 1997, hivernage d’une troupe atteignant 102 oiseaux le 8 février durant l’hiver 1984/1985. Au printemps, les oies partent en mars, avec des dates tardives du 27 mars 1987 à Sciez (74), du 30 mars 1991 à Lescheroux (01) et des mentions exceptionnelles du 4 mai 1982 (1 à Jonage - 69) et du 26 mai 1997 (1 à Massignieu de Rives - 01). L’origine de ces migrateurs n’est connue que par quatre reprises d’oiseaux bagués : 2 oies allemandes ont été retrouvées dans l’Ain et dans la Loire, 2 suédoises dans l’Ain et en Ardèche.

Avec seulement 47 couples ayant produit 134 jeunes en 1997 (Massez in Seriot 1999), la population française de l’espèce reste fragile. Sa pérennité semble liée à l’existence de réserves permettant de soustraire ces oiseaux à la chasse. En Dombes, l’augmentation du nombre de ces sites pourrait avoir un effet positif.

Alain Bernard
Pierre Crouzier