Depuis fin 2025/début 2026, la LPO dans la Loire se trouve gestionnaire de 2 nouveaux terrains.
L’un à Génilac
Il s’agit d’une friche, d’une surface d’environ 8 000 m², que nous surveillons avec attention depuis près de 10 ans. Pourquoi ? Car chaque année, depuis 2018, plusieurs couples de busards cendrés viennent s’y reproduire !



Le busard cendré est un rapace migrateur qui revient d’Afrique à la fin du mois d’avril et qui fréquente les secteurs de prairies et de cultures où il chasse les campagnols. Précieux allié des agriculteurs, cet oiseau emblématique est malheureusement en fort déclin et menacé de disparition en France. Les busards ont la particularité de nicher au sol. Ils s’installaient historiquement dans les prairies humides ou dans les landes, mais suite à la raréfaction de ces milieux naturels, une partie des couples construisent leurs nids dans des parcelles cultivées : prairies de fauche ou parcelles de céréales. Malheureusement, les poussins ne sont pas encore en âge de voler au moment des récoltes et les nichées sont détruites involontairement.
Chaque année, des salariés et bénévoles de la Ligue pour la Protection des Oiseaux recherchent les couples et localisent leurs nids. Quand ces derniers se trouvent dans des parcelles cultivées, les agriculteurs sont contactés pour demander l’autorisation de mettre en place une protection autour du nid et ainsi sauver la nichée. Le busard cendré est listé en annexe I de la Directive Oiseaux, dans la catégorie « Espèce quasi menacée » de la Liste rouge nationale et dans la catégorie « Espèce en danger » sur la liste rouge régionale.
Dans la Loire, seuls 20 à 30 couples sont présents (21 nids en 2025) et sur la friche évoquée, jusqu’à 3 couples se reproduisent : elle constitue donc une parcelle d’intérêt majeur pour la protection de cette espèce dans le département !
L’achat de ce terrain par la LPO AuRA a été rendu possible par les donateurs de notre appel à dons de fin d’année 2025. Nous les remercions donc toutes et tous chaleureusement ! Nous pourrons désormais y mettre en place une gestion adaptée (maintenir le milieu buissonnant et arbustif) et éviter sa destruction et son exploitation, pour permettre au busard cendré (mais aussi à toutes les espèces liées à ce milieu) de continuer à y nicher.
Vous souhaitez devenir bénévole pour protéger le busard cendré ? Retrouvez plus d’informations ici.
L’autre à Saint-Just-Saint-Rambert
Il s’agit de 2 parcelles boisées (principalement chênes pédonculés et pins sylvestres) d’une surface totale de 1,1 ha.
En juillet 2025, une sympathisante (que nous remercions grandement pour son geste) a fait don de sa parcelle localisée à Saint-Just-Saint-Rambert à la LPO France. Localisée dans le département de la Loire, c’est la LPO AURA DT Loire qui est gestionnaire de la parcelle.



Actuellement, 22 espèces d’oiseaux sont connues sur le site, mais seulement 5 sont considérées nicheuses. Notons la présence du chardonneret élégant, classé dans la catégorie « VU » (Vulnérable » sur la liste route nationale), du milan noir et du pic noir, inscrits en annexe I de la Directive Oiseaux. L’accenteur mouchet, classé dans la catégorie « VU » (Vulnérable » sur la liste route régionale) a aussi été contacté.
Concernant les autres taxons, le chevreuil européen et le vulcain (papillon) sont connus.
La gestion envisagée est la libre évolution de la forêt afin de maintenir la conservation des habitats et des espèces. Une forêt en libre évolution est donc une forêt sans coupe de bois et en principe sans prélèvement de toute nature, notamment sans chasse.
La libre évolution volontaire permet en effet à la dynamique naturelle de la forêt de s’exprimer, notamment en laissant les essences à croissance lente se développer et passer par toutes les phases liées au vieillissement de l’arbre. Une part importante de la biodiversité forestière dépend de ces différentes phases. Un quart des espèces forestières sont liées au bois mort en voie de décomposition tandis que les très gros arbres abritent une grande diversité de micro-habitats (vieux bois). Une réflexion concernant la pose d’aménagements pour la faune (nichoirs, gîtes) pourra être menée.
ll semblerait pertinent de réaliser un ou deux points d’écoute IPA (Indice Ponctuel d’Abondance) avec deux passages au printemps. Ce suivi, réalisé tous les 2 ou 3 ans, pourra permettre à long terme d’évaluer l’évolution du cortège avifaunistique.
Si vous souhaitez vous aussi faire don d’un terrain à la LPO dans le but de protéger la biodiversité locale, contactez-nous à loire@lpo.fr