Coucou gris

Publié le mercredi 27 février 2008


Coucou gris Cuculus canorus

Angl. : Common Cuckoo
All. : Kuckuck
It. : Cuculo

Espèce paléarctique, le Coucou est largement répandu dans toute l’Europe à l’exception de l’Islande. En France, il est présent du littoral jusqu’aux montagnes. Ce caractère ubiquiste se retrouve évidemment en Rhône-Alpes, où il figure au 13ème rang des espèces les plus représentées. L’espèce peut atteindre l’altitude de 2 100 m (un chanteur au refuge de l’Orgère - 73 le 23 juin 1990).

Sa densité n’est pas connue précisément en Rhône-Alpes ; elle varie selon les très nombreux milieux occupés et semble maximale dans les zones humides et bocagères, tandis que les massifs forestiers compacts paraissent moins fréquentés ([R]). La diversité des habitats fréquentés se reflète dans celle des espèces parasitées en Rhône-Alpes. Sur 20 cas recensés, la Rousserolle effarvatte (Acrocephalus scirpaceus) a été identifiée cinq fois, le Pipit spioncelle (Anthus spinoletta) et l’Accenteur mouchet (Prunella modularis) trois fois, les Rougequeues noir (Phoenicurus ochruros) et à front blanc (Phoenicurus phoenicurus) deux fois, la Bergeronnette grise (Motacilla alba), le Rougegorge (Erithacus rubecula), la Linotte mélodieuse (Carduelis cannabina), les Bruants jaune (Emberiza citrinella) et des roseaux (Emberiza schoeniclus) une fois. L’absence de connaissances précises sur les densités et les effectifs étaient déjà soulignée dans le précédent Atlas ([R]). Elle reste d’actualité et s’explique en partie par le mode de vie très particulier de l’espèce, qui semble parfois pratiquer la polygamie, voire la polyandrie et ne dépend pas de territoire précis. Jarry ([N]) ne fournit lui non plus aucun chiffre régional ou national.

En Rhône-Alpes, le Coucou arrive le 26 mars en moyenne (calcul sur les années 1961-1992 ; observation la plus précoce : un oiseau non chanteur le 2 mars 1983 à Niévroz - 01). Cette date d’arrivée constatée correspond en général à celle du premier chant, bien connu de tous. Celui-ci bat son plein en avril et mai et retentit parfois même la nuit (comme le 12 mai 1998 à Saint Paul de Varax - 01) ; il cesse au début du mois de juillet. A ce titre, un chanteur le 2 septembre 1966 à Valence (26) reste tout à fait exceptionnel. Des œufs ont été découverts dans des nids parasités entre le 6 mai (1993) et le 3 juillet (1972) et des juvéniles encore nourris par leurs parents adoptifs ont été observés entre le 18 juin (1978) et le 13 août (1992).

Le départ des adultes intervient rapidement et reste difficile à détecter en l’absence de chant. La dernière observation a lieu en moyenne le 12 septembre (sur 22 années, entre 1963 et 1993) et la date la plus tardive concerne un individu vu au Touvet (38) le 15 novembre 1977. Ces derniers coucous, probablement juvéniles, ne sont pas forcément des oiseaux locaux, comme l’indique la reprise en septembre 1960 à Chatonnay (38) d’un oiseau bagué le 10 juillet précédent en Hesse (Allemagne). La reprise, le 3 octobre 1972 dans les Pyrénées Orientales, d’un oiseau bagué poussin le 20 juillet de la même année à Villars les Dombes (01) fournit la seule indication de la direction prise par les coucous rhônalpins.

Le Coucou ne semble pas menacé en Rhône-Alpes ; cependant, l’utilisation du Bacillus thuringensis pour la lutte dite biologique contre les chenilles défoliatrices pourrait lui nuire si elle venait à se développer (Jarry in [N]).

Jean-Baptiste Crouzier