Etourneau sansonnet

Publié le mercredi 27 février 2008


Etourneau sansonnet Sturnus vulgaris

Angl. : Common Starling
All. : Star
It. : Storno

Etourneau sansonnet, photo France DUMAS © 2008
Etourneau sansonnet, photo France DUMAS

Espèce d’origine faunistique euro-turkmène, l’Etourneau sansonnet a une répartition mondiale. Sa présence sur tous les continents s’explique par l’introduction d’oiseaux dans de nombreux pays (Afrique du Sud, Etats-Unis ...).

En Europe, son aire de distribution géographique s’étend du Spitzberg au nord de l’Espagne.

En France, cet oiseau est un nicheur commun sauf dans l’extrême sud-est (Var, Alpes de Haute-Provence, Alpes Maritimes) où il semble assez rare.

Etourneau sansonnet, photo France DUMAS © 2008
Etourneau sansonnet, photo France DUMAS

L’évolution de l’espèce en Rhône-Alpes est identique à celle qu’a connu le territoire français. L’Etourneau sansonnet est inconnu au XIXième siècle, sauf en migration. En 1909, Bernard considérait l’espèce comme très commune dans l’Ain. Il est indiqué comme nidificateur, sauf dans le sud, en 1936 par Mayaud. En 1977, l’Etourneau est nicheur dans tous les départements de la région ([R]). L’espèce a largement profité de l’urbanisation des trente dernières années (surtout de l’extension pavillonnaire). Cette poussée n’a pourtant pas eu les même effets dans tous les départements. La Drôme et l’Ardèche possèdent des zones où l’espèce ne s’est toujours pas installée. C’est une espèce chassable, pouvant être classée nuisible (Ain, Ardèche, Drôme, Isère, Loire, Rhône, Haute-Savoie).

Etourneau sansonnet, photo France DUMAS © 2008
Etourneau sansonnet, photo France DUMAS

Originaire des plaines ouvertes, l’Etourneau sansonnet évite les régions sèches et montagneuses, mais pénètre dans les vallées alpines. Sa présence régulière est citée jusqu’à 1 200 m. Notons pour l’anecdote la reproduction d’un couple à l’altitude de 1 800 m dans le département de la Savoie (Maurienne) en 1979. Cavernicole, il utilise pour nicher des cavités naturelles ou artificielles ; il entre alors en compétition avec d’autres espèces pour ces emplacements. Son agressivité pour ravir un trou déjà habité et pour le défendre l’a rendu responsable, à tort ou à raison, de la raréfaction d’une partie de la faune ailée cavernicole : Pic épeiche et Pic vert en particulier. Lorsqu’il s’installe en forêt, il aime les vieux boisements de feuillus et les bois mixtes. Il est absent des peuplements purs de conifères. Les plus fortes densités de nicheurs se trouvent en plaine, dans les zones périurbaines. Il s’accommode alors de tous les milieux, pourvu qu’il ait suffisamment à manger ; 2 ou 3 couples ont même niché dans une colonie de guêpiers d’Europe à Lagarde-Adhémar (26) en 1988.

Etourneau sansonnet, photo France DUMAS © 2008
Etourneau sansonnet, photo France DUMAS

Au printemps, le chant est entendu en général dès février. Les données précoces concernent essentiellement les individus présents dans les villes : chant le 19 janvier 1997 à Bonson (42), le 22 janvier 1996 à Villeurbanne (69), le 29 janvier 1984 à Lyon (69). La construction du nid débute fin février-début mars : le 24 février 1995 à Feurs (42), le 6 mars 1989 à Grillon (26), le 7 mars 1992 à Andrézieux (42). Clergeau (in [N]) signale l’attachement des adultes sédentaires à leur nid tout le long de l’hiver, ce qui peut expliquer l’observation d’apport de matériaux dans un trou de mur le 5 décembre 1987 à Replonges (01). L’accouplement a lieu généralement après la construction du nid : 28 mars 1993 à la Tour de Salvagny (69) ; date précoce le 10 janvier 1988 toujours à la Tour de Salvagny. Les premières éclosions ont lieu fin mars début avril pour se poursuivre en mai : 29 mars 1995 à Roanne (42) dans un arbre abattu, 20 avril 1989 à Dardilly (69). Une deuxième ponte peut avoir lieu entre mai et juin (poussins au nid le 7 juin 1990 à Dardilly (69), le 17 juillet 1996 à Pommiers (42) et le 19 juillet 1996 à Arthas (38). Dès l’envol des jeunes, des groupes se créent qui peuvent compter des dizaines, voire plusieurs centaines d’individus. Se forment alors les fameux dortoirs qui accueillent les oiseaux juvéniles et la population flottante des non nicheurs : 4 300 individus en dortoir dans une roselière le 17 juillet 1985 (01), 10 000 (estimation) à Dompierre sur Veyle (01) le 6 juin 1987. Ces dortoirs sont quelquefois installés en ville.

Les oiseaux migrateurs commencent à passer et à arriver dès septembre, mais les passages importants ont lieu durant la deuxième quinzaine d’octobre ; ils continuent durant le mois de novembre : migration de 1 197 individus entre le 10 septembre et le 24 novembre 1991 à Ceyzeriat (01). Ce sont des centaines de milliers d’oiseaux qui traversent alors notre région (moyenne de 5 823 oiseaux durant les mois d’octobre 1991 à 1997 sur le col de Barracuchet - 42). Ces oiseaux vont grossir les dortoirs : dortoir de 30 à 40 000 individus à Versailleux (01) le 19 novembre 1979, 300 000 oiseaux en 1987 à Saint-Etienne (42), un vol de 300 000 le 12 janvier 1994 à Grignan (26), 70 000 oiseaux du 11 novembre au 18 janvier 1995 à Andrézieux (42). La première citation d’un rassemblement urbain dans la région Rhône-Alpes date de l’hiver 1968-1969 à Lyon. Ces troupes s’associent régulièrement à d’autres espèces. D’après Ariagno (1980), les associations les plus fréquentes sont : Etourneau-Verdier ou Etourneau-Verdier-Moineau. L’origine des oiseaux en transit ou en hivernage est connue grâce aux reprises d’individus bagués. La majeure partie des individus (44 %) proviennent de la Suisse, 21 % sont polonais, 13 % de Russie, autant d’Allemagne, 7 % de République tchèque et 2 % de Belgique. Les étourneaux adultes rhônalpins, comme leurs homologues des autres régions françaises sont largement sédentaires mais une proportion non négligeable de jeunes de l’année quitte la région pour effectuer une migration partielle, voire réelle. Sur 14 reprises de jeunes oiseaux bagués en Rhône-Alpes, 6 l’ont été localement, 4 en Italie dont 1 en Sardaigne, 5 en Espagne, 3 en Afrique du Nord. Au printemps, les premiers migrateurs prénuptiaux sont observés dès la première décade de février sur les cols de migration (remontée précoce le 17 janvier 1982 en Rhône-Bourget). Les oiseaux sont observés jusqu’au 15 avril. Au col de l’Escrinet (07), le maximum de la migration s’effectue entre le 3 et le 19 mars, plus de 50 % des oiseaux passant entre ces deux dates.

Un suivi quantitatif des nicheurs serait nécessaire pour connaître enfin la situation de cet oiseau en Rhône-Alpes. Pour l’instant, on peut supposer que la population nicheuse est stable et que sa progression est terminée. Localement des diminutions importantes des effectifs nicheurs sont cependant notés comme à Grignan (26), ce qui est confirmé au niveau national puisque l’espèce apparaît dans une phase de déclin (Clergeau in [N]).

Texte : Bernard Daurat
Photos : France DUMAS

Etourneau sansonnet, photo France DUMAS © 2008
Etourneau sansonnet, photo France DUMAS