Balbuzard pêcheur

Publié le mardi 26 février 2008


Balbuzard pêcheur Pandion haliaetus

Angl. : Osprey
All. : Fischadler
It. : Falco pescatore

Espèce cosmopolite, le Balbuzard se reproduit principalement en Suède, Finlande et Russie, ainsi que dans le sud-est de la Norvège, les Pays baltes, la Pologne et en Allemagne ; il a également recolonisé l’Ecosse et niche aux Baléares et en Corse. La côte nord-ouest de l’Ile de Beauté est occupée par 20 à 25 couples. Depuis 1984, le Balbuzard niche en France continentale dans la région Centre. En 1997, 7 à 8 couples se sont installés et 4 ont mené à terme leur reproduction (Tariel et Thibault in Sériot 1999).

Le Balbuzard a niché au XXième siècle en Rhône-Alpes : Bernard (1909) signale la découverte d’un nid à Varambon (01) en juin 1907. De nos jours, notre région n’accueille plus que des migrateurs issus des populations du nord-est de l’Europe : 2 reprises concernent des oiseaux nés en Finlande et 7 des balbuzards suédois (dont un trouvé mort à l’âge remarquable de 20 ans, le 20 septembre 1992 à Coutouvre - 42).

Le passage printanier débute classiquement en mars (moyenne régionale de 1983 à 1992 : 14 mars), pour s’achever en mai ; la migration postnuptiale se déroule principalement de la fin août à la mi-octobre (par exemple en 1993 : 80 individus à Fort-l’Ecluse - 01/74 du 19 août au 21 octobre et 142 en 1998). Cependant, de nombreuses observations ne s’inscrivent pas dans ce cadre schématique. Des oiseaux extrêmement précoces ou tardifs sont parfois notés, comme le 13 février 1974 à Saint Martin d’Hères (38) ou le 22 novembre 1983 à Pont-en-Royans (26). Il s’avère parfois même délicat d’attribuer à l’un des deux passages certains oiseaux observés en hiver (23 décembre 1972 à Condeissiat - 01, 13 et 20 janvier 1980 à Saint Romain le Puy - 42 et 15 janvier 1984 à Culoz - 01). Le statut d’hivernant paraît alors le plus probable (en particulier pour l’oiseau de la Loire, manifestement en stationnement).

Par ailleurs, des observations de juin sont plus troublantes : des oiseaux ont séjourné dans la Loire en juin 1983 et 1993, d’autres ont été notés le 27 juin 1980 à Villars les Dombes (01), le 14 juin 1985 à Sainte-Foy Saint-Sulpice (42), le 19 juin 1986 à Livron (26) et le 14 juin 1992 à Poncin (01), à quelques kilomètres du dernier site de nidification connu…

Si aucune tentative de nidification effective n’a été signalée, ces stationnements méritent d’être suivis avec soin dans un contexte européen et national très favorable à l’espèce (en Ecosse, la population a ainsi dépassé la centaine de couples en 1996 - Olgivie 1999). L’implantation de plates-formes pourrait être envisagée pour favoriser le retour du Balbuzard. Elle a été tentée (sans succès jusqu’à présent) en Lorraine où l’espèce nichait encore en 1903 ; une expérience de réintroduction est en cours en Angleterre. Dans un contexte différent, des aires artificielles ont permis la consolidation des effectifs corses.

Enfin, la protection de cette espèce (et de beaucoup d’autres !) passe à l’évidence par l’amélioration du réseau électrique : au moins trois des neuf reprises rhônalpines sont dues à des électrocutions…

Jean-Baptiste Crouzier