Gobemouche gris

Publié le mercredi 27 février 2008


Gobemouche gris Muscicapa striata

Angl. : Spotted Flycatcher
All. : Grauschnäpper
It. : Pigliamosche

Gobemouche gris, photo France DUMAS © 2008
Gobemouche gris, photo France DUMAS

Le Gobemouche gris est nicheur dans pratiquement toute l’Europe et n’est absent que de l’extrême nord de la Scandinavie ; En France, sa répartition est très large. Depuis 1936, lorsque Mayaud le donnait comme nicheur dans toute la France sauf localement dans la région côtière méditerranéenne, sa répartition est restée pratiquement inchangée. Entre 100 000 et 10 000 000 de couples nichent dans l’ensemble du territoire jusqu’à près de 1 500 m d’altitude ([N]).

En Rhône-Alpes, le Gobemouche gris niche dans tous les départements avec des écarts de densité importants. Estimée entre 2 000 et 20 000 couples, l’espèce semble en progression démographique dans la région depuis 20 ans. La carte de répartition du dernier atlas des oiseaux nicheurs de France ([N]) fait apparaître une répartition disparate suivant les départements de Rhône-Alpes. La superposition avec celle du présent atlas montre que certains des “trous” enregistrés dans l’atlas national, dûs à la relative discrétion de l’espèce, ont été comblés par la nouvelle prospection. Les départements de la Loire et du Rhône en sont un bon exemple. L’espèce est réellement rare en milieu méditerranéen.

Gobemouche gris, photo France DUMAS © 2008
Gobemouche gris, photo France DUMAS

Le Gobemouche gris semble rechercher les boisements relativement ouverts, de feuillus surtout. Jardins, parcs, futaies claires, bosquets, lisières et clairières de forêts, allées d’arbres, parcs, vergers mais aussi abords des habitations constituent ses lieux de nidification (nidification à 1 471 m à Nancroix - 73 - en 1986 ; à noter 1 individu à 1 945 m aux Houches - 74 - en juillet 1990). Le territoire d’un couple est estimé par Géroudet (1986) à un hectare en moyenne (à noter 2 couples nicheurs séparés de 10 m à St Jeoire - 74 - au printemps 1987).

Le Gobemouche gris est un migrateur intégral. En France, la migration prénuptiale a lieu à partir de fin avril, culmine en mai et se prolonge jusqu’au début de juin pour les derniers arrivants. En Rhône-Alpes, la date moyenne d’arrivée est le 30 avril (n = 30, entre 1962 et 1991) et la plupart des oiseaux s’installent sur les sites de nidification dans la première décade de mai. On peut toutefois noter quelques dates précoces : 19 mars 1978 à Arandon (38) et 21 mars 1983 à Grésivaudan (38). Le Gobemouche gris construit son nid en général entre 1,5 et 4 m au-dessus du sol dans une cavité d’arbre ou de mur, dans une plante grimpante ou sur une branche abritée contre le tronc. Les premières pontes commencent vers la mi-mai et les secondes couvées, souvent dans le même nid, prolongent la nidification jusque vers la fin de juillet ou la mi-août. Les nourrissages tardifs observés le 23 août 1986 dans les Monts du Lyonnais (69) et le 3 septembre 1975 à Vercheny (26) relèvent probablement de ces secondes pontes. Une troisième nidification est tout à fait exceptionnelle. C’est la femelle qui couve les œufs pendant 11 à 15 jours. Sur trois nids découverts en Rhône-Alpes (1978, 1981 et 1986) deux comptaient 4 œufs, le troisième 5 œufs. Les jeunes, nidicoles, quittent le nid entre le onzième et le quinzième jour pour devenir complètement indépendants jusqu’à 20 jours plus tard. En règle générale, les départs ont lieu d’août à septembre, rarement jusqu’à la mi-octobre, mais le gros des troupes migre entre la mi-août et la mi-septembre. En Rhône-Alpes, seuls quelques individus sont encore observés en migration courant octobre : 8 octobre 1963 à Izieux (42), 11 octobre 1986 à Villars les Dombes et 14 octobre 1988 à Collonges (01). Les quartiers d’hiver des populations rhônalpines de ce migrateur transaharien sont inconnus.

Gobemouche gris, photo France DUMAS © 2008
Gobemouche gris, photo France DUMAS

Dans le précédent atlas ([R]), l’hypothèse d’une compétition entre le Gobemouche gris et le Rougequeue noir (qui est très commun dans notre région) était avancée pour expliquer la relative rareté de l’espèce en Rhône-Alpes. Les biotopes anthropogènes, ainsi que la nourriture et/ou le site de nid, peuvent être les mêmes pour ces deux espèces, et l’on s’était aperçu que le Gobemouche gris était présent en grand nombre dans des régions aussi différentes que la Bretagne et la Corse alors que le Rougequeue noir en était absent. A notre connaissance, aucune étude précise n’a pu confirmer ni infirmer cette hypothèse.

Texte : Guillaume Allemand
Photos : France DUMAS