Fauvette des jardins

Publié le mercredi 27 février 2008


Fauvette des jardins Sylvia borin

Angl. : Garden Warbler
All. : Gartengrasmücke
It. : Beccafico

Fauvette des jardins, photo France DUMAS © 2008
Fauvette des jardins, photo France DUMAS

Espèce européenne, la Fauvette des jardins est présente dans toute l’Europe, y compris en zone arctique, mais elle est absente d’Islande, d’Ecosse et du pourtour méditerranéen. En France, elle occupe tout le pays, sauf le biome méditerranéen.

Dans la région Rhône-Alpes, l’espèce est commune dans le Jura et les Alpes ; elle est aussi bien répandue dans les reliefs du nord-ouest de la région : Monts du Forez et Monts de la Madeleine (42), Beaujolais (69)... qu’en plaine, où elle trouve sa préférence dans les régions humides : Bresse (01), Forez (42), Val de Saône (01-69). Dans ce dernier district par exemple, 3 chanteurs ont été entendus sur 3 km linéaires de ripisylve en juillet 1990. En revanche, la situation est différente dans l’Ardèche et la Drôme où l’espèce manque dans la partie méridionale (contra [R]) : Tricastin, partie méridionale du Diois, des Baronnies et de la Basse Vallée du Rhône (26, Olioso 1983), de la Basse Ardèche et du Vivarais (07).

Fauvette des jardins, photo France DUMAS © 2008
Fauvette des jardins, photo France DUMAS

La Fauvette des jardins occupe la strate buissonnante dense lui garantissant une certaine fraîcheur. Plutôt que les bois et forêts, elle occupe les jeunes plantations et les coupes forestières ; elle a tendance à éviter les secteurs dominés par les arbres et n’a pas besoin de postes de chant élevés. Ce sont les grosses haies, les fourrés et broussailles denses, les saulaies et aulnaies le long des cours d’eau qui lui conviennent. En plaine, ses densités sont inférieures à celles de la Fauvette à tête noire Sylvia atricapilla. C’est dans les préalpes et les Alpes que l’espèce est la plus commune : dans la vallée de Peisey-Nancroix (73) par exemple, l’espèce est abondante dans les fossés et fourrés envahis de sorbiers, frênes et bouleaux, les bords de chemin et de champs ou de prairies de fauche, pâtures, remontant jusqu’à l’étage subalpin dont elle occupe l’aulnaie verte ; c’est grâce à cette formation basse et dense que l’espèce peut ainsi atteindre 2 200 m, le long des torrents, ravins et divers suintements. C’est également là qu’elle trouve ses plus fortes densités : 6,9 couples/10 ha ([R]).
Au printemps, les fauvettes des jardins arrivent à la mi-avril, en moyenne le 14 (n = 36 années) ; dates précoces : le 23 mars 1974 à Eveux (69) et le 23 mars 1977 à Croze l’Hermitage (26). Le passage culmine durant les deux premières décades de mai. A Dardilly (69), il s’étend d’un 22 avril à un 15 juin (date moyenne le 10 mai, Mandrillon 1989).

Fauvette des jardins, à la mare, bain, photo France DUMAS © 2008
Fauvette des jardins, photo France DUMAS

A l’automne, les premiers migrateurs sont perçus au début d’août et le passage se termine à la mi-octobre. A Grignan (26), la date médiane se situe le 10 septembre pour les juvéniles et le 3 septembre pour les adultes, qui semblent donc passer un peu plus tôt (Olioso 1996). A Dardilly (69), 32 contacts ont été obtenus entre un 11 août et un 25 octobre de 1986 à 1989 (date médiane = 31 août ; Mandrillon 1989). Dates tardives : 25 octobre 1987 à la Tour-de-Salvagny (69), 2 novembre 1973 à Saint Maurice l’Exil (38). Les oiseaux d’Europe de l’Ouest gagnent leurs quartiers d’hivernage en Afrique du Sud en passant par Gibraltar. Sur six nids rhônalpins, un contenait 3 poussins, 4 contenaient 4 oeufs et un autre en contenait 5. A Saint-Fons (69), un nid découvert le 19 juin 1965 a vu l’éclosion s’échelonner du 2 au 4 juillet et l’envol le 20 juillet. Un nid contenant 4 oeufs le 27 juillet 1984 à Passy (74) vit l’éclosion de 2 jeunes le 10 août, qui s’envolèrent le 17 ; les deux autres oeufs n’ont pas éclos.

Fauvette des jardins, photo France DUMAS © 2008
Fauvette des jardins, photo France DUMAS

Tout comme à l’échelle nationale, les populations rhônalpines sont peu étudiées et nous possédons très peu d’informations sur leur évolution (Vansteenwegen 1998). Plusieurs auteurs s’accordent pour dire que les populations ont souffert de la sécheresse qui a sévi en Afrique dans les années 1970.

Fauvette des jardins, photo France DUMAS © 2008
Fauvette des jardins, photo France DUMAS

Texte : Alexandre Renaudier
Photos France DUMAS