Faucon crécerellette

Publié le mercredi 27 février 2008


Faucon crécerellette Falco naumanni

Angl. : Lesser Kestrel
All. : Rötelfalke
It. : Grillaio

Ce petit rapace insectivore migrateur, présent dans les zones arides d’Eurasie méridionale et du Maghreb, présente une répartition de plus en plus réduite. Les effectifs européens sont estimés à près de 7 500 couples ([E]) ; les populations étant en forte régression, l’espèce est jugée “ vulnérable ” (Tucker et Heath 1994). Dans les années 1950, près de 200 couples nichaient en Provence et Languedoc-Roussillon. Après 1960, il ne restait plus qu’une soixantaine de couples et, en 1985, seuls quelques couples subsistaient (Crau, Alpilles) (Duquet 1992). Dès lors, les actions de préservation du FIR et du Conservatoire des Ecosystèmes de Provence (surveillance, pose de nichoirs) ont porté leurs fruits : une dizaine de couples ont été recensés en Crau en 1990 (Maurin 1994).

Cette espèce franchement méditerranéenne ne niche pas dans la région Rhône-Alpes ([R]), mais nous disposons de 4 à 5 citations d’erratisme prénuptial ou estival : les 8 et 9 juin 1964 à Valence (26), 1 mâle photographié le 15 avril 1973 en Dombes (01), district où un autre oiseau aurait été vu le 20 avril 1962. Ce sont jusqu’à 4 mâles et 3 femelles qui auraient été observés en Vivarais le 8 juillet 1973 entre St Martin l’Inférieur et Meysse (07) ([R]). Par ailleurs, 4 individus probablement de cette espèce ont été signalés dans les falaises de la Motte Chalancon (26) le 19 mai 1975. Enfin, un mâle aurait été observé le 18 août 1982 à la Balme de Sillingy (74). Des données du siècle dernier qui montrent que l’espèce n’a pas été simplement découverte au XXième siècle en France (d’autres auteurs du XIXième siècle l’attestent d’ailleurs en Provence ou en Corse) concernent le Grésivaudan savoyard : St Jean de Porte, Ste Hélène du lac, St Pierre d’Albigny, capture d’un mâle adulte fin août 1839 à Barberaz ; enfin la collection Coppier contient un jeune mâle et une vieille femelle capturés dans les environs de Bonneville (74) (Bailly 1853-54). Un individu mal étiqueté figure au musée du château d’Annecy (n°9731).
Dans le département voisin du Gard, l’espèce, avec 20 à 60 couples dans les années 1960, n’est plus qu’irrégulièrement observée à partir de 1985. En 1991, un nouveau site proche du département de l’Ardèche, était occupé par 3 oiseaux, mais déserté l’année suivante (C.O.Gard 1993). Dans le département du Vaucluse, ce rapace a niché dans le Petit Lubéron jusqu’au début des années 1970 (Olioso 1996). On ne peut exclure une ancienne reproduction en Ardèche, qui présente des sites favorables.

Cyrille Deliry