Faucon hobereau

Publié le mercredi 27 février 2008


Faucon hobereau Falco subbuteo

Angl. : Hobby
All. : Baumfalke
It. : Lodolaio

De catégorie faunistique paléarctique, le Faucon hobereau se reproduit dans une grande partie de l’Europe et de l’Asie : depuis la Grande Bretagne et l’Espagne jusqu’à la Russie et de la Turquie jusqu’au Japon. Les effectifs européens seraient de 15 000 à 21 000 couples nicheurs, en dehors de l’ex URSS (Gensbol 1993). En France, le Faucon hobereau est présent partout à basse altitude sans être nulle part abondant. En 1982, sa population était estimée entre 1 500 et 2 300 couples (F.I.R. - U.N.A.O. 1984).

D’après Dronneau et Wassmer (1991), le recensement de 1982 est sans doute sous-estimé et l’estimation nationale proposée actuellement est de 2 000 à 3 000 couples ([N]). L’espèce était considérée en déclin dans les années 1980, vraisemblablement du fait de la diminution importante des gros insectes qui sont la base de la nourriture de nombreux couples en période de nidification. Actuellement, une augmentation des effectifs serait en cours.

La population rhônalpine du Faucon hobereau était considérée comme inférieure à 50 couples dans le premier Atlas régional ([R]). Au début des années 1990, l’estimation était revue à la hausse avec 80 à 100 couples. 193 carrés sont occupés sur la carte actuelle. Les évaluations départementales les plus récentes sont de 30 à 80 couples dans l’Ain, 20 à 50 en Ardèche, 25 à 100 en Drôme, 50 à 70 en Isère et dans la Loire, 15 à 30 dans le Rhône, 5 à 20 en Savoie et 2 à 10 en Haute-Savoie. Les effectifs régionaux se situeraient donc entre 200 et 450 couples. Recenser le Faucon hobereau est délicat car il est très discret en dehors des parades nuptiales ou de la période d’élevage des jeunes en août-septembre. L’augmentation constatée des populations régionales entre les deux Atlas est en partie liée à une meilleure connaissance de ce rapace. Une étude spécifique de cette espèce à l’aide du protocole établi par Dronneau et Wassmer (1991) en Alsace serait nécessaire en Rhône-Alpes pour estimer les réelles densités.

Le Faucon hobereau préfère les habitats habituellement chauds, avec de larges étendues de végétation basse présentant des bosquets, des lignes d’arbres de haute taille ou bien bordées par une forêt offrant des éclaircies. On note souvent la présence d’une rivière ou d’un fleuve, voire d’étangs à l’intérieur de son territoire. On le trouve plus fréquemment en dessous de 600 m. Les quelques observations au dessus de cette altitude en période de nidification se rapportent plus à des oiseaux en quête de proies qu’à des nicheurs locaux. La densité de cette espèce sur ses territoires rhônalpins est peu connue. Cependant, Teyssier (1998) cite 3 couples nicheurs dans les gorges de la Loire amont (42) sur 20 km². En Alsace, Dronneau et Wassmer (1991) ont noté un couple pour 1900 ha en moyenne (extrêmes : 1 300 à 3 000 ha).
Les premiers faucons hobereaux arrivent dès fin mars dans notre région (date moyenne : 31 mars, n = 27, dates précoces : 6 mars 1989 à Creys-Mépieu - 38, 10 mars 1990 à Sermoyer - 01 et le 13 mars 1998 à Saint Genest Lerpt - 42), mais la plupart des retours ont lieu en avril. C’est principalement au mois de mai qu’ont lieu les parades nuptiales spectaculaires qui préludent à la ponte, généralement déposée en juin dans un vieux nid de corvidé. L’observation d’un jeune volant le 3 juillet 1996 à l’Ecopôle du Forez à Chambéon - 42) suppose une ponte au 3 mai. Un cas de nidification sur pylône est connu à Taluyers (69) en 1994, ce fait n’étant signalé que de façon marginale (von Blotzheim 1971). Le Faucon hobereau élève en général 2 à 3 jeunes, bien qu’un couple ait élevé 4 jeunes à Excenevex (74) lors de l’été 1989. Il nourrit ses jeunes d’oiseaux (pipits, alouettes, hirondelles, martinets) et de gros insectes (Orthoptères, Coléoptères, Odonates …) qu’il capture en vol. Il exerce parfois un parasitisme sur le Faucon crécerelle et une tentative sur un Busard cendré a été notée en 1986 en Ardèche (Balluet 1986). C’est en août, lors de l’élevage des jeunes, qu’il est le plus facile de localiser les oiseaux cantonnés.

Les faucons hobereaux en migration postnuptiale sont notés dès septembre. Le col de la Croix-Haute (26-38) est un des plus remarquables de France pour leur passage, avec par exemple 51 individus du 13 septembre au 10 octobre 1983 (Pambour 1986). En 1994 63 individus ont été observés à Fort l’Ecluse (01-74). Après ce mois, les observations deviennent rares, mais sont régulières jusqu’à la mi-octobre (date moyenne des dernières observations : 15 octobre, n = 26) et exceptionnelles jusqu’à la fin de ce mois : le 26 en 1978 à Fort l’Ecluse (01-74), le 26 en 1979 à Craintilleux (42), le 30 en 1984 et 1988 à Fort l’Ecluse (01-74). Parmi les migrateurs qui traversent notre région à cette époque, certains viennent de Scandinavie, comme cet oiseau blessé le 24 septembre 1979 à Vif (38) et bagué un mois et demi auparavant en Suède. Le Faucon hobereau passe l’hiver en Afrique tropicale, principalement dans le bassin du Zambèze.

La stabilité des populations de Faucon hobereau est liée à celles des populations de gros insectes aussi bien sur les territoires d’hivernage que sur ceux de nidification. L’espèce ne semble pas menacée actuellement dans notre région.

André Ulmer