Bergeronnette grise

Publié le mardi 26 février 2008


Bergeronnette grise Motacilla alba

Angl. : White Wagtail
All. : Bachstelze
It. : Ballerina bianca

Bergeronnette grise, photo France DUMAS © 2008
Bergeronnette grise, photo France DUMAS

Avec au moins 10 sous-espèces, cet oiseau possède une très vaste répartition puisqu’il se reproduit dans toute l’Europe (îles de la Méditerranée occidentale exceptées) et une grande partie de l’Asie. Cette répartition déborde quelque peu sur l’Afrique (Maroc) et sur l’Amérique du Nord (Alaska). En France, cette espèce est présente presque partout, sauf en Camargue et sur le littoral héraultais ainsi qu’en Corse.

Dans la région Rhône-Alpes, cette large répartition est également constatée et les lacunes observables sur la présente carte résultent plus d’une prospection insuffisante que d’une réelle absence de l’oiseau. Son amplitude altitudinale est également importante puisque des individus se reproduisent depuis les plus bas secteurs de la Drôme et de l’Ardèche jusqu’à plus de 2 000 m. Le record régional est de 2 490 m au refuge de la Leisse à Termignon (73) où la nidification a été observée de 1989 à 1991.

En migration, cette Bergeronnette a même été notée à 3 250 m à Val d’Isère (73) le 10 septembre 1995 (Lebreton et Martinot 1998).
Cette espèce se reproduit dans des milieux divers, secs ou humides et semble connaître une fréquence maximale dans la périphérie des villages, le long des cours d’eau. Elle est moins répandue dans les zones bocagères et évite les régions forestières, même si un nid a été trouvé dans l’ancienne loge d’un pic noir dans un épicéa au Grand Abergement (01) en juin 1983. Aux plus hautes altitudes fréquentées par cet oiseau, sa présence est totalement dépendante du voisinage de l’Homme.

Les sites de reproduction, généralement des cavités, sont variés : trous dans les murs ou les toitures de ruines ou de bâtiments habités, anfractuosités dans des rochers, anciens nids d’hirondelles de rivage ou rustiques, cavités dans des arbres clairsemés ou dans des tas de bois, voire même arbustes comme dans un thuya à Thézillieu (01) en juin 1986. Les densités régionales sont mal connues. 3 nids sous un pont à Craponne (69) en mai 1987 et 5 couples nicheurs sur 150 m le long de l’Albarine à St Rambert en Bugey (01) semblent des données maximales pour notre région.

Bergeronnette grise, photo France DUMAS © 2008
Bergeronnette grise, juv., photo France DUMAS

Les pontes sont très étalées dans le temps. Le pourcentage de couples entreprenant une seconde nichée annuelle n’est pas connu. Un nid contenant des oeufs le 20 février 1995 à Sainte Marie d’Alloix (38) est extrêmement précoce. La période "normale" s’étale du tout début d’avril (jeunes éclos le 15 avril 1995 à Châteaubourg - 07) au début d’août (jeunes non volants le 11 août 1992 à Granier - 73, le 18 août 1995 aux Gets - 74). Un adulte nourrissant des jeunes à Evian (74) le 15 septembre 1980 suggère une ponte encore plus tardive ; 18 pontes ou nichées rhônalpines donnent une moyenne de 4,11 oeufs ou poussins (2 à 6) par nid, alors que 17 familles indiquent une moyenne de 3,0 jeunes volants (1 à 5) par couple.

Bergeronnette grise, photo CORA
Bergeronnette grise, nidification

Dès avant la fin de l’élevage de tous les jeunes, des groupes d’oiseaux se rassemblent en dortoirs : 150 dès le 28 juin 1991 à Allonzier (74), dortoir occupé dès le 3 juillet 1994 à Vonnas (01). La migration débute véritablement fin juillet et culmine en octobre. L’hivernage est tout à fait régulier au sud de la latitude de Lyon. Plus au nord, il est lié aux conditions climatiques et a généralement pour cadre les rivages des cours d’eau ou des lacs, les vasières d’étangs, les décharges des régions de basse altitude. A l’occasion pourtant, des mentions hivernales existent jusqu’à plus de 1000 m. Si des mouvements sont déjà perceptibles fin janvier, la migration printanière bat son plein en février-mars (passage par exemple de 5040 oiseaux au col de l’Escrinet - 07, du 26 février au 14 avril 1984 avec un maximum de 1146 le 7 mars). En dehors de la race type M. a. alba, quelques oiseaux de la race britannique M. a. yarrellii ont été observés en Rhône-Alpes : un au confluent Ain/Rhône (01) le 7 mai 1977, un à Bouligneux (01) le 9 mars 1987, un (le même ? ) le 29 mars 1987 à Birieux (01), un à St Victor de Morestel (38) le 17 octobre 1993, un à Vénérieu (38) le 6 avril 1995, un à Serrières de Briord (01) le 17 mars 1996, un à Villars les Dombes (01) le 1er novembre 1996, un au confluent Ain/Rhône (01) le 28 mars 1997.

En dehors d’une femelle marquée au Danemark en juin 1970 et recueillie dans l’Isère en janvier 1971, quelques oiseaux bagués en migration (Suisse) ou en hivernage (Baléares - Espagne) ont été retrouvés hors saison de reproduction dans notre région. Un oiseau marqué dans la Loire le 3 août 1972 a été repris au Maroc le 4 février 1974.

Aucune tendance à la régression des effectifs n’a été constatée chez cette espèce qui ne paraît donc pas menacée dans notre région.

Texte : Alain Bernard
Photos : France DUMAS, Yves BEAUVALLET