Hypolaïs ictérine

Publié le mercredi 27 février 2008


Hypolaïs ictérine Hippolais icterina

Angl. : Icterine Warbler
All. : Gelbspötter
It. : Canapino maggiore

De catégorie faunistique européenne, l’Hypolaïs ictérine occupe toute l’Europe moyenne jusqu’à l’Oural. La France constitue sa limite occidentale de répartition. On trouve l’espèce à l’est d’une ligne Dieppe-Genève, mais en densités fort variables. D’une manière générale, elle tend à se retirer vers le nord-est (Faivre in Joveniaux et G.O.J. 1993, Vieuxtemps 1996, Tombal 1980) ; ce retrait serait dû à une compétition indirecte avec la Polyglotte mais cette hypothèse reste à prouver (Faivre in [N]).

En Rhône-Alpes, nous ne disposons que de deux données sûres attestant la reproduction de cette hypolaïs encore bien méconnue : le nourrissage d’une famille en juillet 1974 à Val d’Isère (74) [R], un oiseau chanteur et une nichée le 17 juillet 1992 à Bessans (73). Quel a été le statut de l’espèce en Rhône-Alpes ? Les données anciennes manquent pour l’apprécier justement. L’atlas précédent [R] parle de "stations résiduelles" en Rhône-Alpes sans donner d’indications précises, sur les densités ou les localités par exemple. Il semble toutefois que l’espèce n’a jamais été très répandue dans la région ; elle a pourtant niché autrefois en Dombes (01) comme l’atteste Vaucher en 1955 : "D’après des observations du 15 mai au 21 juin, j’ai quelques raisons de supposer que cette espèce a niché dans les bois situés autour des étangs du Fay Bernard et de Sau Bertier (près de St André de Corcy). Elle semble nicher par contre assez régulièrement à Boye-Naté (près Villeneuve, Dombes occidentale) où je l’ai trouvée en 1947 et 1951, installée dans les bois et taillis serrés ceinturant l’étang Naté, à moins de 200 mètres d’un couple de Polyglottes habitant de grands ronciers sur le bord d’un chemin" (Vaucher 1955).

Aujourd’hui, si la découverte d’un indice de reproduction de l’espèce est encore du domaine du possible, comme ce fut le cas de la nichée de Bessans en 1992, on ne peut pourtant plus parler actuellement de population nicheuse en Rhône-Alpes. Les individus observés dans la région sont des migrateurs appartenant vraisemblablement à des populations situées au moins en partie entre le Bénélux et l’Europe septentrionale.

L’Hypolaïs ictérine est une espèce plus arboricole que proprement forestière ; elle apprécie les parcs, jardins, bosquets, les haies vives hautes et touffues, d’où émergent quelques grands arbres qui servent de postes de chant ; elle recherche bosquets, fourrés, buissons épais de saules, sous-bois abondants des forêts claires... D’une manière générale, c’est un oiseau de lisière, qui recherche les buissons denses, frais et ombragés, volontiers proches de l’eau et dominés par des arbres.

En région Rhône-Alpes, nous disposons de 29 données de migrateurs certains. Les mouvements commencent dès la fin de juillet (précoce : capture le 25 juillet 1967 en Vanoise - 73) mais l’essentiel des contacts postnuptiaux s’obtient en août (moyenne : 18 août). Le passage s’étiole et les derniers oiseaux disparaissent au début de septembre (dernière date : 21 septembre 1979 à l’Etournel, 01 - 74). Un oiseau bagué le 18 août 1967 à Messery (74) fut repris le 26 août 1968 à Diepenbeck (Limburg, Belgique). Les ictérines sont de retour avec les premiers jours de mai, parfois déjà à la fin d’avril (précoce : 24 avril 1986 à Publier - 74), mais le gros de la migration se produit durant les deux dernières semaines de mai (moyenne : 22 mai). Ce passage se poursuit jusqu’à la mi-juin (tardif : 18 juin 1998 à La-Côte-Saint-André - 38).

Curieusement, la plupart des observations prénuptiales récentes d’ictérines ont été obtenues tardivement (moyenne de 1990 à 1998 : 7 juin, n = 6). Cette remarque s’applique également au schéma des observations camarguaises. En dehors de deux données obtenues dans les bas Monts du lyonnais, aucune autre Ictérine n’a été observée à l’ouest de la Vallée du Rhône. Ce couloir semble concerner un flux mineur, mais le plus occidental pour l’espèce. La ponte de 4 à 5 oeufs est déposée entre le 12 mai et le 10 juin dans la majeure partie des cas en Bourgogne. La femelle couve seule pendant 13 jours environ ; les jeunes séjournent 13 à 14 jours au nid (Ferry in Faivre 1986).

Alexandre Renaudier