Grimpereau des bois

Publié le mercredi 27 février 2008


Grimpereau des bois Certhia familiaris

Angl. : Eurasian Treecreeper
All. : Waldbaumläufer
It. : Rampichino alpestre

Espèce paléarctique, le Grimpereau des bois recouvre une large répartition, s’étendant de l’Irlande au Japon. L’espèce est présente dans la majeure partie de Europe à l’exception de la péninsule ibérique et de nombreuses îles méditerranéennes. En revanche, c’est le seul grimpereau présent sur les îles britanniques. L’espèce est plus septentrionale que le Grimpereau des jardins Certhia brachydactyla.

En France, le Grimpereau des bois se rencontre dans les reliefs de la chaîne pyrénéenne, du Massif central et de façon continue le long de la frange est du pays, des Ardennes aux Alpes maritimes ; des peuplements ont été découverts ces dernières années (dès 1974 en Normandie - GON 1989) en plaine dans le quart nord-est de la France : bassin parisien, Bretagne et Normandie. La question de l’origine de ces populations se pose : s’agit-il d’une colonisation récente ou de populations relictuelles, comme l’envisage Chappuis (in [N]) ? Sans exclure une phase ancienne de retrait , Vansteenwegen (1998) considère l’expansion du Grimpereau des bois comme "hautement probable".

En région Rhône-Alpes, l’espèce occupe les reliefs de la Loire et de l’Ardèche, ainsi que les Alpes et le Jura, deux grands ensembles séparés par la vallée du Rhône. Dans le Massif central, l’espèce niche dans les Monts de la madeleine et du Forez (42), dans le Pilat (42), ainsi qu’en Haute Ardèche et dans le Haut Vivarais (07). Quelques mentions très localisées du Beaujolais Nord (69) et du Roannais (42) sont à rattacher à cet ensemble. Dans les Alpes et le Jura, l’espèce occupe les forêts entre 500-700 m et 2 000 m environ. La limite occidentale passe par une série de bas massifs : Bugey (01), Monts du chat (38), Vercors (38 et 26), Diois (26) du nord au sud. Le Grimpereau des bois a été trouvé à 500 m à Nantua, 01 (chant en mars 1991). L’espèce s’observe avec plus de régularité dès 600-800 m. Elle monte jusqu’à 1 900 m (nid à la Côte d’Aime, 73, en juillet 1992) et même 2 050 m (l’Orgère, 73, en juin 1990). L’espèce semble se plaire surtout des forêts collinéaires aux forêts subalpines, entre 800 et 1 800 m. Les densités les plus élevées se trouvent en hêtraie-pessière montagnarde (8 couples/10 ha, Arve-Giffre, 74) ; "en Maurienne, 73, son optimum paraît être constitué par le mélezein : 3,1 couples/10 ha" ([R]). Dans l’Ain l’espèce à été noté à 400 m à Jujurieux (01), et à 500 m à Ambérieu en Bugey (01) (Bernard 1983).

C’est, en région Rhône-Alpes, une espèce forestière et montagnarde, qui recherche avant tout les forêts de résineux, mêlées ou non de feuillus. Les formations boisées où dominent l’épicéa ou le sapin lui sont très favorables, surtout celles qui sont anciennes et pas trop entretenues par les forestiers. Mais on trouve aussi le Grimpereau des bois en effectifs plus faibles dans les bois de pins sylvestre, mélèzes, pins à crochets... Il ne fréquente apparemment pas les parcs ni les jardins. Dans la majeure partie de son aire de distribution rhonalpine, il est le seul grimpereau nicheur. Dans la réserve du Roc de Chère où les deux grimpereaux sont en sympatrie, les densités calculées montrent un léger avantage du Grimpereau des bois (avec 2,1 couples/10 ha) sur le Grimpereau des jardins (1,7 couples/10 ha - Sonnerat 1994).
Les chants débutent généralement au début de mars mais parfois aussi en hiver (chant le 4 janvier 1975 à Samoëns - 74). Ces strophes, bien différentes de celles du Grimpereau des jardins, s’entendent jusqu’en juillet ; une reprise des chants est perceptible de la mi-août à la mi-septembre. La ponte a lieu en avril-mai ; cependant des transports de matériaux ont été notés un 23 avril 1977 à St Pierre de Chartreuse (38) et encore un 28 juillet 1974 à Val d’Isère (73). Signalons encore une becquée le 28 juillet 1986 à Nancroix (73). Les populations du Grimpereau des bois semblent stables en région Rhône-Alpes.

Alexandre Renaudier