Mésange huppée

Publié le mercredi 27 février 2008


Mésange huppée Parus cristatus

Angl. : Crested Tit
All. : Haubenmeise
It. : Cincia dal ciuffo

En Europe, la Mésange huppée, espèce d’origine paléarctique, se trouve dans une grande partie du continent : au nord, la Scandinavie jusqu’au cercle polaire et une partie très limitée de la Sibérie occidentale ; elle est absente des Iles britanniques (exceptée une partie de l’Ecosse). Au sud, son aire de répartition descend jusqu’à une courbe qui passe par le sud de l’Espagne, le nord de l’Italie, de l’Ukraine et du Kazakhstan. Au sud de cette limite, elle niche dans deux massifs montagneux : les Carpathes et les Balkans. Elle manque dans les Apennins, la Corse, la Sardaigne et la Sicile. En France la population est comprise entre 10 000 et 100 000 couples (Yeatman 1976).

L’espèce se trouve dans tous les départements de Rhône-Alpes mais avec des effectifs très variables selon l’altitude. La carte régionale met en évidence de grandes différences dans la répartition de ces oiseaux : la Mésange huppée est rare et très localisée dans les zones de plaines et collines (bords des vallées de la Saône et du Rhône, ouest du département de l’Ain, moitié nord-ouest de l’Isère, moitié nord de la Loire, Ardèche et ouest de la Drôme). Elle est plus fréquente dans les zones d’altitude supérieure : Rhône, sud de la Loire, moitié sud-est de l’Isère et partie ouest de l’Ardèche. Plus à l’est, avec l’augmentation de l’altitude, les effectifs croissent et les espaces sont régulièrement occupés : partie est de l’Ain, Haute-Savoie, Savoie et est de la Drôme.

La Mésange huppée niche de 200 m à Saint Quentin Fallavier (38) jusqu’aux environs de 2 000 m aux Arcs 2000 (73) ; elle est fréquente en altitude dans les forêts de conifères ou mixtes. En plaine elle est plus rare et très localisée aux parcs et jardins où se trouvent des conifères et dans les plantations d’épicéas et de pins. En Haute-Savoie (Arve-Giffre), en hêtraie pessière de 900 - 1 400 m, la densité est de 5,2 couples / 10 ha et dans le Chablais en pessière de 1 400 - 1 700 m, elle est de 8,4 couples / 10 ha (Magnouloux 1975). A Annecy, en forêt mixte, à 450-650 m, la densité est de 1,4 couples / 10 ha (Sonnerat 1994). De très bonnes densités se rencontrent en Maurienne, dans les stations montagnardes de pins sylvestre et à crochet : 6,6 couples / 10 ha. Les autres conifères (sapin, épicéa, mélèze) abritent des populations moindres : 3,5 à 1,3 couples / 10 ha. ([R]). Cette affection très marquée pour les pins n’est pas partagée par la Mésange noire. Dans les boisements mixtes : hêtraies-sapinières, la Mésange huppée semble toujours plus rare que la Mésange noire, dans un rapport de l’ordre de 1 à 3 ou 4. La Mésange huppée n’est pas strictement inféodée aux résineux, elle niche également dans les vergers à l’écart des forêts (Normandie), dans les bois de frênes et de hêtres (avec sous-bois de buis) dans les Pyrénées (Spitz in [N]). En plaine, il s’agit d’une espèce irrégulière et disséminée en hivernage. Son arrivée se fait alors localement dès la fin du mois d’août.

En mars-avril, les couples se cantonnent et la femelle commence la construction de nid fait de mousse, de brins d’herbe, de lichens, de fragments de bois et d’écorce, de crins, de poils, de laine, etc. Il est placé dans une cavité naturelle ou un trou de pic. Parfois, la femelle creuse entièrement sa loge dans du bois pourri. Le nid peut aussi être installé dans celui d’un troglodyte ou d’un écureuil, dans un nichoir artificiel ou un amas de branchage. Cinq à sept œufs sont pondus en avril-mai et la femelle couve de 13 à 15 jours. Les jeunes restent au nid une vingtaine de jours : 4 jeunes s’envolent le 17 mai 1995 et 4 le 14 mai 1997 à Annecy ; une seconde ponte est fréquente en plaine.

Beaucoup de sites de nidification de la Mésange huppée disparaissent du fait de l’abattage des arbres à cavités, vieux ou troués par les pics. Cette espèce a, en revanche, de grandes facilités d’adaptation à de nouvelles situations et bénéficie largement de l’enrésinement en plaine comme en montagne ; elle ne semble pas menacée.

Pierre Vincent