Aigle botté

Publié le mardi 26 février 2008


Aigle botté Hieraaetus pennatus

Angl. : Booted Eagle
All. : Zwergadler
It. : Aquila minore

Principalement paléarctique, l’Aigle botté occupe les zones tempérées, méditerranéennes et steppiques en Europe méridionale, balkanique et orientale, au Maghreb, au Proche Orient et en Asie occidentale. Une population isolée vit dans la province du Cap en Afrique du Sud et l’espèce se rencontre aussi dans le nord de l’Inde. La péninsule ibérique héberge la plus forte population d’Europe avec environ 3 000 couples sur 2 765 à 4 793 couples estimés en Europe ([E]). Cet Aigle hiverne principalement au sud du Sahara et en Inde. En France, il possède une distribution discontinue des Pyrénées aux Vosges et 3 zones principales peuvent être distinguées : les Pyrénées occidentales, le Massif central et la Lorraine ; des populations isolées sont connues ailleurs, dans le Jura par exemple. Alors que Carlon (1996) avançait une fouchette de 800 à 1200 couples les estimations les plus récentes montre qu’après avoir régressé la population française s’est stabilisée à 250 – 500 couples (Rocamora et Yeatman-Berthelot 1999).

Ce petit aigle forestier n’a toujours pas fourni de preuve de reproduction en région Rhône-Alpes, malgré l’accumulation d’indices qui laissent suspecter une très probable nidification, en particulier dans la partie occidentale de notre région. En Ardèche, 1 ou 2 individus furent observés les 3 et 5 juillet 1968 à proximité des gorges de l’Ardèche, puis un couple continuellement de la mi-mai à la fin juin 1971 à Désaignes, un oiseau le 7 juillet 1973 à Saint-Romain de Lerps et un (autre ?) le lendemain à Chambon de Bavas, 2 individus en juin 1986 à Dompnac et enfin un oiseau paradant le 6 avril 1996 à Saint André Lachamp. Dans la Loire, un individu est observé le 14 juin 1968 à Valeille et un paradant le 18 juin 1972 au Pertuiset ; une "tentative de nidification" a lieu en 1973 dans les gorges de la Loire, et une autre le 19 juin 1992 à Chambles. Enfin, une forte présomption de nidification est recueillie en forêt de Lespinasse où un couple a paradé longuement (Rimbert et L.P.O. Loire 1999). Une série d’observations récentes a été effectuée dans les Monts du Lyonnais et du Beaujolais (69) : 2 individus le 7 juillet 1995 à Sainte-Catherine, un le 15 avril et un (autre ?) le 10 juin 1997 à Bessenay, un le 25 mai 1997 à Marchampt, un le 14 juin 1997 à Courzieu, un le 6 juillet 1997 à Brussieu ; il est fort possible que les données de 1997 se rapportent au(x) même(s) individu(s) car elles sont géographiquement localisées. Le secteur de Courzieu mériterait donc des prospections ultérieures. Les données drômoises d’un oiseau le 29 juin 1989 à Grignan et d’un autre le 18 juillet 1994 à Combovin se rapportent très vraisemblablement à des erratiques. Dans la Haute-Loire voisine, 5 couples nicheurs sont signalés par Joubert (1994) et dans le Jura quelques couples nichent probablement (Crouzier in G.O.J. 1993).

Pour nicher, l’Aigle botté s’installe dans de vastes forêts à dominante caducifoliée en plaine ou dans des massifs collinéens ou montagneux.
Au printemps, les aigles bottés migrateurs arrivent à la fin mars (date précoce : 13 mars 1989 à Crémieu - 38), voire exceptionnellement à la fin de février (un le 26 février 1991 à Omblèze - 26). Le passage culmine à la fin de mars et surtout au début d’avril ; il se termine dans la première quinzaine de mai. A l’automne, le passage se remarque au début d’août (un individu erratique ou très précoce le 27 juillet 1991 à Saint Germain sur Renon - 01), culmine à la fin de ce mois et en septembre, puis s’achève durant la première quinzaine d’octobre (dates tardives : 23 octobre 1992 à Fort l’Ecluse, 01-74 et 31 octobre 1969 à Valeilles - 42). Quelques observations hivernales sont signalées : décembre 1971 en plaine du Forez (42), décembre 1979 en Basse Ardèche et décembre 1984 à Thines (07) ; ces cas anecdotiques sont à rattacher à une possible modification comportementale de l’espèce qui hiverne régulièrement depuis les années 1980 dans le quart sud-est de la France (Olioso 1991).

L’Aigle botté est discret et ne s’observe guère en période de nidification, même sur son territoire. La confirmation de sa reproduction, la découverte d’un nid ou le suivi de couples reproducteurs sont donc rendus extrêmement difficiles par ces moeurs secrètes, qui demandent une méthode de prospection très rigoureuse et un investissement considérable en heures passées sur le terrain. Ce rapace reste d’observation rare en région Rhône-Alpes et peut être difficile à déterminer, en particulier en morphe sombre, rousse ou intermédiaire : c’est la raison pour laquelle il est soumis à homologation régionale.

Alexandre Renaudier