Niverolle alpine

Publié le jeudi 28 février 2008


Niverolle alpine Montifringilla nivalis

Angl. : Snow Finch
All. : Schneefink
It. : Fringuello alpino

Espèce paléomontagnarde, la Niverolle alpine occupe les hauts reliefs d’Europe, du Proche Orient et de l’Asie centrale. En Europe, elle niche dans la chaîne pyrénéo-cantabrique, l’arc alpin, la Corse, les Abruzzes et les Balkans.

En France, l’espèce, considérée comme une relicte glaciaire, est rare : Lebrun (in [N]) estime l’effectif national entre 2 000 et 4 000 couples nicheurs. En Rhône-Alpes, qui rassemble l’essentiel de la population française, avec une répartition irrégulière calquée sur celle du biotope dont elle dépend étroitement : bordures de névés, pelouses rases et rocailleuses des étages alpin et nival inférieur, entre 2 000 m et 2 800 m (altitude extrême : un oiseau observé le 5 août 1983 à St Christophe en Oisans - 38 - au dôme de la Lauze, à 3 500 m).

Les premières manifestations nuptiales sont constatées en mars : vol nuptial le 20 mars 1992 à Modane (73). La chronologie de la reproduction a été étudiée par Catzeflis ([R]) en 1973 et 1974 en vallée de Chamonix (74) : la construction du nid (une seule couvée sur les 5 couples suivis) débute vers le 25 mai, le début de l’incubation vers le 5 juin, les éclosions vers le 18 juin et la sortie du nid de jeunes vers le 6 juillet. En fait, si ces dates sont synchronisées au sein de la population étudiée, la chronologie varie en fonction de l’altitude.

En vanoise la période la construction du nid est comprise entre la mi mai à la mi juin. Juin et juillet sont les mois traditionnels consacrés à l’élevage (Lebreton et Martinot 1998). Celui ci peut avoir lieu jusqu’à la mi août. Au Reposoir (74), des nourrissages de poussins au nid (fréquence de 6 nourrissages/heure) ont été constatés le 24 juillet 1992, le 15 août (1988) au col du Lautaret (38). Dès l’envol des jeunes, des rassemblements se forment, témoignant d’un fort grégarisme (300 individus, l’effectif le plus important jamais noté en France, sur un névé le 16 juillet 1975 à Bonneval-sur-Arc - 73) ; en général, les troupes sont de l’ordre de quelques dizaines d’individus.

En hiver, nombre de niverolles restent en altitude : 6 individus par -10°C à la Plagne (73) à 2 800 m. Les effectifs affrontant les rigueurs hivernales de haute altitude sont importants : une centaine d’oiseaux le 31 octobre 1993 au refuge du Mont – Pourri (2500 m) en Haute- Maurienne (73) ; 105 individus le 13 novembre 1994 au col du Mône en Tarentaise à 2500 m également (Lebreton et Martinot 1998). Cet hivernage en conditions extrêmes est dépendant des stations de sports d’hiver où les oiseaux exploitent entre autres les dépôts d’ordures et les reliefs des repas laissés par les skieurs à proximité des remontées mécaniques. D’autres individus effectuent une transhumance, les menant dans les vallées et dans les massifs des Alpes externes, en particulier dans le Vercors, le Diois et le Haut Diois. Enfin, une migration entre les Alpes et le Massif central explique des observations hivernales régulières en Ardèche (par exemple 30 individus au Mont Mézenc le 7 janvier 1986), qui marque la limite occidentale de cette aire d’hivernage. Ces migrations peuvent occasionner lors du transit des observations dans des milieux inhabituels, comme à la Tour du Pin (38) le 21 janvier 1978, en vallée du Rhône à Crussol (Saint Péray - 07) le 12 mars 1982 ou encore à Chalmazel (42) le 19 avril 1985.

Bien que peu abondante dans une aire de répartition restreinte, la Niverolle alpine ne semble pas actuellement menacée.

Alexandre Renaudier